Sylvie Lausberg : « Il faut un ministère fédéral des droits des femmes »

Sylvie Lausberg : « Il faut un ministère fédéral des droits des femmes »

La violence à l’encontre des femmes et des filles est l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues et dévastatrices dans le monde. C’est un constat posé par les Nations Unies. Sylvie Lausberg est la présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique. Elle est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 24 novembre à 9h10 sur La Première et ce dimanche 25 novembre à 22h45 sur La Trois.

Ce dimanche 25 novembre à lieu la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. L’initiative est celle des Nations Unis. Selon Sylvie Lausberg, une prise de conscience est en cours. À l’avenir, c’est l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle qui doit primer, dans toutes les écoles et à chaque âge. Des animations répétées. « C’est là que les petits garçons vont pouvoir sortir des stéréotypes. Il y a beaucoup d’injonction à l’égard des petits garçons. Ils doivent être virils, ils doivent changer le monde. C’est peut-être un peu lourd aussi à un moment donné ». Mais l’école peut-elle prendre le dessus sur les stéréotypes véhiculés sur les réseaux sociaux, sur Internet ? « Je crois qu’il faut une contreculture à la culture de la violence. Elle doit être donnée à tous les enfants et l’école est le lieu où tous les enfants doivent passer ».

La première mesure que prendrait Sylvie Lausberg si elle était Première ministre ? La mise en place d’un ministère fédéral des droits de femmes, couplé à des postes pour les droits des femmes à tous les niveaux de pouvoir depuis les échevinats jusqu’aux régions et communautés. « Ce ministère serait là pour corriger les inégalités structurelles qui jalonnent la vie des femmes de l’école jusqu’à la pension. Il pourrait aussi donner un signal fort à la société ».

Elle a dit

Sur la place des femmes dans l’univers socioéconomique belge : « C’est catastrophique ».

A propos de l’avortement, « Celles qui arrivent à 12 semaines sont des femmes en difficulté qu’il faut aider et non envoyer en Hollande sans rien vouloir savoir ».

Sa définition de la violence : « C’est l’exercice de la domination. Dans un viol, l’acte sexuel est le dispositif qui permet à la personne qui veut dominer d’exercer cette domination ».

Les partis les plus féministes : « Défi puis PS suivi d’Ecolo. En queue de peloton, c’est la N-VA ».

Une mesure gouvernementale qu’il faudrait supprimer ? « La réforme des pensions. Elle pénalise les femmes, car leur parcours professionnel est pénalisé dès le départ. Il n’est pas normal que dans un pays comme le nôtre, une femme pensionnée se retrouver avec 700€ par mois »

Sylvie Lausberg rend hommage à Gisèle Halimi, avocate et militante féministe franco tunisienne : « Son féminisme est un féminisme qui ne veut pas se passer des hommes et pour moi c’est très important »

A propos du mouvement chez les gilets jaunes : « Les familles mono parentales sont souvent sous la responsabilité de femmes qui cumulent les discriminations professionnelles et financières »

Sylvie Lausberg était interviewée par Béatrice Delvaux, Jean-Pierre Jacqmin et Jacques Crémers.

 
 
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