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Le cours de philo et citoyenneté ne décolle guère

La deuxième heure de philosophie et citoyenneté peine à s’imposer dans l’enseignement : à peine un élève sur huit en primaire et un sur sept en secondaire. Les religions gardent la cote, à tout le moins en primaire.

Chef du service Société Temps de lecture: 3 min

Un peu plus de 11 % en première primaire. Près de 17 % en sixième secondaire. On ne parle pas de résultats scolaires ici mais du bulletin de santé du cours de philosophie et citoyenneté. Plus précisément de la part d’élèves optant pour la dispense du cours de religion et morale, et héritant par la même occasion d’une seconde heure de cette formation.

Petit rappel des faits pour bien comprendre. En 2014, la majorité PS-CDH met fin à une vieille tradition : les deux heures de religion ou de morale qui s’imposaient à tout élève en âge d’obligation scolaire dans les réseaux non confessionnels deviennent une heure de religion ou morale et une heure d’éducation à la philosophie et la citoyenneté (EPC). Sont directement concernés, les établissements de l’officiel organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, les écoles de l’officiel subventionné des communes et provinces et les écoles du libre non confessionnel, soit environ 188.000 élèves. Le libre confessionnel est indirectement touché : il conserve ses heures de religion obligatoires mais distille la philosophie et la citoyenneté à travers différents cours. Sur ce changement historique est venue se greffer, en 2015, une décision judiciaire autorisant tout élève qui le souhaite à être dispensé de religion ou morale. Les élèves dans cette situation ne sont évidemment pas envoyés à l’étude, ils sont priés d’inscrire une seconde heure d’EPC à leur programme.

En visant les statistiques on peut jauger de la « popularité » du cours d’EPC et, passant, des six autres cours philosophiques. En primaire – sur l’ensemble du cycle – les demandes de dispense (donc de deux heures d’EPC) sont en légère hausse : 12,26 % à la rentrée de septembre 2018 contre 10,26 % en 2017 ; notons qu’on vient de 6,46 % en 2016 (quand le cours bénéficiait encore de l’étiquette erronée « cours de rien »). Les autres données montrent des élèves et des parents (on suppose que le choix se réfléchit en famille) profondément attachés à leurs traditions : 60 % optent pour un cours de religion (principalement catholique avec 34,73 % des choix et islamique avec 21,26 %) et 27,64 % pour le cours de morale. Notons que ce dernier semble souffrir davantage du lent décollage de l’EPC : il a perdu 4,51 % de « parts de marché » depuis 2016 alors que la religion islamique est stable et que la religion catholique a vu partir 2,72 % de ses fidèles. Les autres religions se partagent le solde : 2,25 % pour les protestants, 1,23 % pour les orthodoxes et moins de 1 % pour le culte israélite.

Les tendances sont davantage marquées dans le secondaire. Si l’EPC fait à peine mieux qu’en primaire (14,12 % en 2018 contre 13,17 % en 2017), les écarts se creusent dans les choix traditionnels. La morale, qui se taillait la plus grosse part du gâteau en 2016 avec 54,11 % des choix ne représente plus désormais que 41,67 %. Par contre, la religion catholique perd clairement du terrain avec l’adolescence : 15,94 % de moyenne sur l’ensemble du cycle (baisse de 5 % en 3 ans) mais aussi un gros écart entre la sixième primaire et la première secondaire : de 30,46 % à 17,04 %. Quant au culte islamique, il continue à faire le plein : autour de 20 % jusqu’en quatrième primaire, avant de perdre, lui aussi, du terrain.

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