Trésors à tout prix

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Le bassin de Deauville
» par Eugène Boudin.
« Le bassin de Deauville » par Eugène Boudin. - Galerie Beres.

Coup de projecteur sur Namur en ce mois de novembre : la ville accueille la 43e édition de la foire Antica qui, depuis trois ans, a nettement renforcé sa position par le nombre d’exposants, tout en privilégiant la qualité et la diversité des propositions. Prenant place en amont de la Brafa et de la Tefaf, Antica mélange avec bonheur art ancien et art moderne, mobilier, bijoux, photographie, céramique, argenterie… le tout chapeauté par un comité d’experts qui contrôlent chaque stand avant l’ouverture. Autre particularité : trois experts restent présents toute la durée du salon pour donner un avis aux acheteurs qui le souhaitent. Au total, 130 galeries belges et internationales sont présentes cette année, soit 12 % de plus qu’en 2017. Affichant complet depuis le printemps, Antica a même dû rouvrir le second hall de Namur Expo et possède désormais une liste d’attente d’une vingtaine d’exposants pour la seconde année consécutive ! « Nous accueillons 22 nouvelles galeries et conservons une identité nationale forte, avec de grandes maisons belges qui font leur retour chez nous, mais nous hébergeons aussi de nombreuses galeries internationales », précise Luc Darte, directeur de la foire. Au total, Antica reçoit 31 galeries de France, 10 des Pays-Bas, 5 d’Allemagne, ainsi que quelques exposants suisses, italiens ou luxembourgeois. S’inscrivant dans la vie locale, le salon propose un vaste cycle de conférences, tandis que la Ville de Namur présente, en partenariat avec la Fondation Roi Baudouin, une sélection de pièces exceptionnelles issues de ses musées.

Une œuvre de Robert Brackman.
Une œuvre de Robert Brackman. - Raf van Severen

La variété pour identité

L’éclectisme constitue sans aucun doute l’un des atouts d’Antica, où flâneurs et amateurs déambuleront sans balises ni sections thématiques, « pour éviter la monotonie et favoriser le plaisir de la découverte » explique Luc Darte. Comme à la Brafa ? Oui, mais à la différence près qu’ici, toutes les bourses sont bienvenues pour dénicher « le » bel objet : « L’esprit singulier de la foire de Namur est de proposer des raretés à 1.000 euros aussi bien que des objets à 100 ou 300.000 euros. Nos nouveaux exposants ont analysé les éditions précédentes et proposent un éventail le plus large possible, en faisant attention à n’oublier personne tout en privilégiant la qualité des pièces. C’est ce qui fait le charme d’Antica. »

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Sirène
» par Olivier Strebelle.
« Sirène » par Olivier Strebelle. - Martel-Greiner.

Les pièces remarquables à épingler cette année sont nombreuses : impossible de les mentionner toutes. La Galerie Berès présente une huile sur panneau d’Eugène Boudin, Le bassin de Deauville (autour de 90.000 euros), ainsi qu’un lavis d’encre brune signé Paul Delvaux (18.000 euros). La Galerie Claeys présente de grands noms de la peinture belge comme Anna Boch (7.000 euros), Jean Rets (entre 10 et 15.000 euros), Pierre Alechinsky (entre 10 et 15.000 euros) et Emile Claus (5 tableaux entre 13 et 30.000 euros). Chez Jan Muller, une autre œuvre d’Emile Claus, datant de 1903, est quant à elle estimée entre 400 et 500.000 euros ! Martel Greiner présente un pendentif unique en or blanc créé par l’artiste Octave Landuydt (6.000 euros) et une sculpture en bronze d’Olivier Strebelle, La Sirène (22.000 euros). NF Gallery montre une gouache de Léon Spilliaert et une aquarelle de Théo Van Rysselberghe. Chez Raf Van Severen, une sélection de très belles peintures des années 1920 et 30, et un pastel annoté de Picasso chez Graphic Art.

Soupière.
Soupière. - Galerie Francis Janssens van der Maelen

Côté art ancien, Boccara expose une tapisserie de Bruxelles de Maximilien Hunst datant du XVIe siècle, et First Art, un crucifix très rare en métal doré signé J.-F. Leschot, remontant à 1770. Mentionnons aussi, chez Laurence Fayolle, un exceptionnel collier en or jaune 18 carats orné de perles fines et de saphirs birmans datant du début XIXe siècle et signé Wiese. Du côté des arts non européens, un remarquable vase Satsuma (1900) chez Nohara Japanese Art et un très beau bouddha assis de la région du Gandhara, remontant au IIe ou IIIe siècles en schiste gris, chez Famarte. Pour terminer, une aquarelle d’Andy Warhol, un rare dessin original de Gaston par Franquin ou encore une chanson manuscrite inachevée de Serge Gainsbourg chez Autographes Manuscripta. La chasse aux trésors est lancée !

Antica Namur, du 10 au 18 novembre, Namur expo, avenue Sergent Vrithoff 2, 5000 Namur, du lundi au vendredi

de 14 à 19 h, les week-ends de 11 à 19 h,

www.antica.be

 
 
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