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«Le MR paie la facture de sa participation au gouvernement fédéral» (revue de presse)

Un constat au lendemain des élections communales selon les éditorialistes : « Le nord du pays reste à droite, le sud penche de plus en plus à gauche ».

Temps de lecture: 7 min

«  Un avertissement aux partis traditionnels » : telle est la lecture des élections communales du 14 octobre livrée par notre éditorialiste Béatrice Delvaux dans les colonnes du Soir.

« Une envie d’autre chose, un besoin d’une radicalisation, de messages clairs et de projets de vie concrets. C’est ce qu’il faut retenir des résultats de ce dimanche dans une Belgique francophone qui plébiscite des partis à gauche, non abonnés au pouvoir et sanctionne les formations traditionnelles », écrit Béatrice Delvaux.

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« Avec cependant une grande différence entre la Wallonie et Bruxelles, tant par les vainqueurs couronnés que par les partis sanctionnés : la vague est verte à Bruxelles et c’est le MR qui prend une gigantesque claque, elle est ultra-rouge en Wallonie et c’est le PS qui paye l’addition », poursuit-elle.

Le Soir1
« Les électeurs ont fait de la politique en marquant leurs choix »

Pour Béatrice Delvaux, « cette vague très verte et très rouge francophone bouleverse l’échiquier politique francophone en le poussant davantage sur sa gauche ». Ce dimanche, ajoute-t-elle, « les électeurs ont fait de la politique en marquant leurs choix. C’est un signe de vitalité de la démocratie belge et ce n’est pas rien dans l’Europe du moment. Mais le vote important pour le PTB côté francophone, et pour l’extrême droite en Flandre, démontre l’existence croissante d’une colère et d’une déception vis-à-vis de la politique, auxquelles il reste plus urgent que jamais de répondre. »

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LaCapitale
« Le risque d’une Belgique coupée en deux »

Une analyse en partie partagée par ses collègues de SudPresse et de la DH qui, tous, soulignent, la percée d’Ecolo et le risque plus grand que jamais d’une « Belgique coupée en deux » alors que se profilent les élections régionales et fédérales de mai prochain.

« La volonté de changement, d’alternative et d’une manière plus modérée, de ce dégagisme qui souffle sur l’Europe, s’est indéniablement traduite dans les urnes », analyse pour sa part Demetrio Scagliola dans SudPresse. Dans ce contexte, « Ecolo et le PTB ont su incarner une véritable alternative », les verts profitant des craintes climatiques, des scandales alimentaires et éthiques « pour devenir un parti incontournable, surtout à Bruxelles ». « Quant au PTB, il surfe sur les malaises sociaux et profite du trou d’air socialiste », ajoute l’éditorialiste en soulignant « que cette volonté de renouveau et de changement s’est plutôt portée côté francophone sur des partis de gauche, ce qui pourrait rendre le pays ingouvernable en 2019, avec une Wallonie très à gauche et une Flandre plus à droite ».

DH
« Plus que jamais une Belgique sociologiquement coupée en deux »

Un danger également évoqué dans la DH où Jean-Marc Gheraille estime que c’est « un pays coupé en deux » qui est aujourd’hui sorti des urnes. « La Wallonie et Bruxelles ont connu deux phénomènes identiques. Primo : le PS, malgré les affaires, parvient à sauver les meubles. En tout cas, il ne s’écrase pas comme certains semblaient le prédire. Le PTB fait comme prévu son entrée dans plusieurs conseils communaux mais n’est pas encore certain de vouloir se frotter à la pratique du pouvoir. Secundo : le grand vainqueur se nomme Ecolo. À Bruxelles où le parti peut prendre plusieurs mayorats et en Wallonie où la poussée est évidente », décortique l’éditorialiste.

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« Il reste désormais sept mois aux partis pour peaufiner leurs programmes et sans doute durcir certains accents et axes. Sur la gauche pour le PS, sur la sécurité et le communautaire probablement pour la N-VA. Cela augure d’ores et déjà de négociations fédérales particulièrement délicates », ajoute-t-il en pointant une Flandre qui « devrait être toujours aussi à droite et une Wallonie toujours aussi rouge même si elle sera teintée de vert. Plus que jamais une Belgique sociologiquement coupée en deux », conclut-il.

