Philippe Herzog, ancien cadre du PCF: «L’extrême gauche porte la parole des gens qui souffrent»

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Au lendemain d’une percée sans précédent du PTB en Wallonie et à Bruxelles, que pense l’ancien dirigeant du PCF (Parti Communiste Français) de l’extrême gauche ? Alors qu’Olivier Chastel, président du MR, déclarait ce vendredi dans le journal Le Soir que « PS et Écolo ne mesurent pas le danger du PTB », Philippe Herzog nuance. « Ce n’est pas dangereux de discuter avec l’extrême gauche. Je n’ai jamais aimé les radicalités, ce qui est dangereux, selon moi, c’est la violence. Mais l’extrême gauche porte souvent une parole de gens qui souffrent, d’ouvriers qui ont été humiliés par exemple. En ne voulant pas participer éventuellement à une responsabilité où ils serviraient de minorité, je peux les comprendre. Cependant, ils n’ont pas de projet, ils n’ont pas de vision, et c’est vrai qu’au bout d’un moment, la question qui est posée à ces gens-là, c’est d’accepter aussi les responsabilités de la gestion avec les difficultés que ça peut présenter ».

Le titre de son livre « D’une révolution à l’autre », évoque la désillusion du mouvement révolutionnaire communiste en France, mais aussi le défi que représente aujourd’hui la relance de l’Union Européenne. Cette seconde révolution n’est pas encore perdue à son sens. Il faut surprendre les Européens en s’engageant d’une part à faire de l’Europe un acteur global capable d’exister dans la mondialisation. D’autre part, proposer un nouveau modèle de développement «basé sur l’écologie, l’appropriation du numérique et la manière de travailler du futur », explique-t-il.

Il a dit

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Interrogé sur le choix belge de l’avion de chasse américain F35 pour remplacer les F16 : « Prendre des décisions séparées au sein des états européens en termes d’investissements militaires, c’est le passé, ça ne doit pas durer. Il faut faire un pool des commandes publiques liées à la construction de l’Europe de la défense ».

Le modèle low cost de Ryanair ? « Ce serait mieux qu’on ralentisse. D’une façon générale, j’ai un problème avec la hausse effrénée du transport aérien ».

Quelle est la faute du communisme ? « L’erreur a été de l’imposer par la force ».

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Philippe Herzog était interviewé par Béatrice Delvaux, Jean-Pierre Jacqmin et Jacques Crémers.

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