7% des futures mères prennent des médicaments dangereux

© Belga.
© Belga.

On se souvient du Softenon, cet anti-nauséeux vendu en Belgique entre 1959 et 1962, qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras ou aux jambes déformées dans les 76 pays où il était commercialisé. Aujourd’hui encore, la consommation de médicaments pendant la grossesse suscite des inquiétudes, souvent aussi des incertitudes, chez les femmes. À raison : même inoffensif pour la mère, un médicament aussi courant qu’un anti-inflammatoire peut être néfaste pour le fœtus.

Pourtant, huit femmes sur dix consomment, au cours de leur grossesse des médicaments prescrits et remboursés. Un nombre important, révèle une étude des Mutualités libres publiée aujourd’hui, que Le Soir a pu consulter. En analysant les données de plus de 60.000 de leurs affiliées, enceintes entre 2013 et 2016, les Mutualités socialistes ont également découvert qu’il s’agissait dans 7 % des cas de médicaments potentiellement dangereux pour le fœtus ou susceptibles de provoquer des anomalies dans son développement.

Encourager le dialogue

La sensibilisation est donc primordiale. À l’initiative de la ministre de la Santé publique, Maggie De Block (VLD), l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé avait ainsi lancé, fin 2017, une campagne visant à informer et guider les femmes, et encourager le dialogue avec les professionnels de la santé (médecin, pharmacien, sage-femme).

« Pour les pharmaciens, il est difficile et délicat de demander à chaque femme si elle essaie d’avoir un enfant ou est enceinte  », fait remarquer Alain Chaspierre, pharmacien et président de l’Association des pharmaciens belges (APB). Ce dernier souhaite « encourager les femmes à le mentionner spontanément à leur pharmacien et leur médecin ».

Seulement du paracétamol

Un dialogue qui permettrait d’éviter la prescription de médicaments potentiellement nocifs pour le fœtus.

Parmi ceux-ci, certains sont toutefois disponibles sans ordonnance, voire sur internet. C’est le cas d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme le Diclofénac ou l’Ibuprofène, à proscrire absolument : « Un tiers des femmes ne sait pourtant pas que ces médicaments, tout comme les aspirines, sont contre-indiqués tout au long de la grossesse », indique Alain Chaspierre. Pour traiter la douleur sans risquer de nuire au fœtus, une solution : le paracétamol.

Pour aider les femmes à s’y retrouver, une autre solution consisterait à apposer un pictogramme de femme enceinte sur les boîtes de médicaments dangereux, comme c’est le cas en France.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Médicaments|Internet|Personnel médical|Belgique|France
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Malgré un certain volontarisme de Charles Michel, au moment où la coalition des pays les plus ambitieux a tenté de peser de tout son poids sur les négociations de la COP24, la Belgique est restée au balcon.

    COP24: la Belgique continue à naviguer en marge de l’ambition climatique

  2. Les Red Lions constituent une équipe expérimentée qui arrive à maturité. Pour eux, désormais, seule la victoire compte, peu importe le jeu pratiqué. @News

    La médaille d’or, le seul objectif des Red Lions

  3. Tester et comprendre les phénomènes physico-chimiques qu’il y a derrière la cuisine, cela a été au cœur de la démarche de Sang-Hoon Degeimbre.

    Sang-Hoon Degeimbre: «Je n’aurai pas assez d’une vie pour faire toutes les expériences culinaires»

Chroniques
  • «Vous avez de ces mots»: maligne ou maline?

    Les grammairiens s’accordent généralement sur ce point : une tumeur est maligne, et peu maligne est la personne qui l’ignore. Sauf que votre fille est peut-être plus maline que maligne. Si maligne s’applique à une maladie, pour en qualifier les conséquences néfastes, maline n’est pas rare lorsqu’il s’agit d’êtres animés intelligents ou ingénieux.

    Dans l’ancienne langue, la forme maligne, jusque-là valable pour les deux genres, a été refaite sur le modèle des adjectifs en -in , -ine. D’où le masculin malin et le féminin maline, ce dernier étant progressivement évincé dans la langue classique par la forme maligne. Faut-il se priver de la distinction maligne-maline alors qu’elle peut être exploitée à des fins sémantiques ? Ce ne serait pas bien malin…

    Un malin peut en cacher un autre

    « Elle avait...

    Lire la suite

  • La Belgique, j’voudrais bien mais j’peux point

    Le confédéralisme ? La N-VA n’a pas besoin de le revendiquer, il pourrait lui arriver tout cuit. Cela relèverait d’ailleurs du crime parfait car ce ne sont pas les empreintes des nationalistes qu’on trouvera sur le couteau à trancher de l’Etat belge. Bart De Wever n’aura qu’à se baisser pour ramasser les morceaux d’une Belgique en puzzle que les membres, notamment du MR, sont quasiment acculés à constater ingouvernable. Et alors, en route vers le chacun chez soi ?

    La Belgique fait du...

    Lire la suite