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Tueries du Brabant: le parquet fédéral suspecte l’enquête d’avoir été manipulée

Le parquet fédéral lance en outre un nouvel appel à témoins afin de faire avancer l’enquête.

Temps de lecture: 4 min

Le parquet fédéral dispose de preuves sérieuses sur le fait que l’enquête sur les tueries du Brabant a été manipulée, selon une série de nouveaux éléments apparus dans l’enquête et dont les programmes de RTL-TVI et VTM (« Indices » et « Faroek ») ont fait part mardi soir. Le parquet fédéral lance en outre un nouvel appel à témoins afin de faire avancer l’enquête.

Après deux commissions d’enquête et trois décennies de recherches, les auteurs de cette vague de braquages et d’assassinats commis entre 1982 et 1985, qui ont fait 28 morts, dont des enfants, n’ont toujours pas été identifiés. L’intention des tueurs du Brabant n’a jamais été déterminée non plus.

Des nouveaux éléments

L’un des nouveaux éléments de l’enquête est lié aux armes retrouvées en 1986 dans le canal de Ronquières. Le 6 novembre 1986, des pièces en lien avec les tueries y ont été repêchées par les enquêteurs : un gilet pare-balles, une arme volée à un policier et des munitions. La vérification de ces pièces à conviction, demandée par le juge d’instruction en 2009, a démontré que celles-ci étaient encore en bon état, et n’avaient été jetées que peu de temps avant leur découverte. C’est cette découverte qui avait déjà éveillé les soupçons d’une possible manipulation de l’enquête.

En 1985, un plongeur de la police, entre-temps décédé, avait déjà fouillé le canal et n’y avait rien trouvé. «  C’était un très bon plongeur et collaborait souvent avec la police. Il travaillait parfaitement », a témoigné son assistant de l’époque.

L’enquête manipulée ?

Le parquet fédéral a également aujourd’hui des raisons de penser que l’enquête a été manipulée. «  Nous pensons maintenant que ces sacs ont été déposés ultérieurement. Sur base de l’examen scientifique, nous pouvons même dire qu’ils ne sont pas restés plus de 24 ou 48 heures dans l’eau. Qui a fait cela et pourquoi, nous ne le savons pas encore », a indiqué Eric Van De Sypt, porte-parole du parquet fédéral, aux journalistes d’« Indices ». Ces derniers ont exceptionnellement eu accès au dossier et ont pu voir un certain nombre de pièces à conviction.

Le parquet fédéral lance dès lors un appel aux témoins qui auraient aperçu à cette période-là des personnes suspectes au canal de Ronquières.

Un sac extrait des eaux du canal relance l’enquête

Un autre élément neuf est la découverte d’un sac en toile de jute, également dans le canal de Ronquières. L’assistant du plongeur a expliqué qu’il contenait des objets particulièrement suspects – des armes probablement – qui auraient été emmenés par trois individus – des gendarmes selon le témoin – et n’auraient jamais été retrouvés, selon le reportage. Il n’est en outre aucunement question d’un sac en toile de jute dans le dossier de l’enquête.

Il y a aussi l’enquête sur la Golf qui a servi au hold-up du Delhaize de Beersel le 7 octobre 1983 et à l’attaque d’une bijouterie le 1er décembre 1983 à Anderlues. Elle avait précédemment été volée lors de l’attaque du restaurant « Les trois canards » à Ohain le 2 octobre 1983. Il s’agissait d’une Golf rouge qui avait été repeinte en noire pour l’attaque de Beersel. «  C’était un travail de professionnel », précise M. Van Der Sypt. L’un des agresseurs mesurait 1 mètre 90 et avait une importante tâche de vin dans le cou. Un appel à témoins est également lancé à cet égard. « Peut-être quelqu’un connaît une personne avec une telle tache de naissance dans la nuque », souligne le porte-parole.

Autre enquête en cours sur de l’ADN

Une enquête est par ailleurs toujours en cours sur l’ADN retrouvé sur un morceau de gilet pare-balles. «  Les recherches vont être approfondies », a souligné l’homme du parquet fédéral sans donner davantage de détails.

Ce dernier a encore noté que le parquet fédéral allait faire tout son possible pour arriver à une conclusion dans l’enquête. « Nous nous concentrons sur les éléments matériels pour relier les suspects éventuels aux tueries du Brabant. Nous assemblons réellement toutes les pièces. » Vingt enquêteurs et cinq analystes criminels enquêtent actuellement sur les tueries du Brabant.

Toute information peut être transmise par téléphone (0800/30.300) ou par mail (avisderecherche@police.belgium.eu).

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7 Commentaires

  • Posté par Michel Claeys, mercredi 31 octobre 2018, 16:41

    élémentaire mon cher Watson ... à qui a profité le ...

  • Posté par Pablos Gino, mercredi 31 octobre 2018, 8:14

    Quand l'enquête est confiée à ceux qui sont dans le coup bien difficile qu'elle aboutisse.Soit nous avons les enquêteurs et autres magistrats les plus cretins de l'univers pour ne pas arriver à résoudre cette pseudo enigme.Soit ils savent mais sont bloqués au sommet,l'hypothèse de loin la plus probable et qui tient la route,rien ne me fera croire que parmi ceux qui enquêtent il n'y ait que des nases.

  • Posté par PAEME FREDERIC, mercredi 31 octobre 2018, 7:29

    Enquête manipulée ? Incroyable. Je n'en reviens pas... Ils en ont mis du temps à le découvrir...

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