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Edito | Communales 2018: un avertissement pour les partis traditionnels

C’est un signal d’alarme adressé aux PS, au MR et au CDH.

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Une envie d’autre chose, un besoin d’une radicalité, de messages clairs et de projets de vie concrets : c’est ce qu’il faut retenir des résultats de ce dimanche dans une Belgique francophone qui plébiscite des partis à gauche, non abonnés au pouvoir et sanctionne les formations traditionnelles. Avec cependant une grande différence entre la Wallonie et Bruxelles, tant par les vainqueurs couronnés que par les partis sanctionnés : la vague est verte à Bruxelles et c’est le MR qui prend une gigantesque claque, elle est ultra-rouge en Wallonie et c’est le PS qui paye l’addition.

Les Bruxellois font en effet déferler les élus Écolo dans leurs communes et s’affichent résolument comme des citadins avec des besoins de mobilité, d’aménagement des territoires, de qualité de l’environnement et de participation citoyenne. Le MR, lui, en perdant nombre de ses mayorats, paye la faiblesse de son investissement local et le manque de personnalités emblématiques dans la capitale. Le PS bruxellois l’a compris et s’il limite la casse du Samusocial, c’est parce qu’il a réinvesti le champ politique via de nouveaux candidats : Catherine Moureaux à Molenbeek, Philippe Close ou Ahmed Laaouej à Koekelberg.

Les Wallons font faire, eux, un bond en avant au PTB, devenant de façon très emblématique le deuxième parti à Charleroi. C’est le PS qui est sanctionné durement à nombre d’endroits, payant les « affaires », la non-gouvernance et le procès en manque de radicalité.

Cette vague très verte et très rouge francophone bouleverse l’échiquier politique francophone en le poussant davantage sur sa gauche. Ce dimanche, les électeurs ont fait de la politique en marquant leurs choix. C’est un signe de vitalité de la démocratie belge et ce n’est pas rien dans l’Europe du moment. Mais le vote important pour le PTB côté francophone, et pour l’extrême droite en Flandre, démontre l’existence croissante d’une colère et d’une déception vis-à-vis de la politique, auxquelles il reste plus urgent que jamais de répondre.

Quid pour la suite ? Attention à tirer des leçons définitives, pour mai 2019, d’un vote communal où les électeurs ont consacré les bourgmestres qui ont donné toute leur énergie à moderniser leur commune, comme Maxime Prévot à Namur, Paul Magnette à Charleroi et Benoît Lutgen à Bastogne.

Mais ce scrutin est un signal d’alarme adressé aux trois partis traditionnels francophones qui en sortent très affaiblis : le PS a perdu le monopole du cœur auprès de l’électeur – et Elio Di Rupo celui de Mons, ce qui n’est pas une péripétie –, le MR n’a visiblement pas emporté le trophée des emplois et si le CDH a sauvé son président et quelques bastions locaux, il n’a pas encore sécurisé son devenir. Ces trois partis doivent méditer la leçon donnée ce dimanche par des électeurs visiblement inquiets pour leur situation sociale dans les communes où la précarité et les inégalités sont fortes, et pour l’environnement dans les communes plus riches ou plus citadines. Ce spectre politique poussé vers la gauche ne facilitera pas le dialogue avec le nord du pays : les ministres fédéraux de la N-VA ont été tous plébiscités dimanche soir et Bart De Wever a gagné la bataille d’Anvers. Cela veut dire beaucoup.

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10 Commentaires

  • Posté par Lange Daniel, lundi 15 octobre 2018, 11:09

    Les gens les plus modestes en ont ras le bol d'être les victimes éternels de l'austérité. Le compte en banque des élites qui nous gouvernent n'est pas le seul axe de la politique. L'avenir de la planète est important et enfin cesser de faire porter le poids des problèmes sur les épaules des malades, des chomeurs, des travailleurs pauvres(jobs de Michel). Voilà le signal de ces élections et cela continuera en mai...

  • Posté par Serge Vandeput, mardi 16 octobre 2018, 0:04

    Michel s'est trompé. Au lieu de dire jobs, jobs, jobs, il aurait du dire allocations, allocations, allocations. La gauche ne s'intéresse plus aux jobs.

  • Posté par WEISSENBERG ANDRE, lundi 15 octobre 2018, 10:22

    Les électeurs ont décidément la mémoire bien courte ... Le PS sert de marchepied aux utopies éculées du PTB. Comme pour le PS, plus dure sera la chute, lors de la confrontation avec la réalité! Les écolos quant à eux ne peuvent que décevoir, une fois de plus. D'abord, en cédant à peu près partout aux pressions de constitution d'"alliances de gauche" avec le PS, ou apparentés, au nom du "progrès". Or, on a bien vu ce que les "convergences de gauche" avaient donné à l'époque, par exemple à Molenbeek: les écolos avaient mis le pied dans le piège à ours en y devenant les otages du PS. Lorsqu'elles sont constituées avec le MR, des majorités de réformes et de progrès sont pourtant bien plus crédibles et plus porteuses d'avenir pcq porteuses de solutions et de projets réalistes. Ensuite, car avec toujours cette vocation idéologique plutôt que pragmatique inscrite en filigrane, les plus rabiques des écolos vont pouvoir à nouveau respirer et reprendre du poil de la bête, alors qu'il eût fallu les étouffer pour de bon. Sans craindre les paradoxes ni les contradictions, ils tenteront à nouveau de promouvoir les illusions les plus invraisemblables en se fondant comme d'habitude sur des postulats erronés appuyés sur une approche pseudo-scientifique, comme c'est le cas, par exemple, avec le réchauffement climatique (illusion: le réchauffement climatisque est le fait de l'homme, donc c'est à l'homme à y remédier - exemple du thermostat 1,5 degrés plutôt que 2 degrés ...!), ou encore la transition énergétique (illusion: les énergies renouvelables sont gratuites, le vent et le soleil ne coûtent rien ... - exemple de la contradiction par le renchérissement insensé de la facture énergétique et d'autre part du paradoxe du mix énergétique optimal que constitue le mix nucléaire/renouvelable prôné par le GIEC, alors qu'écolo pousse à la sortie du nucléaire!!!).

  • Posté par Lechat Nadine, lundi 15 octobre 2018, 13:52

    Expliquez-nous en quoi le changement climatique d'origine humaine est une illusion des écolos selon votre logorrhée ?... Par ailleurs, affirmer que le MR est porteur de solutions d'avenir pour les Bruxellois et serait plus écolo-compatible alors qu'il est un soutien indéfectible du tout-bagnole à Bruxelles, mieux vaut en rire...

  • Posté par Brasseur Michel, lundi 15 octobre 2018, 10:00

    Pitié ! Arrêtez de classer Ecolo ou le PTB dans les partis « non traditionnels ». Cette volonté permanente de marginaliser tout parti qui vise à un renouveau de la politique en Belgique est non seulement lourde et contre-productive, elle en devient même suspecte dans d’un média « grand public » comme Le Soir. Le PTB trouve son origine aux débuts des années 60 et Ecolo aux débuts des 70. Dans son rejet du capitalisme et du néo-liberalisme ambiant, le PTB est bien « non-traditionnel ». Quant à Ecolo et Groen, dans leur acceptation de la pensée unique régnante dans le plat pays, ils sont bien dans la tradition politique du paysage politique majoritaire, rassurez-vous (ou inquiétez-vous) !

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