LaLibre
« Le nord du pays reste à droite, le sud penche de plus en plus à gauche »

Quant à la Libre, le quotidien constate « qu’il y a une tendance indéniable : la percée des verts. Elle se confirme, avec des intensités variables, dans les trois régions du pays. Elle est puissante dans plusieurs communes bruxelloises : à Ixelles, par exemple, les verts deviennent le premier parti et revendiquent le maïorat. En Wallonie aussi, les écologistes enregistrent des progrès importants. Ces résultats trouvent leur écho en Flandre : à Anvers, Groen est le deuxième parti de la ville. Indéniablement, les verts profitent d’un contexte général porteur : les dérives climatiques imposent des changements de vie plus durables. (…) ».

Une autre tendance s’impose, poursuit La Libre  :

« Le recul des partis traditionnels. Mais là s’arrêtent les similitudes, car le nord du pays reste à droite, le sud penche de plus en plus à gauche.

En effet, l’extrême gauche, représentée par le PTB, connaît d’importants progrès dans certaines communes et pourrait peut-être – à moins que ses leaders le refusent – accéder à la gestion d’une ou deux communes, grâce au Parti socialiste. Un PS qui connaît des fortunes diverses. Parfois en progrès (comme à Molenbeek), parfois en sévère recul. Les socialistes, même touchés par quelques scandales retentissants, parviennent à se maintenir.

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Les libéraux semblent payer leur participation au gouvernement fédéral, en particulier dans plusieurs communes bruxelloises. Les réformes entreprises par le gouvernement de Charles Michel restent mal perçues par une partie de l’électorat, sensible aux arguments des syndicats et de la gauche politique.

les votes émis, dans la constitution des majorités et dans les politiques qui seront mises en place ».

Avenir
« Plus qu’un message, c’est un véritable avertissement que les électeurs ont envoyé aux partis traditionnels »

L’Avenir analyse que le PTB et Ecolo sont les grands gagnants du scrutin :. « Deux tendances se dégagent du verdict des urnes. On assiste à une poussée des écologistes tant en Wallonie qu’à Bruxelles où Écolo risque de bousculer des majorités. Même phénomène pour le PTB qui élargit sa présence dans les conseils communaux. Les deux partis sont indiscutablement les grands gagnants des élections communales de 2018. Pour le reste, les « affaires » comme Publifin à Liège, le Samu social à Bruxelles ou encore ISPPC n’ont pas véritablement poussé le PS dans un trou d’air. Le parti à la rose maintient même sa position de premier parti dans plusieurs communes. Les résultats sont plus contrastés pour le CDH.

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Le MR semble avoir perdu beaucoup de plumes dans ce scrutin communal, principalement à Bruxelles et dans une moindre mesure en Wallonie. Qu’on le veuille ou non, ce scrutin communal est un tour de chauffe pour les élections législatives et régionales du 26 mai 2019. Plus qu’un message, c’est un véritable avertissement que les électeurs ont envoyé aux partis traditionnels. Le MR paie ici la facture de sa participation au gouvernement fédéral et des mesures libérales dénoncées à gauche (PS, Écolo), à l’extrême gauche (PTB) et au centre (CDH). Les Libéraux ont donc un fameux travail à faire pour renverser la tendance d’ici mai 2019. À défaut, ils risquent de voir leurs chances de participer aux différentes majorités régionales et fédérales se réduire sérieusement », écrit Philippe Lawson dans L’Avenir.

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Ces élections ont été très locales en Flandre, observent les éditorialistes flamands

Les résultats des élections communales et provinciales montrent que les enjeux ont été très locaux en Flandre, observent les éditorialistes flamands. La grande constante est la victoire de Groen, qu’il restera à confirmer dans les négociations, la résurgence du Vlaams Belang, ranimé par la campagne identitaire de la N-VA, et la défaite du SP.A.

HetLaatsteNieuws

Hormis cette constante, l’analyse permet de mettre au jour un paysage clairsemé, note Jan Segers pour le Laatste Nieuws : l’Open VLD réussit avec ses grandes figures là où le parti recule globalement, le CD&V devient un parti populaire de moins en moins imposant mais qui reste incontournable et la N-VA ne parvient pas, avec le succès d’Anvers, à cacher un premier ressac depuis sa fondation. Pour le SP.A, il est trop tard, juge l’éditorialiste : il ne se remettra pas en 2019. Le sort du président John Crombez est lié à celui de la majorité à Gand qui risque de basculer.

Pour Bart Haeck du Tijd, une des surprises des élections est que la Suédoise est relativement épargnée par l’électeur et «  si le Premier ministre Charles Michel paye aujourd’hui les pots cassés, la faute n’est pas celle de ses partenaires flamands de coalition, mais de son propre MR, qui se prend des claques à Bruxelles ».

De Tijd

 

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