Royaux joyaux

Lot 79. L’on paya 555.000 CHF pour cette broche arborant plus de 30 carats.
Lot 79. L’on paya 555.000 CHF pour cette broche arborant plus de 30 carats. - Sotheby’s

Le 14 novembre, au moment où les traditionnelles ventes de bijoux de haute joaillerie et de haute horlogerie se tenaient au bord du lac Léman, Sotheby’s avait le privilège de disperser quelques joyaux historiques consignés par un membre de la prestigieuse lignée des Bourbon-Parme.

Dynasties

Lot 100. La pièce phare de la vente était ce pendentif payé 36,4 millions de francs suisses (circa 32 millions d’euros).
Lot 100. La pièce phare de la vente était ce pendentif payé 36,4 millions de francs suisses (circa 32 millions d’euros). - Sotheby’s

Les Bourbon ont régné sur la France de 1589 – lorsque Henri IV monta sur le trône – à 1848 – quand Louis-Philippe abdiqua –, avec bien évidemment le terrible hiatus entre 1789 et 1815, soit près de vingt-cinq années de chaos intérieur, puis de guerres meurtrières à l’extérieur du pays.

Les Bourbon régnèrent également sur l’Espagne à partir de 1700 quand le dernier Habsbourg, Charles II, mourut sans héritier. C’est alors Philippe, le duc d’Anjou, deuxième fils du Grand Dauphin (le premier fils étant promis à la France), qui lui succéda. En Espagne, si le monarque actuel est toujours un Bourbon, il aura fallu que la famille s’écarte du pouvoir à plusieurs reprises. D’abord sous l’empire français, puis sous la République et, enfin, sous la dictature de Franco.

Et les Bourbon-Parme dans cette généalogie ? Ils sont une branche cadette de la famille espagnole et sont issus du mariage du roi Philippe V d’Espagne avec la princesse Elisabeth de Parme, la dernière princesse Farnèse. Elevés à la dignité royale, les Bourbon-Parme ont finalement très peu régné, mais leur ascendance et autres alliances les placent parmi les familles les plus illustres du gotha.

Succès

Lot 97. L’on acquitta près de 2,3
millions de francs suisses, soit un peu plus de 2
millions d’euros, pour ce collier de perles provenant d’un important collier ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette.
Lot 97. L’on acquitta près de 2,3 millions de francs suisses, soit un peu plus de 2 millions d’euros, pour ce collier de perles provenant d’un important collier ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette. - Sotheby’s

Sotheby’s parvint à vendre les cent lots qui figuraient au catalogue de la vente, un véritable tour de force, et ce pour un total de plus de 53,5 millions de francs suisses, soit près de 47 millions d’euros !

Un chiffre incroyable qui doit beaucoup à la vente du centième lot qui s’échangea contre plus de 36,4 millions de francs suisses (circa 32 millions d’euros). Il s’agissait d’une perle naturelle surmontée par un nœud en diamants attaché à un diamant plus important. Ce bijou était constitué de deux parties d’un important collier de perles ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette. L’estimation basse préalable d’un million de francs suisse a donc été, et c’est le moins que l’on puisse écrire, pulvérisée.

D’autres éléments de ce fameux collier (qu’il ne faut cependant pas confondre avec le célèbre collier de diamants qui valut bien des ennuis à la Reine), étaient également proposés. Depuis la fin du XVIIIe siècle, le bijou fut en effet transformé en plusieurs pièces. L’on paya ainsi près de 2,3 millions de francs suisses, soit un peu plus de 2 millions d’euros, sur la base d’une estimation de 200.000 à 300.000 francs, pour un collier composé d’autres perles de la même origine. Enfin, un nœud en diamants auquel pend un diamant jonquille a changé de main contre un peu plus de 2,1 millions de francs suisses alors que les experts de Sotheby’s l’avaient préalablement estimé entre 50.000 et 80.000 francs… Rarement provenance aura fait autant merveille !

Et aussi

Lot 95. Ce nœud en diamants auquel pend un diamant jonquille a changé de main contre un peu plus de 2,1 millions de francs suisses.
Lot 95. Ce nœud en diamants auquel pend un diamant jonquille a changé de main contre un peu plus de 2,1 millions de francs suisses. - Sotheby’s

Si le reste du catalogue connut de nombreuses enchères à six chiffres, les enchères à quatre et cinq chiffres furent les plus nombreuses. Ce qui n’empêcha pas celles-ci de faire s’envoler leurs estimations préalables. Ainsi, une réduction du très noble ordre de la Toison d’Or à porter en pendentif s’échangea contre 11.875 francs suisses, alors que le catalogue mentionnait une estimation entre 800 et 1.200 francs, ce qui doit être plus près de la réalité que le prix payé !

Une autre pendeloque identique estimée de la même façon et datant elle aussi du XXe siècle fut acquise pour un peu moins de 2.000 francs de moins. Snobisme, quand tu nous tiens…

Par contre, une importante broche arborant un saphir de plus de 30 carats donnée par l’archiduchesse Frédéric d’Autriche à sa fille à l’occasion de son mariage avec le prince Elie de Bourbon Parme fut vendue 555.000 francs suisses. Le bijou allie qualité et prestige, sans doute le meilleur cocktail pour un investisseur…

 
 
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