Le Kroll du jour sur la manifestation des gilets jaunes

Le Kroll du jour sur la manifestation des gilets jaunes
Kroll.

La marche des gilets jaunes tourne au vinaigre

Par Frédéric Delepierre

© Sylvain Piraux / Le Soir
© Sylvain Piraux / Le Soir

Il est un peu plus de 13 heures ce vendredi au carrefour de la rue Belliard, à Bruxelles. Les quelque 500 gilets jaunes venus en grande partie de Wallonie manifester leur opposition à la politique du gouvernement de Charles Michel viennent de se voir empêcher l’accès du Parc royal et d’autres rues qui mènent à la zone neutre entourant le Palais royal et le Parlement. Comme à chaque fois, la grande majorité des manifestants se résigne et décide de poursuivre la marche dans le calme. Quelques autres, régulièrement en tête de cortège et porteurs de bonnets ou de cagoules haussent le ton et haranguent la foule. Canette de bière à la main et usant d’un vocabulaire plus ou moins châtié, ils incitent à l’affrontement avec les forces de l’ordre. « S’ils ne veulent pas nous entendre dans le calme, on n’a pas le choix. Il faut montrer qu’on existe. Il faut tout casser. Ils ne comprennent que ça. »

Casques de moto

En images: les débordements de la manifestation des gilets jaunes à Bruxelles

Pour empêcher l’accès à la zone neutre, la police de Bruxelles-Ixelles a barré la route avec des herses derrière lesquelles ont pris place des policiers équipés de casques, de boucliers et de gilets pare-balles. Derrière eux, deux autopompes dans le cas où la situation dégénérerait. Devant l’impossibilité de passer, le cortège fait demi-tour. Quelques agités se dirigent vers les herses qu’ils empoignent et se mettent à secouer. Les policiers sortent leurs gaz lacrymogènes dont ils aspergent les perturbateurs. Ce qu’attendaient quelques casseurs qui avaient infiltré les manifestants. Ils se masquent illico le visage. Certains avaient même tout prévu en emmenant leur casque de moto dans leur sac à dos. En quelques secondes, les policiers sont bombardés de canettes mais aussi de pierres et de pavés.

Très vite, les gilets pacifistes s’écartent et se mettent à l’abri. Des jeunes hommes, parfois même des adolescents au visage caché, se mettent à arracher et à casser les dalles des trottoirs pour les jeter en direction des policiers. Les autopompes entrent en action, propulsant parfois les agitateurs plusieurs mètres en arrière. Après une quinzaine de minutes d’affrontements, c’est l’accalmie. Elle ne sera que passagère.

Trottoirs désossés

Reprenant leur marche sur la petite ceinture, les manifestants bloquent temporairement la circulation dans les tunnels. Les plus calmes d’entre eux s’adressent à des automobilistes, dont Santi au volant de sa Range Rover, d’arborer leur gilet jaune au volant. Pensionné, Santi s’exécute avec le sourire. « Je suis pensionné mais je travaille encore pour pouvoir m’en sortir, explique-t-il. Je les comprends et les soutiens totalement même si je ne suis pas dans le besoin. Ce gouvernement, comme d’autres en Europe, nous taxe trop pour utiliser notre argent à mauvais escient. » Santi peut redémarrer.

Retour là où tout a commencé sur le coup de 10 heures du matin pour les quelques centaines de manifestants, le carrefour Arts-Loi. A nouveau, la police les attend. Un casseur lâche : « On caillasse pendant 15 minutes et on s’en va ! » Un message qu’il n’a pas fallu répéter pour certains. Les trottoirs sont désossés et les policiers canardés. Les autopompes entrent à nouveau en action. Deux autres arrivent par la petite ceinture. Les manifestants sont chargés et scindés en deux groupes. L’un est chassé vers la gare du Nord, l’autre vers le Cinquantenaire.

C’est alors que quelques casseurs se mettent à secouer un combi de police qu’ils réussissent à renverser. Un autre agitateur lance un fumigène dans le fourgon garé devant. Le véhicule prend feu immédiatement, dégageant une fumée noire qui se propage dans toute la rue de la Loi.

Une véritable ambiance de guerre civile alors que le matin même, la majorité des gilets jaunes prônaient le calme et demandaient juste à ce que le gouvernement entende les difficultés qu’ils ont à boucler les fins de mois...

 
 
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