Luuk van Middelaar: «L’élément caché du Brexit, c’est punir les Britanniques» (vidéo)

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Un projet d'accord sur le Brexit a été conclu par les négociateurs britanniques et européens. Cette décision a été prise à l'issue d'un « débat long, détaillé et passionné », a affirmé Theresa May mercredi. Mais le projet a de lourdes répercussions sur le gouvernement britannique. Cinq membres du gouvernement ont présenté leur démission. L’événement est un pas important vers cette sortie britannique de l’Union Européenne. Est-ce le début d’un long démembrement de l’Union ? Luuk van Middelaar reste optimiste. « On a cru, après le referendum, que cela serait le cas. Que le Brexit serait suivi du Frexit (pour la France), du Nexit (Pays-Bas). Mais force est de constater que cette peur a été contrôlée est compensée par le front uni des 27 autres pays tout au long des négociations. Ces derniers en étaient peut-être les premiers surpris ».

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a commenté le projet d’accord de « perdant-perdant ». Un qualificatif très juste, selon Luuk van Middelaar. « La population aussi constate la difficulté de sortir de l’Union, même pour un pays de premier plan. Il s’agit de déconstruire tout un enchevêtrement de nos sociétés, c’est douloureux ». Mais ce projet de Brexit tiendra-t-il au vu des tensions importantes qu’il suscite au sein du parlement britannique ? « Des élections ne pourraient pas faire changer la tendance car au sein des deux grands partis (NDLR : les conservateurs et les travaillistes), les politiques sont partagés. La solution est un nouveau référendum, et c’est une issue plausible ».

Par ailleurs, les Britanniques émettent une certaine crainte vis-à-vis de l’UE. La peur est en effet réelle de voir l’Union vouloir punir la Grande Bretagne après le 29 mars 2019, date du Brexit. Pour Luuk van Middelaar, c’est justifié. « La position des 27 est ambiguë. On veut que cela se passe dans les meilleures conditions. Mais en même temps, on ne veut pas faire en sorte que les Britanniques aient une meilleure situation, une fois sortis. Cela pourrait encourager d’autres sorties. On veut quelque part les punir, oui ».

Un élément de contexte est aussi important pour Luuk van Middelaar : les élections européennes deux mois après le Brexit, en mai 2019. « Les grands chefs d’états européens veulent montrer à leurs électeurs qu’il est préférable d’être dedans que dehors ».

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