Pacte migratoire: «C’est un sujet difficile mais le travail se poursuit», rassure Charles Michel

Charles Michel a une semaine pour sortir le fédéral du bourbier migratoire. ©Belga
Charles Michel a une semaine pour sortir le fédéral du bourbier migratoire. ©Belga

« N ous allons dans les prochaines heures, dans les prochains jours, poursuivre le travail au sein du gouvernement », a indiqué lundi le Premier ministre Charles Michel à la sortie d’un bureau du MR consacré notamment au pacte de l’ONU sur les migrations, qui menace la cohésion de l’exécutif. En septembre, il s’était engagé à la tribune des Nations unies à signer ce pacte le 10 décembre à Marrakech, mais entre-temps la N-VA a fait connaître son opposition au texte.

A l’entrée et à la sortie de la réunion, les éminences réformatrices se sont montrées avares en déclarations, alors que le Premier ministre s’est engagé à proposer une solution au comité ministériel restreint.

« Un sujet difficile »

Différentes formules ont été évoquées pour sauver la cohésion gouvernementale, parmi lesquelles l’adoption d’un texte interprétatif au pacte. A leur arrivée au bureau, le vice-Premier ministre Didier Reynders et le ministre-président wallon Willy Borsus soulignaient encore la nécessité d’expliquer la portée du texte, vu par la N-VA comme une atteinte à la souveraineté. Mais quittant le bureau de la N-VA, le vice-premier ministre Jan Jambon a lui jugé lundi qu’une note interprétative ne suffirait pas, car « c’est le pacte lui-même qui est problématique ». Mais « nous ne misons pas sur une chute du gouvernement », a-t-il précisé.

Le vice-Premier ministre Open VLD Alexander De Croo ne pense pas que le gouvernement tombera sur le Pacte de l’ONU sur les migrations, mais il n’en est pas moins sévère envers le vice-Premier ministre N-VA Jan Jambon, qui a rejeté ce matin la piste d’une déclaration complémentaire à joindre au texte. « Si l’on ne recherche pas de solution, il faut le dire maintenant », a-t-il lancé.

Une semaine cruciale

A huit jours du sommet de Marrakech, le gouvernement fédéral a entamé lundi une semaine cruciale pour sa continuité alors que des résolutions de l’opposition, appelant à l’approbation du pacte, figurent mardi à l’ordre du jour de la commission des Affaires étrangères de la Chambre. Des experts seront préalablement auditionnés. La N-VA a averti qu’une majorité de rechange au parlement minerait la confiance gouvernementale.

« Nous sommes en train de travailler au sein du gouvernement. C’est un sujet difficile, je l’ai expliqué au parlement. J’ai expliqué aussi quel a été l’ensemble du processus sur le plan international et sur le plan belge, et nous allons dans les prochaines heures, dans les prochains jours poursuivre le travail au sein du gouvernement », a indiqué lundi Charles Michel. « Il y aura d’ailleurs des auditions au parlement demain, ce qui permettra certainement aussi à chacun de se forger une opinion sur le contenu de ce pacte », a-t-il jugé.

L’ONU écrit à la Belgique: «Le pacte migratoire n’est pas contraignant»

 
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