Communales 2018: à Wavre, on recompte, mais on ne sait pas pourquoi…

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La courte majorité absolue de Françoise Pigeolet ne tient qu’à six voix. Qu’en sera-t-il après le recomptage
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La courte majorité absolue de Françoise Pigeolet ne tient qu’à six voix. Qu’en sera-t-il après le recomptage ? - J.-P. D.V.

C ’est une mesure qui va permettre de retrouver un peu de sérénité à Wavre. C’est, à mes yeux, une décision sage. J’en accepterai le résultat, quel qu’il soit. »

Benoît Thoreau, le leader du Challenge humaniste Plus (CH+, CDH), vient de remporter une première bataille. Au lendemain des élections du 14 octobre, il avait écrit au gouverneur du Brabant wallon, estimant qu’un recomptage des voix était à réaliser suite au cafouillage intervenu au bureau principal. Il estimait que certaines procédures, notamment le fait que le juge de paix ait réquisitionné du personnel communal, étaient contraires au Code wallon de la démocratie locale. Il est vrai que le score final, assurant de justesse une majorité absolue à la Liste du Bourgmestre, s’est joué à six voix de différence

Question de transparence

Toujours est-il que le gouverneur Gilles Mahieu a accédé à la requête et qu’un recomptage aura lieu au Service public de Wallonie le mardi 6 novembre, à 10 h 30. En présence des témoins de partis qui avaient été désignés le 14 octobre. Le problème, c’est qu’on ne sait pas pourquoi il y aura un recomptage. Le gouverneur ne souhaite, en effet, pas communiquer « pour des motifs de sécurité juridique », et nous renvoie à la Direction générale opérationnelle des Pouvoirs locaux, de l’Action sociale et de la Santé (DG05). Laquelle estime que c’est de la compétence du gouverneur. Lequel finit par répondre qu’il communiquera « à l’issue des travaux ».

La bourgmestre Françoise Pigeolet (LB, MR) nous explique, elle, que l’on va recompter les bureaux 7 et 8 : « Cela concerne 3.995 bulletins sur les 21.711 votes qui ont été enregistrés le 14 octobre à Wavre. »

Ce qui étonne Christophe Lejeune, le leader Écolo : « On aimerait bien connaître la raison du recomptage. Si on veut faire toute la transparence, je pense qu’on aurait pu ordonner le recomptage de tous les bureaux. Cela aurait été plus logique comme décision. »

Quelques voix de plus…pour rêver?

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Il y a déjà eu 1.434 votes considérés comme blancs ou nuls lors des élections du 14 octobre. Cela représente 6,60 % des voix, en hausse de 1,26 % par rapport à 2012. Ces personnes qui ont décidé de ne pas s’immiscer dans la vie politique de leur cité souriront certainement en découvrant qu’on ne souhaite pas communiquer sur les motifs qui ont prévalu pour autoriser un recomptage. C’est un peu comme si on leur donnait raison une seconde fois…

Parce qu’enfin, quels sont ces motifs de sécurité juridique si extraordinaires qui méritent d’être invoqués pour qu’on ne puisse pas les développer avant la fin de l’opération de recomptage ? Même l’auteur de la plainte, Benoît Thoreau (CH+), dit ne pas connaître ce qui a poussé le gouverneur Gilles Mahieu à accéder à sa plainte.

« Une différence entre des totaux », nous glisse cependant un informateur wallon qui souhaite rester anonyme. « Pour une trentaine de voix », ajoute-t-il. Si ce n’est que cela, qu’est-ce qui empêche de l’expliquer directement ? Un peu de transparence n’aurait pas fait de tort.

Pour le reste, d’aucuns se mettent déjà à compter. Une trentaine de voix de différence, au lieu de six. Il serait bien échu que ces voix reviennent toutes à la seule liste CH+, mais quand il s’agit de rêver…

 
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