«Gilets jaunes»: une journée de contestation en images

Près de 283.000 « gilets jaunes » ont protesté samedi dans toute la France contre la hausse des taxes sur le carburant et la baisse du pouvoir d’achat, au sein de 2.000 rassemblements parfois tendus qui ont entraîné des accidents faisant un mort et 227 blessés.

Sept personnes sont gravement blessées, dont un policier, a annoncé le ministère lors d’une conférence de presse. En début de soirée, plus 200 points de blocages n’avaient pas encore été levés et des manifestants étaient toujours présents sur plus de 1.400 lieux de rassemblement.

« Gilets jaunes, colère noire », « Jupiter, redescends sur terre, c’est la misère » : les manifestants, qui arboraient parfois un message sur leur gilets, bloquaient des autoroutes, des ronds-points, des hypermarchés ou organisaient des opérations de péage gratuit dans l’ensemble du pays.

Au total 282.710 personnes ont participé aux manifestations, selon le ministère de l’Intérieur.

Les « gilets jaunes » n’ont pas réussi à bloquer la France, comme ils le voulaient, mais tout le territoire a été touché par leurs actions, ce qui représente un succès certain pour ce mouvement, parti des réseaux sociaux et organisé en dehors des partis politiques et des syndicats.

Premier responsable syndical à s’exprimer samedi soir, le patron de la CFDT Laurent Berger a appelé Emmanuel Macron à «  réunir très rapidement » syndicats, patronat et associations « pour construire un pacte social de la conversion écologique ». « Justice sociale et écologie sont compatibles ! Il y a urgence », a-t-il estimé dans un tweet.

Nuit sur les barrages

Des manifestants ont annoncé qu’ils comptaient camper et passer la nuit sur leurs barrages et certains souhaitaient poursuivre le mouvement dimanche. L’accès à certaines autoroutes restait coupé ou difficile en début de soirée.

Fred, l’un des porte-parole du mouvement à Millau a promis que les manifestants allaient « se relayer toute la nuit ». « Si demain il faut continuer on continuera. Et lundi, on continuera s’ils n’ont pas compris ».

Après plusieurs heures de tensions entre manifestants et forces de l’ordre dans le quartier du Palais de l’Élysée à Paris, la majorité des « gilets jaunes » s’est dispersée. Il n’y a eu aucun blessé, aucune dégradation, d’après le préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

En France, il y a eu 117 interpellations, suivies de 73 garde-à-vue, selon le ministère de l’Intérieur.

Les autorités s’inquiètent de la poursuite du mouvement malgré la nuit : « Les manifestations aujourd’hui bon enfant, ce soir se transforment avec l’arrivée de casseurs », a déploré Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), qui a précisé que des cocktails molotov ont été jetés contre les forces de l’ordre.

Et «  la nuit, le danger c’est d’être percuté par un véhicule », a-t-il rappelé alors que 5.000 patrouilles resteront mobilisées jusqu’à dimanche matin.

 
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