Des centaines de manifestants au centre fermé de Vottem après le suicide d’un Érythréen

Des centaines de manifestants au centre fermé de Vottem après le suicide d’un Érythréen

Environ 400 personnes ont manifesté samedi après-midi devant le centre fermé de Vottem (Herstal) après le suicide d’un Érythréen le 9 octobre dernier, indique le Collectif de résistance aux centres pour étrangers (CRACPE), qui organisait la manifestation. Le réfugié, âgé de 36 ans, attendait d’être expulsé vers la Bulgarie, le premier pays à l’avoir accueilli et qui lui avait octroyé un permis de séjour.

Le réfugié en question se trouvait dans le centre depuis environ quatre mois. « Son avocat avait demandé sa libération devant la chambre du conseil qui avait rendu un avis favorable. Mais l’Office des Étrangers a fait appel, comme à chaque fois », signale France Arets, porte-parole du CRACPE.

Selon les informations du CRACPE, le trentenaire souffrait de sa détention et s’enfonçait peu à peu dans sa dépression. Peu de temps avant son suicide, l’homme avait été transféré dans une autre aile et s’était retrouvé seul dans une chambre. Il s’y est pendu avec son drap de lit.

« Les autres Érythréens du centre ne comprennent pas qu’on ait isolé cet homme, en le laissant sans aucune surveillance, alors qu’il allait mal », explique France Arets. L’homme ne souhaitait pas retourner dans son pays d’accueil parce qu’il avait fait l’objet de comportements racistes en Bulgarie, selon les organisateurs de la manifestation.

« L’État a du sang sur les mains »

Samedi après-midi, près de 400 personnes se sont réunies devant le centre de Vottem pour manifester, certaines munies de mains rouges avec pour slogan « l’État a du sang sur les mains », estimant que l’État belge devrait accueillir favorablement les migrants.

« Les centres fermés sont des machines à expulser. Rien n’est épargné : le cachot, prison dans la prison, ou l’aile sécurisée d’isolement les transferts disciplinaires… Ces réfugiés ne comprennent pas d’être traités comme des criminels », dénonce la porte-parole du CRACPE.

Les manifestants ont marché autour du centre en faisant beaucoup de bruit et en criant des slogans pour être entendu des migrants enfermés. « Tout est fait pour qu’ils (les migrants, NDLR) acceptent leur condition et l’expulsion et rien du tout en ce qui concerne leur détresse psychologique », accuse Mme Arets.

« La résistance citoyenne doit se poursuivre face à cette politique d’asile et d’immigration mortifère, qui remplace l’accueil par l’expulsion », a-t-elle conclu.

 
 
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