A Bruxelles, les salaires sont 17% plus importants que la moyenne nationale

Travailler à Bruxelles comporte des inconvénients, comme les embouteillages. Mais le salaire est une compensation.
Travailler à Bruxelles comporte des inconvénients, comme les embouteillages. Mais le salaire est une compensation. - Pierre-Yves Thienpont.

Travailler dans la capitale : une punition, parfois, pour celles et ceux qui perdent leur temps dans les embouteillages ou les transports en commun. Mais de tels efforts sont récompensés. C’est en effet en Région bruxelloise qu’on perçoit globalement les rémunérations les plus élevées : à 4.092 euros, le salaire mensuel brut moyen y est supérieur de 17 % au salaire mensuel brut national, ressort-il de l’enquête réalisée sur le sujet par Statbel, l’office belge de statistique. Un salaire mensuel brut qui, à l’échelle belge, s’élève en moyenne à 3.489 euros.

Réalisée en 2016 auprès de 95.000 salariés, cette enquête dresse en quelque sorte l’inventaire des atouts à afficher si l’on veut prétendre au meilleur salaire. D’abord, donc, travailler dans une grande ville, en particulier dans la capitale : siège de nombreuses multinationales et autres institutions, c’est l’endroit vers lequel convergent les plus hauts diplômés et où, dès lors, la concurrence salariale pour les fidéliser est la plus forte. A l’autre extrémité de la capitale, on relèvera qu’en Wallonie, c’est l’arrondissement de Dinant qui est le moins rémunérateur : un déficit de 24 % par rapport à la moyenne.

L’effet « capitale » est renforcé par le fait que c’est aussi dans les grandes villes que s’exercent le plus souvent les fonctions de direction dans de grandes entreprises, qui sont elles aussi par définition les mieux rémunérées. En clair : un directeur gagne en moyenne 175 % de plus que le « travailleur moyen ». Encore faut-il choisir avec soin son secteur d’activité car des constats se perpétuent d’année en année dans l’économie belge : c’est encore et toujours dans la pétrochimie qu’on est le mieux rémunéré (avec un salaire brut moyen de 5.356 euros, supérieur de 54 % à la moyenne) alors que c’est la restauration qui encore et toujours ferme la marche : à 2.502 euros brut, les salaires y sont inférieurs de 28 %.

Les femmes et les jeunes pénalisés

Une autre manière d’aborder la thématique salariale, plus en amont, passe par l’éducation. Qui continue plus que jamais de jouer son rôle d’ascenseur social : les titulaires d’un master gagnent 51 % de plus que la moyenne, les personnes s’étant arrêtées à leur diplôme de l’enseignement secondaire supérieur gagnant 17 % de moins.

Au final, cette enquête dresse le constat d’une société que l’on jugera, selon les points de vue, plus ou moins inégalitaire, au sein de laquelle 10 % des travailleurs gagnent moins de 2.233 euros brut par mois, alors que 10 % gagnent mensuellement plus de 5.381 euros. Une société qui continue à pénaliser les femmes, puisqu’elles gagnent 5 % de moins que leurs collègues masculins même si, note-t-on chez Statbel, « cet écart salarial s’est fortement réduit au cours des dix dernières années » – il s’élevait en 2007 à 12 %.

Une société enfin où l’âge reste un critère d’évolution salariale prépondérant, les personnes âgées de plus de 60 ans gagnant en moyenne 113 % de plus que les jeunes de 20 ans. Autant le savoir : c’est à 37 ans que se situe en général le point d’inflexion, qui vous fait passer au-dessus de la moyenne. Une belle année, dès lors, pour celles et ceux qui sont dans ce cas.

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