Bundesliga: Schalke défie Dortmund dans «la mère de tous les derbies»

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Schalke tentera samedi de faire chuter le leader Dortmund pour la première fois cette saison en Bundesliga après 14 journées, dans un derby de la Ruhr qui enflamme tout cet ancien bassin minier depuis des jours.

« Depuis lundi on sent battre le pouls de la région au rythme du match », assure à l’AFP Manuel Neukirchner, le directeur du Musée du football de Dortmund, « sur les marchés de Noël, à tous les coins de rue, vous entendez les gens parler du derby ».

« Ici, on ne peut pas être neutre, ça me rappelle un peu l’antagonisme Beatles/Stones des années 60. Il faut être pour l’un ou pour l’autre, c’est une question de foi », ajoute ce passionné.

« Ce match a une grande signification pour nous », confirme le directeur sportif du Borussia Michael Zorc, né à Dortmund il y a 56 ans : « Il y a beaucoup de gens de Dortmund qui travaillent à Gelsenkirchen (dont Schalke est un quartier, ndlr) et inversement. Personne ne peut nier que ce match est particulier, et qu’il y a un peu plus de tension que d’habitude ».

« Derby du siècle »

Schalke-Dortmund, dont les deux stades sont distants de 33 km, est devenu après guerre LE derby majeur d’une région très densément peuplée – cinq millions d’habitants sur l’équivalent d’un petit département français (4.435 km2) – dont pas moins de sept clubs ont joué en Bundesliga depuis la création du championnat en 1963.

Contrairement à d’autres derbies célèbres, comme Rome ou Glasgow, celui-là ne s’appuie sur aucun antagonisme politique, communautaire ou religieux. On jouait, à l’époque, pour la gloire des bassins houillers, et le football servait de ciment social à des communautés de mineurs formées notamment de dizaines de milliers d’immigrants de Pologne ou de Prusse orientale.

Aujourd’hui, avec leurs stades immenses invariablement pleins (81.000 places à Dortmund, 62.000 à Gelsenkirchen en configuration championnat), les deux clubs sont, après le Bayern Munich, ceux qui comptent le plus de membres en Allemagne.

Et l’histoire de leur rivalité est parsemée comme il se doit d’exploits héroïques, de polémiques tenaces et de quelques violences. En novembre dernier, la presse avait baptisé « derby du siècle » le match aller à Dortmund : Schalke avait égalisé à 4-4 dans le temps additionnel après avoir été mené 4-0 à la pause.

« Beaucoup plus que trois points »

Alors que Dortmund est toujours invaincu sur la scène nationale, le club bleu-roi stagne actuellement à la 12e place, à 19 points de son voisin, après un début de parcours catastrophique. Mais un succès samedi effacerait d’un coup toutes les déceptions des supporters. « Pour Schalke, une victoire contre Dortmund vaut beaucoup plus que les trois points du match, c’est la réussite de leur saison aux yeux de leurs fans qui est en jeu », décrypte Manuel Neukirchner.

« Dans un derby, il n’y a pas d’outsider ou de favori », martèle pour sa part le coach de Schalke Domenico Tedesco. La preuve ? Dortmund ne s’est plus imposé depuis 2013 à la Veltins Arena, et n’a remporté aucune des cinq dernières confrontations entre les deux rivaux.

En cas de victoire, et si ses adversaires directs ne gagnent pas, Dortmund pourrait théoriquement être sacré champion d’automne dès dimanche soir. Mais cet enjeu-là est secondaire, au regard de la suprématie sur une région qui ne vit que pour et par le football.

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