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Test ADN imposé à Albert II: les dégâts inutiles d’un affrontement public

L’éditorial de Béatrice Delvaux.

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Cela aurait été tellement plus « simple » et depuis si longtemps : passer un test de paternité qui aurait permis de dire si oui ou non Albert II est le père de Delphine Boël. Une fois pour toutes, une fois pour de bon.

Il aurait évidemment fallu gérer les conséquences financières, familiales, protocolaires et autres s’il s’était avéré que l’ex-roi avait une fille naturelle. Mais cela n’aurait-il pas été moins blessant, moins humiliant, moins dommageable pour les deux parties que cet affrontement où une fille et un roi utilisent toutes les ressources du droit pour établir ou refuser leur lien de parenté ?

Cela aurait aussi permis à ce différend familial ultime, déjà si destructeur et lourd à assumer lorsqu’il se déroule dans l’intimité, d’éviter l’exposition face aux caméras. Qui rêve de faire de sa quête d’identité ou de sa paternité un feuilleton public ? Personne, pas même des têtes couronnées pourtant habituées à ce que leurs alcôves soient mises en pâture.

Quel gâchis dans le cas de Delphine Boël et d’Albert II qui ont longtemps bénéficié, comme les autres membres de la famille royale, de la réserve des observateurs, qui fait figure d’exception belge à saluer sur la scène people. Ici, en effet, ce n’est pas la presse à sensation ou des informateurs tapis dans les couloirs du palais royal qui ont forcé des révélations et mis au grand jour les étapes de cette guerre. Le roi Albert II s’est même vu proposer, au moment où il en était encore temps, des médiations discrètes qui auraient permis sans doute de gérer l’« affaire Delphine » dans la discrétion et à l’amiable, et d’en limiter ainsi les dommages directs et collatéraux.

Faute de cet accord et de la résolution de ce conflit entre personnes adultes, le refus répété d’Albert II de répondre aux demandes de Delphine Boël, conjugué à la rare détermination de cette dernière, n’a fait que radicaliser les positions des parties prenantes, les entraînant dans une surenchère de procédures, voire de « déballages », dont personne ne sait si et quand elles vont trouver une issue.

A moins que l’ex-roi des Belges espère, à 84 ans, ne pas connaître personnellement l’issue de ce conflit, en misant tactiquement sur le temps qui passe.

Nos vies sont traversées, déchirées, hantées parfois par ces conflits de famille qui paraissent tellement évidents à régler pour ceux qui en sont témoins, mais sont si complexes à gérer par les protagonistes souvent privés de toute rationalité par la violence et la douleur de leurs (res)sentiments. Les familles royales sont à cet égard semblables aux autres, tout autant traversées par les passions humaines. Mais quand la justice ordonne à un ex-roi de faire un test en paternité, l’affaire privée devient inévitablement domaine public. Elle prend même sa place dans l’histoire vu le caractère totalement inédit de cette demande dans le gotha européen.

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5 Commentaires

  • Posté par stals jean, mardi 6 novembre 2018, 18:50

    Derrière ce fait divers, car dans la balance, face aux désastres humanitaires et environnementaux qui risquent bien d'emporter l'Humanité au pays des dinosaures, les galipettes extra-conjugales de celui qui allait devenir non pas le bon roi Dagobert mais Albert II, et dont le résultat fut la naissance d'une petite Delphine, ne pèsent finalement pas grand chose...les médias tous support confondu bien entendu entretiennent ce fait divers comme si l'avenir de l'humanité ou presque en dépendait...Sombre et lamentable histoire de gros sous, ce refus viscéral de paternité, quelle tristesse, quelle ignominie, mais à quoi s'attendre d'autres de la part de cette dynastie d'ultra cathos qui a toujours considéré le Vatican comme le centre du monde...

  • Posté par Lemire Monique, mardi 6 novembre 2018, 14:40

    quand le roi Albert II a prêté serment il a bien dit : respecter la Constitution et les lois du peuple belge...... Donc li doit respecter le jugement

  • Posté par Dauby Josse, mardi 6 novembre 2018, 14:07

    Chère Béatrice Delvaux. D'habitude, vos éditos m'enthousiasment. Celui-ci m'exaspère un peu (c'est qd même relatif). En effet, vous semblez mettre dans le même panier Albert et Delphine dans leur obstination acharnée et contradictoire. Pour moi, les positions ne sont pas les mêmes: n'importe quel enfant a le droit de savoir qui est son géniteur et c'est donc à bon droit qu'elle s'acharne pour obtenir cette confirmation officielle par tous les moyens légaux. C'est Albert qui manque de la plus élémentaire classe. Car enfin, il a eu une relation adultérine de 18 ans avec Madame de Sélys Longchamps: quoi de plus naturel qu'elle puisse être le fruit de cet amour (reconnu à demi mot lors d'une allocution). Alors que le mari de cette dame a lui été reconnu comme n'étant pas le père de Delphine. Qui donc est son père? Nous ne sommes pas dans le jugement moral mais un personnage public qui a occupé la plus haute fonction se doit de montrer un minimum d'exemplarité morale dans le fait d'assumer son passé. Au plaisir de vous lire.

  • Posté par Michiels Laurence, mardi 6 novembre 2018, 12:58

    De toute façon ce n'est que le dernier jugement qui a décidé que Jacques Boël n'était pas son père (ni biologique, ni légal). Avant ça, le roi Albert ne pouvait pas être reconnu juridiquement comme étant son père.

  • Posté par Camal André, mardi 6 novembre 2018, 12:47

    D'un inintérêt abyssal.

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