Monsieur et Madame Z vendent à Paris

« Wellington Arch », estimé entre 30.000 et 50.000 euros, est une œuvre de Valerio Adami réalisée en 1968.
« Wellington Arch », estimé entre 30.000 et 50.000 euros, est une œuvre de Valerio Adami réalisée en 1968. - D.R.

L’on connaissait la collection de « Monsieur et Madame X », une formule qui a camouflé l’identité de milliers de collectionneurs qui souhaitaient vendre de manière anonyme ; Sotheby’s a inventé la vente des « Z » ! Encore que cette lettre corresponde à la première lettre de leur véritable patronyme… Qui devinera ? En réalité, le plus important réside dans l’intérêt de la collection qui a valu à ces Belges la chance d’avoir un catalogue à leur nom (enfin presque !).

Belgique

Cette belle collection témoigne de la curiosité de compatriotes pour l’art contemporain, mais aussi pour les arts premiers bien avant que la mode se soit emparée de ces deux segments du marché de l’art si prisés aujourd’hui. La Belgique était alors un petit vivier de collectionneurs curieux que se disputaient aussi bien les galeristes parisiens ou de la Ruhr que les marchands bruxellois et anversois. Le communiqué de presse fait état des débuts de la collection au lendemain de la Seconde Guerre mondiale avec l’émergence du Mouvement CoBrA fondé officiellement en 1948, mais ce sont plutôt des œuvres à compter des années 1960 qui sont proposées, mises à part bien entendu les œuvres d’art non européen. La maison de ventes se targue d’ailleurs d’avoir la primeur en France d’une vente qui « réunit autant d’œuvres majeures en art contemporain qu’en arts d’Afrique et d’Océanie ».

CoBrA, mais pas seulement

Ce «
Torso
» fut exécuté par Karel Appel en 1960. On en attend entre 80.000 et 120.000 euros.
Ce « Torso » fut exécuté par Karel Appel en 1960. On en attend entre 80.000 et 120.000 euros. - D.R.

Pour ce qui concerne les 28 œuvres occidental, celles des artistes ayant participé au mouvement CoBrA se taillent la part du lion, à tout le moins si l’on additionne les estimations. L’œuvre la plus importante est sans doute cette belle huile sur toile intitulée Les enfants pleurent, pleurent, peinte en 1958 par Asger Jorn et dont Sotheby’s espère avec raison entre 100.000 et 150.000 euros. Il y a également cette sculpture réalisée par Karel Appel en 1960 à partir d’une souche d’olivier. Intitulée Torso, elle fut acquise directement auprès de l’artiste et elle est estimée aujourd’hui entre 80.000 et 120.000 euros. Une grande (130 par 140 cm) toile exécutée en 1966 par Pierre Alechinsky intitulée Exécution sommaire, et pourtant très colorée malgré ce titre glacial, a reçu la même estimation. Une encre sur papier de Reinhoud d’Haese peinte deux ans plus tôt est quant à elle bien plus accessible : 1.000 à 1.500 euros seulement ! Mais il ne faudrait pas faire l’impasse sur ce très beau tableau de Valerio Adami peint en 1968, Wellington Arch, estimé entre 30.000 et 50.000 euros. Ni sur Annie dans son fauteuil, une toile exécutée un an plus tôt par Antonio Saura, dont Sotheby’s attend entre 130.000 et 180.000 euros. Pas plus que sur cette composition peinte en 1967 par Serge Poliakoff que la maison de ventes a estimée entre 100.000 et 150.000 euros. S’ajoutent encore à ces œuvres les 28 pièces d’art non européen, parmi lesquelles quelques pièces d’exception, comme cette importante statue Hemba (RDC) estimée entre 150.000 et 250.000 euros.

« Annie dans son fauteuil » est dû aux pinceaux d’Antonio Saura. L’œuvre est estimée entre 130.000 et 180.000 euros.
« Annie dans son fauteuil » est dû aux pinceaux d’Antonio Saura. L’œuvre est estimée entre 130.000 et 180.000 euros. - D.R.

« Annie dans son fauteuil » est dû aux pinceaux d’Antonio Saura. L’œuvre est estimée entre 130.000 et 180.000 euros.
« Annie dans son fauteuil » est dû aux pinceaux d’Antonio Saura. L’œuvre est estimée entre 130.000 et 180.000 euros. - D.R.

« Annie dans son fauteuil » est dû aux pinceaux d’Antonio Saura. L’œuvre est estimée entre 130.000 et 180.000 euros.
« Annie dans son fauteuil » est dû aux pinceaux d’Antonio Saura. L’œuvre est estimée entre 130.000 et 180.000 euros. - D.R.

Sotheby’s France

Cette vente est l’une des dernières qui clôt 2008, une date anniversaire pour Sotheby’s qui fête ses 50 années de présence à Paris. En effet, la société américaine y a ouvert un bureau dès 1968, mais elle n’a pu y opérer des ventes qu’après la loi du 10 juillet 2000. La vente inaugurale fut d’ailleurs la dispersion de la bibliothèque littéraire d’un Belge, Charles Hayoit… Cet anniversaire est aussi l’occasion de se souvenir de Laure de Rougemont, plus connue sous le nom de « princesse de Beauvau-Craon », qui fut le visage français de la Sotheby’s et qui batailla contre le monopole des commissaires-priseurs en France, un privilège qui datait d’Henri IV et qui était devenu incompatible avec la législation européenne.

 
 
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