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Le gouffre entre unifs et primaire-secondaire: «Il faut rééquilibrer les priorités budgétaires»

Une étude du professeur Jean-Paul Lambert met le doigt sur des « dérives » de notre enseignement obligatoire. Il propose d’en intensifier la correction pour en ristourner une partie des moyens à l’enseignement supérieur.

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Chef du service Société Temps de lecture: 5 min

Une certitude, l’exercice ne va pas plaire à tout le monde. Le plaidoyer (1) que livre aujourd’hui le professeur Jean-Paul Lambert, recteur honoraire de l’Université Saint-Louis, pour un refinancement de l’enseignement supérieur va en effet bien au-delà des complaintes habituelles sur le sujet. Conscient des contraintes budgétaires qui handicapent la marge de manœuvre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il jette un regard critique sur les choix politiques portés par le gouvernement francophone depuis vingt ans et les met en perspective avec ceux de nations semblables. Avec une recommandation : c’est par un rééquilibrage des masses budgétaires réservées aux différents niveaux d’enseignement que l’on pourra, demain, assurer l’indispensable refinancement de l’enseignement supérieur. Démonstration.

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5 Commentaires

  • Posté par Jaspers Marie, mardi 20 novembre 2018, 2:26

    "À 15 ans, près d’un élève francophone sur deux a déjà redoublé au moins une fois, c’est presque un record mondial. Donc coût : un peu moins de 400 millions d’euros. L’enseignement en FWB est très coûteux parce qu’on maintient dans le système un nombre impressionnant d’élèves".Le redoublement n'est que la conséquence d'un manque de connaissances et de compétences!Depuis 40 ans au moins, en FWB, dès le primaire, le ministère, sous le conseil de ses gourous, interdit tout apprentissage structuré, toute mémorisation et entrainement intensif : il faut que tout soit ludique, il ne faut pas donner des devoirs aux élèves parce que certains pourraient être aidés et d'autre pas, parce qu'il leur faut du temps pour s'amuser (comment?). Et alors? Si l'on ne côte pas les devoirs? Selon les neuro-scientifiques et tout bon sens : les fondamentaux doivent être maîtrisés dans le primaire et pour ce faire, il faut "étudier"! Les connaissances ne sont pas innées! Pour personne! Elles s'acquièrent par l'étude qui demande des efforts! Et alors? L'effort n'a jamais tué personne au contraire, la réussite après effort est source de bonheur, de confiance en soi, d'estime de soi! Ce qui n'est pas le cas de la réussite automatique et simpliste! Par expérience, pendant 5 ans, j'ai été bénévole dans 3 écoles de devoirs et jamais, je n'ai constaté que les devoirs ne pouvaient être faits par les enfants eux-mêmes, sans aide de l'adulte, s'ils "étudiaient" leurs leçons avant de faire leurs devoirs, ce qui constituent des compétences puisqu'ils consistent à résoudre des exercices qui sont parfois des problèmes! Mais ce sont des compétences AVEC CONNAISSANCES!!Ils peuvent aussi servir de remédiations immédiates : si certains enfants ont commis des erreurs dans leurs devoirs, elles peuvent être corrigées le lendemain!!!Qu'entend la ministre par remédiations immédiates si les devoirs n'en sont pas?Si les élèves travaillaient les matières, en y mettant le temps nécessaire en fonction de leurs capacités, il ne devrait pas y avoir d'échecs dans le primaire, les matières y étant très simples.On ne demande rien aux élèves du primaire alors ils n'étudient rien( c'est humain!) et par suite ne connaissent rien : ni les règles de grammaire, ni les conjugaisons, ni les tables de multiplication, ni les 4 opérations fondamentales, ni les transformations d'unités, ni les règles de trois, ni les fractions, etc.Autrefois, les enfants connaissaient ces bases même dans les milieux défavorisés parce que l'école l'imposait. L'école primaire étant obligatoire, il est inopportun de dire qu'à cette époque, tout le monde ne fréquentait pas l'école!!!J'ai préparé et je prépare encore des élèves, en échecs scolaires, au CEB.J'exige de ces enfants une étude correcte des matières et je constate que, tout à coup, ce qu'ils disaient ne pas comprendre devient facile!Normal : tous les exercices sont de simples applications de la théorie, que ce soit en maths ou en français!!! Comme les élèves n'ont jamais rien "étudié" dans le primaire, ils arrivent dans le secondaire en ne connaissant rien.Le secondaire enchaîne, de manière logique, sur le primaire : il ne peut revoir le primaire, qui devrait être acquis si les incompétents qui dirigent le ministère n'avaient pas décider que le primaire était fait pour s'amuser!!!S'amuser comment??? Les enfants sont heureux de connaître et ils ne peuvent y arriver sans apprendre! C'est là que le bât blesse : ce sont les choix pédagogiques imposés par le ministère qui crée cet état d'analphabétisme à la fin du primaire! Et le ministre Marcourt qui ne semble rien comprendre à ce qui se passe parle de "problème" de transition entre le primaire et le secondaire qu'il attribue à une différence de formation et de manière d'être entre les instituteurs et les régents! Il base la réforme de la formation initiale sur une erreur d'analyse, donc , elle ne pourra porter les fruits qu'il en attendait! Comment est-il possible que personne n'ait remarquer cette erreur de base???Alors, oui le passage dans le secondaire est difficile et ce pour deux raisons : 1) les élèves ne maîtrisent pas les bases élémentaires ; 2) les élèves ne savent pas "apprendre" vu qu'ils ne l'ont jamais fait! Commencer à le faire à 12 ans sans l'avoir fait pendant 6 ans est très dur! A qui la faute???A ceux qui dirigent le primaire! Jamais, on ne pourra récupérer 6 ans d'absence de formation! Et les élèves commencent le secondaire avec un handicap qui ne va pas s'arranger dans le secondaire avec le passage automatique de 1°S en 2° S et avec suppression des examens de Noël en 3° S (derrière nouveauté GENIALE du ministère!!!).Les examens sont nécessaires et on ne peut évaluer correctement sur base de contrôles même réguliers parce qu'ils portent sur des "petites" fractions de matières que beaucoup d'élèves préparent la veuille ou le jour même! Autrement dit, encore une fois, ils ne maîtrisent pas ,mais une relecture leur suffira pour obtenir 5/10 ,l'objectif d'un grand nombre.Mais que connaît-on en maths ou en langues étrangères avec la moitié? Et bien la moitié? Er que peut-on faire avec la moitié sur un chapitre? RIEN!!!Les examens sont nécessaires car ils exigent une révision globale de la matière et par suite une assimilation à plus long terme.Sans examens exigeants, la majorité des élèves ne se souviennent de rien ou presque d'une année à l'autre! Je suis toujours stupéfaite lorsque des élèves de 5° S me disent, par exemple, ne pas savoir résoudre des systèmes de 2 équations du premier degré à deux inconnues et pire de ne pas se souvenir de l'avoir vue alors que c'est matière de 3°S.Il y a pire : ils ne savent pas effectuer une division écrite, ne savent pas calculer "-1/4 + 1" ou comptent sur les doigts pour 6X7!!!Pour les pédagogues et la ministre, il y a une solution miracle au redoublement : la remédiation immédiate!!!Ils ne doivent pas savoir ce dont ils parlent sinon ils sauraient que 1) les soi-disants incompréhensions sont des ignorances de la théorie et les profs leur expliquent en leur rappelant la théorie!; 2) ce n'est pas parce que le prof a donné une explication d'un exercice basée sur la théorie,( on ne peut faire que cela en maths, en physique!!!) qu'ils vont l'intégrer puisqu'elle va reposer sur du sable!!! 3) pour être capable de poser une question précise sur quoi que ce soit, il faut que l'élève ait vu sa matière en cherchant à la comprendre, si non il vous dit "vous ne pourriez pas m'expliquer car je ne comprends rien".Dans ce cas, que fait le prof dans une classe même de dix élèves???Il recommence le cours pour un ou deux élèves???Cela est inefficace car il est bien connu que répéter deux, voire trois fois la même chose ne sert à rien! Même Philippe Meirieu le clame dans "Que peut l'éducation" sur Youtube!La première cause des taux inacceptable d'échecs, qui conduisent au redoublement, est le manque d'étude en compréhension des élèves du au refus d'accorder le temps nécessaire aux études! Demandez aux élèves "pendant combien de temps travaille-tu?" réponse fréquente 1/2 heure par jour! Et la rémediation "immédiate" (c'est-à-dire?) n'y changera rien.Mais, comme promis, le pacte réduira de moitié le taux d'échecs! Comment? En imposant, une fois de plus, au profs ,une diminution d'exigence après avoir revu à la baisse les référentiels!

