La Belgique se dissocie des ambitions européennes sur le climat: Marghem rejette la faute sur les régions

Marie-Christine Marghem © Belga
Marie-Christine Marghem © Belga

Ce mardi matin, deux jours après la grande marche pour le climat qui a réuni de 65.000 à 75.000 personnes dans les rues de Bruxelles, la Belgique a voté contre une proposition de directive sur l’efficacité énergétique et s’est abstenue lors du vote sur une directive concernant les énergies renouvelables. En définitive, la Belgique refuse de suivre la majorité des États membres sur deux des trois piliers du «  paquet énergie propre » censé mettre l’Europe sur les rails des objectifs de l’accord de Paris.

La Flandre à l’origine du blocage

Des sources concordantes proches du dossier, confirment que le vote contre la directive sur l’efficacité énergétique a été posé en raison d’une opposition très radicale du représentant de la Flandre au texte européen. Lors d’une réunion de coordination belgo-belge, à la fin du mois de juin, un conseiller du cabinet de Liesbeth Homans (vice-présidente flamande) a tout simplement menacé de bloquer d’autres dossiers européens relatifs au climat si la Flandre n’obtenait pas satisfaction sur ce point. Bruxelles était favorable à la directive. La Wallonie défendait plutôt une abstention.

Sur la directive renouvelable, alors que Bruxelles et la Wallonie voulaient que la Belgique approuve le texte, la Flandre demandait qu’elle s’abstienne. Or, on sait que lorsqu’il y a divergence interne entre les entités belges, notre pays s’abstient lors du vote européen.

« Les Régions ont 90 % des compétences »

Contactée par la RTBF, la ministre fédérale de l’Énergie, Marie-Christine Marghem se défend. « Ce sont les régions qui ont 90 % des compétences en matière d’énergie donc ce sont les trois régions qui décident et nous, au niveau fédéral, ne pouvons que transmettre les volontés de ces régions », explique la ministre qui dénonce le double langage des régions. « Je peux comprendre qu’elles trouvent les exigences européennes trop difficiles à mettre en place, mais elles ne peuvent pas se cacher derrière le fédéral quand elles votent contre », explique la ministre à la RTBF.

 
 
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