Isolants naturels, l’incontournable réalité

Dans cet article
Isoler sa maison, un mal ô combien nécessaire. Choisir les bons isolants est fondamental.
Isoler sa maison, un mal ô combien nécessaire. Choisir les bons isolants est fondamental. - D.R.

Vous l’aurez certainement remarqué : l’automne est arrivé (même si on peut se poser la question au vu de la météo de ces derniers jours…), ce qui veut dire que… l’hiver n’est plus très loin. Le moment est donc venu, si vous ne l’avez déjà fait, d’isoler votre maison, ou des parties de celle-ci, pour éviter les déperditions de chaleur.

Vaste domaine que celui de l’isolation qui, comme beaucoup d’autres, a connu une évolution marquante au cours des quinze dernières années, voire plus. Nous avons voulu faire le point sur les isolants naturels, vu que cette catégorie de produits est devenue cruciale pour la sauvegarde de la planète.

Hubert sauvage est architecte. Il a fondé son bureau Architecte et Nature à Temploux, dans le Namurois. Il est également vice-président du cluster Eco-construction en Wallonie, une organisation qui regroupe quelque 270 experts et professionnels actifs dans l’éco-construction.

L’isolation classique, il a baigné dedans quand il était jeune. Mais quand est venu le moment de construire sa maison, il y a de cela très longtemps, Hubert Sauvage dit avoir pensé à sa santé. « A l’époque, j’utilisais essentiellement de la laine de roche ou de verre ainsi que du polyuréthane, des matériaux face auxquels on se sent mal, se souvient-il ainsi. Le polyuréthane produit notamment un dégagement nocif en cas de feu. Je me suis alors intéressé de près aux isolants naturels. »

De fil en aiguille, notre interlocuteur s’informe sur ce qui existe en matière d’isolation naturelle, et notamment à l’étranger. « Je suis allé en Suisse, en Allemagne et en Autriche pour visiter des usines et voir comment on fabriquait les nouveaux produits qui étaient apparus sur le marché, dit-il. J’ai suivi également des formations données à l’époque par “Nature et Progrès”. Aujourd’hui, je n’utilise quasiment plus que les isolants naturels. »

Il n’y a que pour combattre l’eau et l’humidité que l’architecte s’autorise encore quelques écarts… forcés. « L’isolant doit rester le plus au sec possible sinon il n’isole plus, explique-t-il à ce sujet. Pour ce faire, je travaille beaucoup avec du verre cellulaire. Malheureusement, c’est un matériau très énergivore. Sinon, il y a aussi la laine de mouton ou le liège mais ce dernier est très cher et peu disponible chez nous. »

Les matériaux qu’il utilise aujourd’hui s’appellent fibre de bois, chanvre, en blocs ou en panneaux, ouate de cellulose ou, comme on vient de le voir, liège et laine de mouton. Mais il y en a beaucoup d’autres. « La laine de mouton ne présente malheureusement aucun avantage au niveau du confort mais elle peut se placer sous toutes les formes même si elle a une tendance à l’affaissement. Je l’utilise uniquement pour remplacer le polyuréthane autour des châssis afin d’éviter les ponts thermiques. »

On ajoutera que la laine de mouton pourrait avoir un bel avenir devant elle car la filière laine est en train de renaître en Belgique et même au niveau européen grâce au projet intitulé « Défi-laine ».

Pendant longtemps, les isolants naturels ont eu comme obstacle majeur… leur prix. C’est moins le cas aujourd’hui puisque les prix sont à la baisse. Dans le domaine de l’isolation, comme dans d’autres secteurs. « C’est la loi de l’offre et de la demande qui joue, précise Hubert Sauvage. Puisqu’on place de plus en plus d’isolants naturels, les prix se sont écrasés. Un exemple parmi d’autres : l’isolation par soufflage d’ouate de cellulose coûtait il y a quelques années 100 euros/m3 placé. Aujourd’hui, on est descendu à 75 euros/m3. »

Le prix des isolants naturels a baissé mais la plupart d’entre eux restent encore plus chers que les isolants classiques. Mais force est de reconnaître que les premiers apportent aux personnes un confort largement supérieur aux seconds à l’intérieur du bâti et qu’ils sont meilleurs pour la santé.

Dans son bureau de Temploux, Hubert Sauvage voit défiler des gens… qu’il ne doit plus convaincre. « Le nom de mon bureau est suffisamment parlant, 9 clients sur 10 sont prêts à payer plus cher pour construire en respectant l’environnement, avoue-t-il. J’en ai même aujourd’hui qui veulent des maisons entièrement construites en ballots de paille. Et si au bout de la discussion le budget reste encore un frein à la signature d’un contrat, nous cherchons ensemble des compromis. Les seuls éléments sur lesquels je ne transige jamais sont la santé et les risques liés à l’incendie. »

Dans le futur, il est certain que les isolants naturels continueront à percer, même s’il faudra surveiller de près l’évolution des prix pétroliers. « Avec les normes environnementales toujours plus strictes, certains produits utilisés jadis vont être écartés », confirme Hubert Sauvage.

Cluster en croissance

Par Paolo Leonardi

Créé en 2003, le cluster Eco-construction qui est basé à Namur fête cette année son quinzième anniversaire. Il s’agit d’un réseau d’entreprises et d’experts actifs en Wallonie et à Bruxelles.

Rassemblant plus de 270 membres, son but est de sensibiliser, d’informer, d’organiser des formations et de représenter le secteur auprès des instances publiques.

Parmi ses membres, on retrouve des architectes, des ingénieurs, des entreprises actives dans la construction et la rénovation écologique, des fabricants, des fournisseurs de matériaux écologiques (isolants, enduits, peintures…), ainsi que des bureaux d’études, des entreprises actives dans le domaine des énergies renouvelables, des centres de recherche, des hautes écoles ou des universités.

Le nombre d’adhérents est en croissance. Un signe qui ne trompe sans doute pas.

 
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