Communales 2018: le Kroll sur le PTB

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Communales 2018: le Kroll sur le PTB

Communales 2018: le PTB rentre en force dans les conseils communaux

Par Bernard Demonty

Communales 2018: le PTB rentre en force dans les conseils communaux
Photo News.

Il fut beaucoup question de vague verte, dimanche soir, mais à y regarder de plus près, en Wallonie, il serait plus juste de parler de vague rouge vif : dans les communes où il a déposé des listes, le PTB a réalisé des entrées en force, ou des renforcements spectaculaires de ses scores.

Voyons l’image globale, d’abord, que traduisent très bien les résultats des élections provinciales, non définitifs à l’heure d’écrire ces lignes. A Liège, le PTB représente désormais 12,63 % des voix, soit une hausse de plus de 7 %. Succès aussi en Hainaut, où le PTB dépasse aussi les 10 % (11,84 %), soit une hausse de près de 10 %. Succès aussi dans le Luxembourg (+ 4,66 %, à 5,26 %) et à Namur (+6,76 %, à 8,86 %). Le PTB demeurera absent du conseil provincial du Brabant wallon, puisqu’il ne s’y présentait pas.

Le PTB réalise également de bons scores dans les communes wallonnes où il se présentait. Citons Herstal, où l’extrême gauche décrocherait près de 25 % des voix, selon des chiffres provisoires. Succès aussi à Seraing, avec une croissance de 10 points, pour atteindre, là aussi, les 25 %. Ces bons résultats se traduisent par l’arrivée massive de conseillers communaux dans les villes où le PTB a déposé ses listes.

Le PTB pèse désormais 10 % des voix en Belgique francophone

Le succès du PTB est également incontestable à Bruxelles. L’extrême gauche comptera désormais 35 conseillers communaux, en partant de… deux en 2012. Le parti totalise 13 % des voix à Schaerbeek, 14 % à Anderlecht, 14 % à Saint-Gilles, 13,6 % à Molenbeek et 10 % à Forest, pour prendre les principales communes où le PTB est présent. Citons aussi Bruxelles-Ville : 11 %.

L’image qui se dégage est celle d’un PTB pesant désormais près de 10 % des voix en Belgique francophone. C’est conforme aux prédictions récentes dans les sondages, même si cette formation a été par moments créditée de près de 15 %.

Ces résultats confortent aussi le PTB dans sa stratégie. Plutôt que de déposer des listes dans toutes les communes, pour se doter d’un ancrage local généralisé, le parti, sachant que c’était mission impossible, s’est concentré sur quelques villes, grandes ou moyennes, histoire de marquer les esprits là où le parti avait le plus de chances de l’emporter. C’est ce qui lui permet à présent de revendiquer la place de deuxième parti à Charleroi et de troisième parti à Liège et à Seraing. La formation de Peter Mertens peut à présent poursuivre sa stratégie au niveau local : créer un ancrage digne de ce nom. Parce que le PTB ne veut pas devenir une formation à grande échelle, façon N-VA, qui est devenue grande sans avoir d’ancrage local. Le PTB, lui, veut d’abord grandir au niveau local, dans une optique révolutionnaire, pour ensuite émettre ses exigences à des niveaux de pouvoir plus élevés. C’est ce que Raoul Hedebouw résume comme ceci : « La loi de la rue avant la rue de la loi. »

Le porte-parole du PTB s’est évidemment réjoui de ce succès, dimanche soir. « En 2012, nous n’étions présents qu’à Liège et Charleroi. Aujourd’hui, l’ancrage local du PTB s’est étalé dans la région liégeoise, dans la Campine et à Bruxelles. »

Dans la majorité à Molenbeek ?

Avec ces succès, il reste à vérifier si la formation d’extrême gauche va accepter d’entrer dans des majorités. Jusqu’ici, le parti a entretenu un certain flou sur sa volonté de prendre des responsabilités. Au niveau régional et national, la direction n’a pas dit non, mais les exigences étaient à ce point difficiles à atteindre que beaucoup ont considéré que le parti ne voulait, en fait, pas aller au pouvoir. La situation pourrait toutefois être quelque peu différente au niveau communal. Le PTB a une « tradition » en cette matière. Il avait accepté de monter dans la coalition pour gérer le district anversois de Borgerhout, avec les socialistes et les écologistes. L’expérience, aux yeux des autres partis de cette coalition, n’a pas été négative, même s’ils ont tous souligné que cela tenait beaucoup à la personnalité de la conseillère communale du PTB, Zohra Othman.

Aujourd’hui, par exemple, le PTB est en capacité d’accéder aux responsabilités à Molenbeek. Catherine Moureaux, la tête de liste victorieuse (PS), leur a ouvert la porte. Ce sera un test pour la capacité du PTB à dire oui, et, le cas échéant, à gérer une commune importante.

 
 
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