Etats-Unis : l'accréditation à la Maison-Blanche d'un journaliste suspendue, une décision "inacceptable"

Etats-Unis : l'accréditation à la Maison-Blanche d'un journaliste suspendue, une décision "inacceptable"

La presse présidentielle américaine a dénoncé une décision "inacceptable" après la suspension mercredi de l'accréditation d'un journaliste de CNN à la Maison Blanche, quelques heures après des échanges houleux en conférence de presse avec Donald Trump.

"Révoquer l'accès au complexe de la Maison Blanche est une réaction disproportionnée par rapport à l'infraction présumée, et est inacceptable", a dénoncé dans un communiqué Olivier Knox, à la tête de l'association des correspondants de la Maison Blanche.

"Je viens de me faire refuser l'accès à la Maison Blanche", avait confirmé plus tôt sur Twitter Jim Acosta, reporter de CNN, cible régulière des critiques et des apostrophes "Fake News" du président américain. Au cours du point presse, M. Acosta, engagé dans un échange verbal houleux avec le président républicain, qui ne voulait plus lui répondre davantage, a refusé de rendre le micro à une membre de l'équipe de la Maison Blanche. La jeune femme a alors tenté de lui prendre des mains le micro, et les bras des deux individus se sont touchés très brièvement.

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="en" dir="ltr">The US Secret Service just asked for my credential to enter the WH. As I told the officer, I don’t blame him. I know he’s just doing his job. (Sorry this video is not rightside up) <a href="https://t.co/juQeuj3B9R">pic.twitter.com/juQeuj3B9R</a></p>&mdash; Jim Acosta (@Acosta) <a href="https://twitter.com/Acosta/status/1060334166083059712?ref_src=twsrc%5Etfw">8 novembre 2018</a></blockquote>
<script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

"Menace pour la démocratie"

"Le président Trump croit en une presse libre (...) Nous ne tolérerons cependant jamais qu'un reporter pose sa main sur une jeune femme essayant simplement de faire son travail de stagiaire à la Maison Blanche", a tweeté Sarah Sanders, la porte-parole de l'exécutif américain.

"Après l'incident d'aujourd'hui (mercredi), la Maison Blanche suspend l'accréditation permanente du reporter impliqué jusqu'à nouvel ordre", a poursuivi Mme Sanders, sans jamais nommer directement le journaliste. "Ceci est un mensonge", a réagi à l'accusation de la porte-parole de la Maison Blanche M. Acosta, sur Twitter.

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="en" dir="ltr">This is a lie. <a href="https://t.co/FastFfWych">https://t.co/FastFfWych</a></p>&mdash; Jim Acosta (@Acosta) <a href="https://twitter.com/Acosta/status/1060336119315873792?ref_src=twsrc%5Etfw">8 novembre 2018</a></blockquote>
<script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

"Dans son explication, la porte-parole Sarah Sanders a menti. Elle a fourni des accusations frauduleuses et cité un événement qui ne s'est jamais passé", a également taclé CNN dans un communiqué.

La chaîne a par ailleurs apporté son soutien à son journaliste et s'est inquiétée d'une "décision sans précédent", qui est "une menace pour notre démocratie". Une association représentant la presse présidentielle a exhorté la Maison Blanche a "immédiatement annulé cette action faible et malavisée". Une réaction qu'elle qualifie de "disproportionnée" et "inacceptable". "

L'association des correspondants de la Maison Blanche "s'oppose fortement à la décision de l'administration Trump", a écrit dans un communiqué Olivier Knox, à la tête de ce groupement de journalistes. Ce n'est pas la première fois que ce reporter subit les foudres du président américain.

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Nissan a porté plainte au pénal contre Carlos Ghosn, son ancien patron.

    L’avenir de Carlos Ghosn s’assombrit encore un peu plus

  2. Oriol Junqueras a répondu pour la première fois depuis son incarcération aux questions des journalistes, réunis dans une rédaction à plus de 600 kilomètres de l’endroit où il est emprisonné.

    Les Catalans en campagne depuis la prison

  3. 170 kilos, c’est une masse. Qui rend impossibles la course et la marche intensive pendant plus d’un quart d’heure.

    Grand format - Journal d’un obèse: «Vous devez être malheureux pour manger comme ça»

Chroniques
  • Collecte de dons pour Notre-Dame de Paris: retour de flamme

    Cent millions d’euros », lance l’un. « 200 millions », renchérit l’autre. Qui dit mieux ?

    Heureusement, à la fin, le lot ne sera pas adjugé, puisqu’il s’agit non pas d’un tableau de maître, mais d’une cathédrale maîtresse.

    Donc nos grands capitalistes ont fait assaut de générosité pour voler au secours, non d’un peuple asservi, non d’un peuple dans la misère – n’exagérons pas ! –, mais d’un monument dans le besoin : Notre-Dame de Paris.

    L’extrême gauche s’est indignée. C’est à la fois normal et bête. « Beau et con à la fois » comme le chantait Jacques Brel.

    Quelle surprise, en effet, que de découvrir que les riches sont très riches ! Surtout quand ce sont des héritiers. Aurait-il fallu...

    Lire la suite

  • Grève des contrôleurs aériens: le beurre et l’argent du beurre

    Depuis quelques jours, c’est un peu le monde à l’envers pour ceux qui ont une vue caricaturale de francophones qui cultiveraient la grève, ne jureraient que par l’actionnariat public et pour qui la protection des travailleurs relèverait du sacré.

    Jugez plutôt : le patron (wallon) de l’aéroport de Liège demande la privatisation de Skeyes, l’entreprise publique fédérale en charge du contrôle aérien, le ministre en charge des Aéroports à la Région wallonne, Jean Luc Crucke, vient de suspendre le...

    Lire la suite