Crise dans la suédoise: l’ambassadeur belge «rassure» sur la portée du pacte migratoire

La majorité fédérale reste sous tension maximale. Le pacte des migrations divise les suédois. La N-VA ne veut toujours pas entendre parler du texte des Nations-unies. Un comité ministériel restreint est prévu cet après-midi, pour tenter de débloquer la situation. En attendant, les débats ont débuté à la Chambre, en commission des Relations extérieures, où une série d’experts doivent apporter leurs « éclaircissements » pour ce qui concerne la portée du texte onusien, avant que – cet après-midi en principe – les députés ne se prononcent sur les résolutions, déposées par l’opposition, appelant la Belgique à tenir ses engagements, donc à approuver le pacte de l’ONU.

Jean-Luc Bodson, ambassadeur de Belgique auprès des Nations unies et négociateur du Pacte des migrations pour le gouvernement fédéral, a précisé que le texte final est voué à la « coopération internationale », qu’il a été expurgé de toute référence explicite aux politiques de « régularisation » des sans-papiers, que l’idée initiale de « décriminaliser » l’immigration illégale n’a pas été retenue elle non plus, également que le pacte n’interdit pas formellement des formes de détention des enfants en centres fermés adaptés.

Jean-Luc Bodson a noté encore que les pays « qui avaient été les plus durs dans la négociation », comme la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, se rendront in fine à Marrakech la semaine prochaine, où, comme on le sait, les gouvernements présents donneront leur feu vert à l’approbation du pacte quelques semaines plus tard, cette fois en assemblée générale de l’ONU à New-York. Ces trois pays avaient les mêmes exigences que celles de la Belgique, notamment en ce qui concerne la détention de mineurs et le regroupement familial, ce qui a facilité les négociations.

Au contraire, les pays d’Europe de l’est et centrale qui ont le moins participé aux négociations (comme la Hongrie notamment) sont ceux qui réfusent aujourd’hui le texte, a souligné le diplomate.

L’ambassadeur a confirmé que les négociations internationales avaient eu lieu en maintenant tout au long un lien direct avec les responsables des cabinets ministériels du gouvernement suédois et que la Belgique, au fur et à mesure, a pu traduire dans le texte onusien une série de demandes qui émanaient de l’exécutif fédéral. Jean-Luc Bodson a ajouté : « Je n’ai aucun problème à ce stade avec une déclaration interprétative (ndlr : en marge du texte en tant que tel), où la Belgique, peut-être avec d’autres pays, soulignerait les points qui font peur, comme le fait que le Pacte n’entame pas la souveraineté des Etats » en termes de politiques d’asile et de migration. L’ambassadeur a expliqué encore : « Durant la négociation, nous avons eu des injonctions et des lignes rouges émanant du gouvernement, tout cela a été entendu et traduit dans le texte », cela jusqu’à obtenir finalement un « signal » positif de la part de l’exécutif.

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