La centrale nucléaire de Tihange 1 est «vétuste et dangereuse», selon un expert allemand

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La centrale nucléaire de Tihange 1 est « vétuste » et la poursuite de son exploitation « extrêmement dangereuse », a estimé jeudi l’expert allemand en ingénierie nucléaire, Manfred Mertins, lors d’une conférence de presse au Parlement européen.

Alors que l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a donné son feu vert la semaine dernière au redémarrage prochain de Tihange 1, le professeur Mertins a mis en exergue de nombreuses vulnérabilités en matière de sûreté que présenterait cette centrale.

Dans un rapport qu’il a élaboré à la demande des Verts européens, il souligne tout d’abord que les exigences internationales en matière « de sûreté et de fiabilité » ne sont pas remplies.

« Tihange 1 est l’une des plus anciennes centrales au monde. Elle a été conçue sur base de principes de sûreté en vigueur au début des années ’70 », a pointé M. Mertins. « Les accidents survenus depuis lors à Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima ont démontré qu’une hausse significative des exigences en la matière était nécessaire », a-t-il poursuivi, déplorant à ce titre les nombreux manquements qu’il a constatés à la centrale belge.

D’après lui, la forte augmentation des événements imprévus à Tihange 1 témoigne du vieillissement de l’installation, dont il qualifie la gestion de « complètement erratique ».

Protection limitée

Outre les dangers relatifs à la conception du site, l’expert ajoute que Tihange 1 n’a qu’une protection de base « limitée » contre les effets des dangers externes, tels que les inondations, les tremblements de terre ou encore un éventuel crash aérien.

L’expert, qui s’est penché uniquement sur les aspects techniques, n’a toutefois pas pu donner d’indications quant au coût d’une remise en conformité de la centrale. Selon lui, il est toutefois « pratiquement impossible de remédier à tous les problèmes constatés étant donné l’âge de Tihange 1 ».

Le rapport de M. Mertins sera transféré à l’AFCN et aux autorités compétentes en Belgique, mais aussi dans les pays voisins, a précisé l’eurodéputée écologiste Rebecca Harms. « En ma fin de mandat, je souhaite attirer l’attention de l’opinion publique sur les risques que présentent les vieux réacteurs en Belgique », a-t-elle précisé.

 
 
 
 
 
 
 

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