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A Marseille, les immeubles qui se sont effondrés connaissaient de multiples fragilités (photos et vidéo)

Les propriétaires et la mairie connaissaient ces fragilités.

Temps de lecture: 3 min

Un immeuble condamné qui tombe en déliquescence, un mur porteur qui s’abîme, des fissures, des procédures qui se multiplient : les trois immeubles qui se sont effondrés à Marseille lundi, faisant au moins 3 morts, connaissaient des fragilités, connues des propriétaires et de la mairie, selon des éléments recensés par l’AFP.

La polémique sur l’état de nombreux immeubles anciens et dégradés dans le centre-ville de la cité phocéenne a été relancée par l’effondrement lundi de ces trois immeubles, dont deux étaient murés et a priori inhabités. Le troisième, au 65 rue d’Aubagne, était une copropriété, gérée par le syndic marseillais Liautard.

Ce syndic a assuré mardi à l’AFP avoir pris toutes les mesures utiles pour la sécurité. «Il ne s’agissait pas d’un immeuble mal habité ou de marchands de sommeil. Nous avons une trésorerie saine, dès qu’il y avait des travaux à faire nous les avons faits», a déclaré le responsable du syndic Jean-François Valenti.

Deux maçons intervenus en octobre dans les caves ont toutefois assuré à l’AFP y avoir vu un mur porteur à moitié écroulé:«En fait, cet immeuble tenait sur trois pattes» a résumé l’un d’eux, Christophe Ignacio. En 2017 déjà, un arrêté de péril imminent avait été pris pour l’un des appartements de l’immeuble, dont le plancher des toilettes et de la cuisine, pourri, s’était partiellement effondré.

Malgré des signaux d’alerte, le syndic assure avoir suivi les recommandations. «Il y a eu deux expertises dans les 15 jours avant que l’immeuble ne tombe», a-t-il souligné: «On a réagi, on a fait venir la mairie qui a décidé que ce n’était pas grave, c’est le drame».

Plusieurs procédures

Le 18 octobre, les habitants ont été évacués en catastrophe, par nacelle, car une cloison du hall d’entrée avait énormément gonflé et menaçait de céder. La municipalité a fait expertiser les lieux, ordonné des travaux de soutènement que le syndic assure avoir réalisé immédiatement. Les habitants, sauf un, ont ensuite pu regagner leurs logements «sur recommandation de l’expert mandaté par la justice», a souligné la mairie.

Deuxième occasion manquée selon M. Valenti, une semaine plus tard, il participe à une seconde expertise portant sur l’immeuble voisin, 63 rue d’Aubagne, acquis par la ville de Marseille après 10 ans de procédure et appartenant aujourd’hui au bailleur social Marseille Habitat. La mairie affirme l’avoir «muré et sécurisé afin d’en empêcher l’accès» depuis cette date.

Mais les lieux sont «tombés en déliquescence», ce qui a pu entraîner l’effondrement de l’ensemble selon lui : «La moitié de la toiture n’était plus en place, il n’y avait plus de fenêtres, plus de portes, et il n’y avait plus les poutres qui maintenaient (les deux immeubles voisins) et faisaient ossature», selon lui. Pour autant, aucun ordre d’évacuation du 65 rue d’Aubagne n’est donné.

La mairie, qui a avancé l’hypothèse que la pluie ait provoqué le drame, a de son côté souligné un autre élément qui témoigne de la fragilité de ces immeubles : la copropriété du 65 faisait l’objet d’une procédure judiciaire lancée contre elle par les voisins du troisième immeuble, 67 rue d’Aubagne, concernant l’instabilité d’un mur mitoyen. Marseille Habitat s’y était associé, a rappelé la mairie.

 

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