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Liège/Charleroi: la «non-guerre» des aéroports

Le ministre wallon voulait fusionner la gestion des aéroports wallons. Selon leurs responsables : « Ça n’apportera rien de plus. »

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 4 min

Aimez-nous, on ne se fait pas la guerre ! C’est le message des aéroports wallons aux députés. C’est étonnant après plus de 15 ans d’existence et un rôle important dans le renouveau de l’économie wallonne : lundi, les responsables des aéroports wallons (Charleroi, Liège et la Sowaer, la société qui représente la Région dans leurs conseils d’administration) sont venus, pour la première fois, ensemble, devant les députés en charge du transport.

C’est la perspective, évoquée par le ministre Carlo Di Antonio, de fusionner ou de rapprocher la gestion des deux aéroports qui avait inscrit le débat dans l’agenda parlementaire. Dans un contexte politique et humain un rien tendu puisque le même ministre wallon des aéroports a reconnu avoir une inimitié envers les responsables de l’aéroport de Liège qui auraient dû, selon lui, faire « un pas de côté » suite à leur inculpation par la justice liégeoise dans deux affaires dont l’enquête n’aboutit pas depuis plus de 5 ans. L’ambiance promettait d’être chaude. Le débat a surtout été économique.

Pas de guerre. Patrons, présidents de conseil d’administration : tous sont d’accord pour proclamer qu’il n’y a pas de guerre entre l’aéroport de Charleroi et de Liège, plus complémentaires que concurrents. Et qui seraient prêts à collaborer « si l’occasion se présentait ». Mais leurs métiers sont tellement différents (passagers en bord de Sambre, marchandises en bord de Meuse). Au mieux, explique José Happart, président de Liege Airport, les groupes de Chinois qui arrivent depuis quelques semaines en avion charter à Liège pourraient être conduits à Charleroi pour visiter les différentes villes européennes qu’ils rejoignent jusqu’ici en car… Et s’il y a une guerre, une concurrence, « c’est envers l’aéroport flamand de Zaventem ».

Ne pas couper les vivres. Non seulement ils ne sont pas concurrents mais les deux aéroports wallons ont répété, chacun à son accent, la nécessité de maintenir l’effort budgétaire qui a permis leur success story et la création de plus de 10.000 emplois directs. Un effort limité dans une enveloppe fermée depuis des années et sur laquelle, comme tous les outils wallons, un effort supplémentaire de 15 % a été imposé cette année.

« C’est comme en avion, ce n’est pas juste après le décollage qu’il faut couper l’alimentation » plaide le liégeois José Happart. « Si on ne fait rien, si on n’investit plus, non seulement on ne va plus avancer mais on va reculer », détaille, de son côté, le carolo Jean-Jacques Cloquet.

Fusionner vers quoi ? À Charleroi comme à Liège, on cherche l’avantage d’une éventuelle fusion. « Qu’on me montre ce qui pourrait mieux marcher, lance José Happart, ce que la gestion des deux aéroports par des commissaires du gouvernement apporterait. Nous sommes partenaires, on se parle, mais nous avons des métiers tellement différents. C’est comme vouloir fusionner les hôpitaux de Liège et Charleroi. »

Adapter la gestion. Le ministre Carlo Di Antonio l’a pourtant rappelé, les temps ont changé depuis le lancement des aéroports, « il faudra changer pour préserver le succès » et remettre en avant le rôle du pouvoir régional qui représente 90 % du capital des aéroports mais beaucoup moins au niveau des organes de décision.

Guerre des chefs. Le ministre Di Antonio a salué les responsables carolos mais ignoré les Liégeois assis une rangée devant. Ambiance. Derrière le débat économique, la querelle entre le ministre et l’ancien président du parlement/actuel président de Liege Airport s’est déroulée à fleuret moucheté. Vu de l’opposition, le député MR Pierre-Yves Jeholet n’y a pas vu grand intérêt. « Je ne vois pas l’intérêt du bras de fer cherché par le ministre alors que je n’ai pas l’impression que les aéroports wallons travaillent mal ou qu’il y a un problème de gouvernance dénoncé par Monsieur Di Antonio. Au début, vous annonciez que vous aviez découvert “un fameux bordel dans la politique aéroportuaire”, si vous avez découvert un bordel, c’est celui laissé par votre prédécesseur André Antoine », s’est, un moment, emporté le député Jeholet. Seul moment de réelle excitation politique.

 

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