Joseph Kabila au «Soir»: «Certains, en Belgique, croient que le Congo est encore une colonie»

Il se prête rarement à l’exercice de l’interview. Pourtant, le président Kabila a accepté de faire le bilan de ses années au pouvoir avec notre collègue Colette Braeckman.
Il se prête rarement à l’exercice de l’interview. Pourtant, le président Kabila a accepté de faire le bilan de ses années au pouvoir avec notre collègue Colette Braeckman. - D.R.

D’ici trois semaines, le Congo doit élire un nouveau président. Et celui qui est à sa tête depuis 17 ans doit passer la main. Alors Joseph Kabila a accepté de recevoir l’envoyée spéciale du Soir à Kinshasa, pour donner une interview. Ce qu’il fait très rarement. Et il parle sans filtre. Ou presque.

« Tout va bien se passer » le jour du scrutin, jure Joseph Kabila, alors que la mission de l’ONU s’inquiète de voir le pays organiser seul l’élection. « Nous avons pris l’option de les organiser nous-mêmes, ce qui nous coûte cher, mais c’est une question d’indépendance, de souveraineté… », estime-t-il, appelant tout au long de l’entretien à la dignité du peuple congolais. A savoir si l’absence d’observateurs internationaux est gênante, il clame : « Pourquoi devrait-on les inviter ? Je considère que ces pays ont déjà préparé leur rapport avant même le jour du vote ! »

Sur la question des prisonniers politiques, le président botte en touche. « Je ne veux pas discuter des affaires qui relèvent strictement de la justice mais, à ma connaissance, il n’y a pas de détenu strictement “politique”. S’il y a des problèmes au niveau de la justice, c’est là qu’il faut intervenir, mais moi je ne le peux pas… »

Joseph Kabila n’entend pas épargner une certaine Belgique, alors que notre diplomatie est la grande absente sur le sol du Congo. « Le problème avec les Belges, c’est ce que j’appelle l’état d’esprit. Il y a des gens qui, en Belgique, croient que le Congo est encore une colonie, que les Belges doivent toujours avoir de l’ascendant sur les Congolais, tranche le président. Qu’est-ce qui nous divise avec la Belgique ? Je considère que nous sommes des hommes libres, que le Congo est un pays indépendant et que nous n’avons pas de comptes à rendre à un ministre des Affaires étrangères qui se trouve en Belgique. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Joseph Kabila sur Le Soir +

 
 
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