Un procès dans le procès «des hébergeurs»: Myria accusé de «racisme»

Le procès dit «
des hébergeurs
» se tiendra jusqu’à ce vendredi.
Le procès dit « des hébergeurs » se tiendra jusqu’à ce vendredi. - Philip Reynaers / Photo News.

Son avocate l’a dit devant les militants qui dénonçaient le procès dit « des hébergeurs », mercredi matin devant le palais de justice. Elle le répète à tous les journalistes qui l’interrogent depuis hier et compte bien le marteler dans sa plaidoirie. Selma Benkhelifa, le conseil du Tunisien Walid C., juge que Myria a fait preuve de « racisme » envers son client.

Walid est l’un des douze prévenus pour trafic d’êtres humains dans le cadre d’une organisation criminelle. Et l’un des 9 contre qui Myria, le Centre fédéral Migration, s’est constitué partie civile. Une prérogative de l’organisme public indépendant dans les procès de type.

Au cours de leur plaidoirie, les deux avocats de Myria ont justifié cette constitution de partie civile partielle. « Myria a étudié avec soin le dossier d’instruction. La solidarité, ce n’est pas un crime, c’est vrai. Mais dès l’instant que l’on est payé, ce n’est plus de la solidarité », a déclaré devant le tribunal Me Luc Arnou. Il démine le terrain : « On nous a reproché d’être racistes, parce que nous ne nous constituons pas partie civile contre les deux prévenues belges et la prévenue belgo-marocaine, mais bien contre tous les autres. Rassurez-vous : cela fait plus de 15 ans que l’on s’occupe de ce genre de dossiers. Et nous avons étudié celui-ci avec soin. »

La consœur de Me Arnou, Stien Dijckmans, prend le relais. Sur le fond : Walid C. « a eu des contacts répétés avec plusieurs prévenus. Son rôle ne peut être limité à de l’hébergement. Un lien avec les victimes du trafic est établi par une conversation téléphonique du 3 septembre 2017, lorsque le prévenu « Mahmoud » demande à Walid ‘de venir parler’ aux victimes. Enfin, l’intérêt lucratif est étayé par une écoute du 14 août 2017, lorsqu’un certain « Abou Cheikh » lui demande ‘quand il peut passer pour l’argent’ », analyse l’avocate de Myria.

Une démonstration qui ne convainc pas (c’est le moins que l’on puisse dire…) l’avocate de Walid C. : « Myria confirme son racisme ! Déjà, pourquoi distinguer Mme Zakia S., qui a la double nationalité belgo-marocaine, des deux journalistes prévenues. On est belge, point à la ligne ! Ensuite, dans le dossier d’instruction, il est écrit noir sur blanc que mon client n’a pas touché d’argent, à l’instar les trois femmes contre lesquelles Myria ne se constitue pas partie civile. Enfin, Myria inverse les rôles : c’est mon client qui a parfois fait des dons d’argent aux migrants, et pas l’inverse ! », tonne Me Selma Benkhelifa. « Que reproche-t-on à Walid ? D’avoir indiqué à des migrants qu’il hébergeait la direction de la gare ? Ce n’est pas sérieux. »

Sur le même sujet
RacismeAvocat
 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous