Migrants: l’Aquarius «forcé» d’arrêter ses missions

Immobilisé à Marseille depuis le 4 octobre, l’Aquarius ne reprendra plus la mer. Médecins sans Frontières se dit victime « d’une campagne continue de dénigrement, de calomnie, et d’obstruction menée par le gouvernement italien, lui-même soutenu par d’autres pays européens contre les activités de secours des organisations humanitaires ». Cette année, l’Aquarius s’est vu retirer son pavillon par deux fois : en août par Gibraltar et en septembre par le Panama. Fin novembre, la justice italienne a demandé la mise sous séquestre du navire humanitaire. Elle suspecte MSF de trafic de déchets et d’activité criminelle. L’ONG qualifie ces allégations de « grotesques ». Mais, « sans solution immédiate pour répondre à ces attaques, MSF et SOS Méditerranée n’ont d’autre choix que de mettre un terme aux activités de l’Aquarius. ».

De février 2016 à octobre 2018, l’Aquarius a porté assistance à près de 30.000 personnes dans les eaux internationales entre la Libye, l’Italie et Malte.

Une violation du droit international

« En 2015, l’Europe s’est engagée auprès du Conseil de sécurité des Nations unies à ce qu’aucune personne sauvée en mer ne soit obligée de retourner en Libye », relate MSF. Karline Kleijer, responsable des urgences de l’ONG, dresse un constat alarmant : « Aujourd’hui, l’Europe soutient directement les retours forcés et revendique des « résultats » sur la question migratoire. Soyons clairs sur ce que sous-entendent ces résultats : un manque d’assistance en mer qui permettrait de sauver des vies ; des enfants, des femmes et des hommes renvoyés à une détention arbitraire sans aucune chance d’en réchapper ; et la création d’un environnement qui décourage tous les bateaux de répondre à leurs obligations de porter secours aux personnes en détresse. » MSF dénonce là une « violation du droit international ».

30.000 sauvetages

De février 2016 à octobre 2018, l’Aquarius aura « porté assistance à près de 30.000 personnes dans les eaux internationales entre la Libye, l’Italie et Malte ». En tenant compte de l’ensemble de ses opérations de recherche et de sauvetage, depuis 2015, MSF indique avoir secouru 80.000 personnes en Méditerranée. Suite à l’arrêt des opérations de l’Aquarius, on n’y trouve maintenant « plus aucun bateau dédié au secours ».

Mais MSF n’abdique pas. « Nous refusons de rester à quai alors que des personnes continuent de mourir en mer, déclare Karline Kleijer. Aussi longtemps que des gens souffriront en Libye, seront en détresse en mer, MSF cherchera des moyens de leur porter secours avec une aide médicale et humanitaire. »

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