  • Posté par Bontemps Etienne, lundi 19 novembre 2018, 18:20

    On ne demande pas pour qui Mr Lambert roule…. Son objectivité ne peut évidemment pas être mise en doute … Casser du sucre une nouvelle fois sur ceux "d'en bas"... Fastoche ! Il est clair que le supérieur a dû se serrer la ceinture et que certains se sont même remis en cause, enfin. Difficile pourtant de croiser la vérité des chiffres du rectorat et le vécu du terrain. Difficile de voir la qualité des installations du supérieur et la catastrophe du terrain dans le primaire et le secondaire; Difficile de croire cette fameuse moyenne de 10 élèves par enseignant ! Sans doute compte t-on les inspecteurs, experts détachés, agents au soi-disant service de l'enseignement dans toute une série de service… Peut-être que là il y a en effet quelque chose à faire ? Tiens, je n'ai pas vu le salaire et la pension des professeurs du supérieur ?

  • Posté par Olivier Lahaye, lundi 19 novembre 2018, 14:33

    Un journaliste digne de ce nom DOIT être sérieux: un salaire a du sens; un salaire divisé par le PIB annuel/ habitant n'a aucun sens pour chacun des lecteurs.

  • Posté par Frédéric Thill-goelff, lundi 19 novembre 2018, 16:53

    Le but est de comparer le coût entre pays. Donc, dans ce cadre, le salaire n'a aucun sens. Gagner 2.000 € par mois en Belgique ou au Congo, ce n'est pas la même chose.

  • Posté par christian Leroy, lundi 19 novembre 2018, 7:24

    Bye bye le pacte d' "excellence" ?????

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