Au nom du MR, Bouchez charge Magnette: «C’est Magritte! Ceci n’est pas un candidat»

Georges-Louis Bouchez © Photo News
Georges-Louis Bouchez © Photo News

Le MR ne laisse pas passer. Son porte-parole (ce n’est pas encore officiel, mais c’est tout comme), Georges-Louis Bouchez, charge Paul Magnette, future tête de liste européenne du PS, qui fera campagne à cet étage sans briguer pour autant un siège au parlement de l’Union – puisque, comme il l’avait annoncé avant les communales, il se maintiendra au mayorat de Charleroi.

Quel est le problème ?

Prenez le professeur en sciences politiques spécialisé en affaires européennes, pour qui j’ai beaucoup d’estime : il a toujours appelé à ne pas négliger l’Europe, il a toujours mis l’accent sur le défi européen… Et puis là, quoi ?, paradoxalement, le même prend la tête de la liste européenne juste pour faire la promotion de son parti et pour asseoir sa position de futur président du PS, et pas pour s’engager concrètement à relever les fameux « défis » dont on parlait… C’est très politicien comme choix et comme comportement.

Il reste que Paul Magnette parlera bien Europe tout au long des débats de campagne, et qu’il avancera à visage découvert pour le reste, précisant d’emblée qu’il ne cumulera pas…

Sauf que là, on n’est pas dans le cumul de mandats mais bien dans le cumul des fonctions : être bourgmestre de Charleroi, cela requiert une présence maximale, c’est un travail plein-temps, or, qu’est-ce qui va se passer pendant 6 mois ? Le candidat Paul Magnette sillonnera le territoire de la Communauté française… Candidat de cette façon, en tête de liste européenne, et bourgmestre d’une grande ville, ce sont des fonctions incompatibles.

Cela étant, faire campagne au nom de son parti, pour promouvoir son message et maximiser ses chances électoralement, n’est-ce pas une forme de louable d’engagement collectif ?

Non. Quand on est candidat aux élections quelque part, c’est pour s’engager soi-même politiquement à ce niveau, c’est cela la logique, et là, Paul Magnette est en quelque sorte candidat pour autrui. En fait, se présenter comme il le fait en tête de liste sans siéger, c’est privilégier lourdement la place de premier suppléant sur la même liste – lequel « montera » automatiquement, et siégera au parlement européen. On trompe les électeurs. Se présenter en tête d’une liste électorale aussi importante – l’Europe, tout le monde en convient, ce sera un enjeu capital dans l’année qui vient – sans vouloir siéger dans l’assemblée concernée, c’est Magritte : ceci n’est pas un candidat…

 
 
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