«Accord social» chez Mestdagh après 21 heures de négociations

«Accord social» chez Mestdagh après 21 heures de négociations

Syndicats et direction du groupe Mestdagh ont annoncé être parvenus à un protocole d’accord sur le plan de restructuration (la direction préfère le terme de « transformation ») qui avait été présenté le 7 mai dernier (340 suppressions d’emplois). La deuxième réunion de conciliation sociale, entamée mercredi à 17 heures, s’est finalement conclue positivement ce jeudi en début d’après-midi, soit après vingt et une heures de négociations ininterrompues. « Cet accord permettra à Mestdagh de se tourner vers le futur et de retrouver le chemin de la rentabilité », a indiqué la direction dans un communiqué.

Une prime de polyvalence

Les négociations achoppaient notamment sur la question de la polyvalence à mettre en place pour le personnel qui restera dans l’entreprise. La direction indique que les partenaires sociaux se sont entendus sur « une nouvelle organisation du travail basée entre autres sur une polyvalence encadrée et organisée, qui permettra d’assurer une continuité dans le service et d’absorber les pics d’activité tout en limitant le recours à l’intérim. En échange de la polyvalence demandée, la direction de Mestdagh octroiera une prime de polyvalence ainsi qu’un barème unique, plus favorable pour les plus bas salaires, à l’ensemble des travailleurs concernés ».

Autre changement, les magasins Carrefour Market Groupe Mestdagh intégrés (52 magasins sur 83) ouvriront également leurs portes le dimanche, sur base volontaire pour le personnel. Le groupe Mestdagh a par ailleurs confirmé son intention d’investir « 21,2 millions d’euros dans la relance commerciale de ses magasins ». « Ces investissements permettront notamment de repositionner Mestdagh dans l’esprit des nouvelles tendances, comme la consommation de produits locaux et bio, a ajouté la direction. Mestdagh va ainsi investir dans ses rayons boucherie-traiteur pour qu’ils répondent mieux à l’évolution de la demande, mais aussi dans les boulangeries et dans l’assortiment de produits frais. Ces investissements permettront aussi d’entrer de plain-pied dans le monde de la distribution digitale ».

Plan de prépension

La réduction du personnel de 340 collaborateurs (sur un total d’environ 2.500) se fera majoritairement via un plan de prépension (régime de chômage avec complément d’entreprise ou RCC). Un guichet des départs volontaires sera également ouvert, les travailleurs intéressés se voyant proposer « l’indemnité légale avec complément ».

Du côté des syndicats, on ne cache pas une forme de fatalisme. « Ce texte a le mérite d’aborder tous les sujets, mais il n’y a rien qui me satisfait, explique Myriam Delmée, vice-présidente du Setca responsable du secteur de la distribution. On est dans un schéma de restructuration pure et dure, avec de la régression sociale sur tout ». Les syndicats n’ont toutefois pas voulu prendre le risque de ressortir de la négociation sans texte. « Aller droit dans le mur n’était pas une option non plus », note Myriam Delmée. Pour rappel, en ce qui concerne les prépensions, le régime n’est accessible aux travailleurs à partir de 56 ans que jusqu’à la fin de cette année (en 2019, il faudra avoir 59 ans). A défaut d’un accord, la question des licenciements secs, voire des fermetures de magasins, se serait posée.

Concernant la polyvalence, « on a réussi à poser des balises, assure Myriam Delmée. Encore faut-il qu’elles soient respectées sur le terrain ». Quant à la prime, « à 300 euros brut par an pour un temps-plein, on est au ras des pâquerettes », constate la syndicaliste socialiste. Le protocole d’accord sera présenté « objectivement » aux travailleurs, « mais je ne le défendrai pas parce que je pense que c’est une régression, ajoute encore Myriam Delmée. On a poussé la négociation le plus loin possible, mais je ne suis pas certaine que ce sera acceptable pour tous les travailleurs. On va les consulter le plus sereinement possible, mais on n’aura un accord seulement quand ils l’auront ratifié ».

Même son de cloche du côté du syndicat chrétien. « Nous nous sommes engagés à présenter le protocole d’accord objectivement, confirme Evelyne Zabus, permanente CNE. On va aller chercher notre mandat. Est-ce satisfaisant ? Le personnel le dira. On sent bien que les gens sont stressés, notamment par la question des délais (NDLR, pour boucler le dossier des prépensions)  ».

Les travailleurs seront donc consultés au cours des prochains jours. Dans l’intervalle, les actions de grève seront suspendues, même si les syndicats n’excluent pas des mouvements de fermeture spontanés dans des magasins où le projet d’accord pourrait être jugé insuffisant.

 
 
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