Migration: les Palestiniens de Gaza recevront désormais moins facilement l’asile en Belgique

Photo d’illustration ©D.R
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Le nombre de demandes d’asile introduites par des Palestiniens a fortement augmenté ces derniers mois. Jusqu’à récemment, celles émanant de personnes originaires de la bande de Gaza étaient presque systématiquement acceptées. Mais ce n’est plus le cas car le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) a changé sa politique, rapporte-t-il mercredi.

Le CGRA, l’instance chargée de statuer sur les demandes d’asile, tranche à présent les demandes des Gazaouis en fonction de leur situation individuelle. «La situation à Gaza est toujours précaire et problématique pour beaucoup d’entre eux, mais pas pour tous. Dès lors, il est nécessaire d’examiner en détail chaque demande d’asile sur la base de ses éléments constitutifs propres», explique-t-il.

L’un des éléments qui a poussé le CGRA à revoir son approche est la réouverture d’un point de passage entre la bande de Gaza et l’Egypte. «Au cours de la première partie de 2018, le poste frontière de Rafah était fermé. Cette situation rendait pratiquement impossible le retour à Gaza à partir de l’Egypte. Depuis plusieurs mois, le poste frontière est rouvert. Par ailleurs, il s’avère que les conditions de sécurité actuelles dans le désert du Sinaï se sont améliorées», indique l’administration fédérale indépendante. Le principe de base reste que «celui ou celle qui a besoin d’une protection (selon la convention de Genève ou la définition de protection subsidiaire) doit se la voir octroyer», assure néanmoins celle-ci, qui précise qu’elle évalue la situation à Gaza au jour le jour.

« The place to be »

Entre le 1er janvier de cette année et fin octobre, 1.909 Palestiniens ont demandé l’asile en Belgique, un chiffre que seuls les Syriens dépassent, alors que leurs demandes étaient marginales les années précédentes et que cet afflux ne concerne pas les autres Etats européens. La réouverture du poste frontière de Rafah a facilité les départs de Gaza. Et d’après le commissaire général Dirk Van den Bulck, interrogé il y a quelques jours dans De Standaard, «la perception que notre pays est ’the place to be’, nourrie par les passeurs, joue certainement un rôle». M. Van den Bulck avait prévenu que la politique à l’égard des Gazaouis serait sans doute prochainement adaptée.

 
 
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