Conflit Espagne-Flandre: Didier Reynders n’interpellera pas l’ambassadeur espagnol en Belgique

Didier Reynders © Belga
Didier Reynders © Belga

L’Espagne a levé le statut diplomatique du délégué de la Flandre au sein de l’ambassade de Belgique après des déclarations du président du parlement flamand Jan Peumans qui ont offensé Madrid dans le contentieux catalan. Il avait envoyé une lettre à une indépendantiste catalane emprisonnée, dans laquelle il affirmait que la détention de responsables politiques catalans prouvait que « le gouvernement central en Espagne ne remplissait pas les critères d’une Union européenne démocratique et moderne ».

Dans le collimateur des autorités espagnoles figureraient également des propos tenus par M. Peumans mercredi dernier à l’occasion de l’inauguration d’une exposition photo au parlement flamand, en présence de l’ex-président indépendantiste catalan, Carles Puigdemont. À l’occasion de cette exposition consacrée à la lutte catalane pour l’indépendance, M. Peumans a fait référence à une exposition précédente sur le drame de Srebrenica, en 1995 en Bosnie-Herzégovine. Il a souligné à cette occasion le soutien de la Flandre aux aspirations indépendantistes de ces deux régions et l’importance de la démocratie parlementaire.

« Inédit dans l’histoire de l’Union européenne »

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a demandé à Didier Reynders le ministre des Affaires étrangères d’appeler l’ambassadeur d’Espagne en Belgique et de le rappeler à l’ordre. «  C’est un incident diplomatique très grave » a déclaré Geert Bourgeois devant le Parlement flamand qui évoque la liberté d’expression et la séparation des pouvoirs.

« C’est inédit dans l’histoire de l’Union européenne. C’est la sanction la plus sévère qui s’applique lorsqu’un diplomate s’est mal comporté (crimes, espionnage). Ce n’est pas le cas ici »

Geert Bourgeois va rencontrer l’ambassadeur d’Espagne ce vendredi. Quant à Didier Reynders, via son porte-parole, il a fait savoir qu’il n’interviendrait pas dans ce dossier et ne rencontrerait donc pas l’ambassadeur d’Espagne.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Gwendolyn Rutten, présidente du VLD, entourée de Patrick Dewael, président de la Chambre, Alexander De Croo, ministre fédéral, et Bart Somers, ministre en Flandre.

    Négocier un gouvernement arc-en-ciel? Les libéraux flamands ont la clé

  2. La princesse Astrid, les ministres et une délégation d’hommes d’affaires ont été reçus jeudi au siège du géant chinois Alibaba, au sommet de la Shanghai Tower.

    Mission économique belge: Alibaba en mode séduction pour les entreprises belges

  3. C’était la dernière journée d’audition avant la trêve, jeudi au Congrès américain. Une série de témoignages ont accablé le président Donald Trump tout au long de la semaine.

    Etats-Unis: la procédure de destitution atteint son «moment Watergate»

La chronique
  • Si tu ne vas pas à Montaigne…

    Et si on me foutait la paix ? » Voilà comment Montaigne a réagi, j’en suis sûr, en apprenant que des experts voulaient fouiller son cercueil et analyser ses restes pour vérifier… Vérifier quoi au juste ? Que sa dépouille est celle du magnifique philosophe humaniste bordelais ? Et après ? Même si c’est lui qui repose dans ce tombeau depuis 1592, la Montaigne accouchera d’une souris. Parce que ça leur apportera quoi au juste aux admirateurs des Essais  ? Croient-ils qu’il se redressera pour ajouter un chapitre inédit plein de cette sagesse dont nous avons bien besoin, il est vrai ?

    Peu d’écrivains ont laissé autant de traces que Montaigne. Les fondements des Lumières, la première place donnée à l’individu, on lit tout ça dans ses Essais. « Chaque homme porte la forme entière, de l’humaine condition ». Une réflexion qui résonne d’une singulière actualité dans le climat de violence, d’intolérance et d’égarement que nous traversons.

    Il faut lire et faire lire ses écrits....

    Lire la suite

  • Décret Paysage: vous avez raison Mme Glatigny, changez-le!

    On sait qu’il ne faut pas se fier aux cas particuliers. Qu’une histoire entendue lors d’une réunion de famille ou à un dîner entre amis ne fait pas une tendance. Mais depuis des mois, les cas isolés commençaient à ressembler à une maladie contagieuse. Certains parents d’étudiants universitaires, à la question « en quelle année est-il ? », semblaient répondre : « Je ne sais pas. » Et à « a-t-il réussi son année ? ». « Oui, peut-être, mais non, enfin pas complètement. »...

    Lire la suite