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Crise gouvernementale: et le Roi dans tout ça?

Contrairement aux crises gouvernementales précédentes, la majorité actuelle n’utilise pas le Roi pour temporiser ou tester des pistes. La seule idée suggérée (par des juristes qui ont l’oreille des politiques) est que Philippe puisse in fine… révoquer les ministres nationalistes flamands. Vous voyez le tableau ?

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Cheffe adjointe du service Politique Temps de lecture: 3 min

Que ce soit lors de la tentative chaotique de formation d’une coalition Orange bleue en 2007, des éphémères et tout aussi chaotiques gouvernements Leterme de 2008 et 2009-2010, ou pendant la fameuse crise des 541 jours en 2010-2011, les politiques en panne de coalition ou d’inspiration ont instrumentalisé le Roi (Albert II à l’époque) tant et plus. On lui a demandé de recevoir tous le gratin politique pour donner le temps aux responsables de sortir d’une impasse ; on lui a demandé de refuser des démissions ; on lui a demandé de lancer dans l’arène tous les informateurs et médiateurs en « -eur » possibles ; on lui a demandé de donner des injonctions précises aux édiles pour sortir du marasme ; et il a parfois dû constater simplement l’échec d’un gouvernement ou d’une formation de gouvernement.

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8 Commentaires

  • Posté par Jean-Luc Ottinger, dimanche 9 décembre 2018, 9:48

    voici un scénario qui me semble crédible : Le gouvernement ne tombera pas et restera majoritaire : En déclarant "lorsqu'il prend l'avion" la NVA empêche de facto Charles Michel de rencontrer le Roi. La révocation ne sera donc pas demandée. De son côté, jamais la NVA ne démissionnera. Au retour de Charles Michel, un vote de confiance au gouvernement est demandé. La confiance est accordée: évidemment, aucun des 4 partis ne votera contre. Le gouvernement reste majoritaire, la NVA n'a pas signé, le parlement est humilié, la presse ridiculisée... Il ne sera même pas nécessaire de changer les ministres. Victoire totale du gouvernement. Techniquement, je ne vois même pas comment on peut éviter ce scénario : personne n'a actuellement le courage politique d'agir autrement. Le cynisme de ce gouvernement est tel qu'il faut qu'on l'arrête !

  • Posté par Deckers Björn, vendredi 7 décembre 2018, 20:07

    Il y a en effet un épisode qui semble improbable bien que cette crise surréaliste bien belge cumule déjà quelques surprises, dont le fait de voir la NVA avaler son chapeau après avoir promis qu'elle quitterait le gouvernement en cas de vote à majorité alternative, où si le premier se rendait à Marrakech. Le vote a eu lieu, en commission et en plénière (avec 107 sièges, un camouflet pour la NVA), Charles Michel ira quand même à Marrakech et mardi la NVA sera toujours au poste. Pendant ce temps, Charlie qui veut sauver sa coalition invente des concepts novateurs (il devrait breveter moi je dis), il ira "premier ministre" à Marrakech "à titre personnel". Il ira comme premier ministre de sa petite personne à lui tout seul quoi. On ne lui demanderait pas de payer son ticket d'avion? Avis aux gilets jaunes, la question s'impose. Mais il reste encore improbable de voir un premier ministre francophone demander au roi de révoquer les ministres du premier parti flamand qui plus est nationalistes et... républicains, l'image en effet serait spectaculaire et pour le coup nous offrirait un épisode de Noël amusant mais politiquement dévastateur. A priori, soit Charlie pense disposer de suffisamment de biscuits avec la note du 3 octobre (ou la NVA avant les communales donnait son accord au pacte qu'elle semble finalement n'avoir lu que le 15 octobre, bonjour le professionnalisme!!!) et le vote à la Chambre et il lance le vote à NY sur une base juridique fragile, nouvel épisode de la tragi-comédie, soit il va porter sa démission personnelle à Philippe la veille sans consensus renouvelé. Soit,... Et oui, soit. Le duo MR-NVA nous a concocté quelques surprises depuis le début de cette cricrise. Laissons leur cela, il ne manque pas de créativité surréaliste à la belge. La politique c'est brutal, pour la NVA, c'est parfois inhumain...

  • Posté par Leroy christian, vendredi 7 décembre 2018, 17:40

    Plus que jamais, 5 jour après le voyage du 1er à NY, le roi Philippe risque d'avoir difficile de trouver les mots pour son discours de Noël! Encore bien plus difficile que d'habitude! Noël, la fête de tous les hommes ... de bonne volonté! ;o)))

  • Posté par Leotard Marc, vendredi 7 décembre 2018, 17:18

    Monsieur Boumal, vous semblez confondre les termes « extrêmes », « populistes » et « non-démocratique ». Vous les interchangez pour dire « ceux que je n’aime pas ». Ce n’est pas très élégant, si c’est voulu, ni pertinent si c’est par manque de connaissance politique.

  • Posté par Van Obberghen Paul, vendredi 7 décembre 2018, 17:06

    @ Michel Boumal. Ça n'est pas tant que le MR se soit compromis avec la NVA, c'est qu'il s'est laissé berner dès le départ par la NVA qui n'oublie pas sa seule raison d'être: l'indépendance de la Flandre. En s'alliant avec le seul MR côté francophone et en le forçant dans une politique très à droite, la NVA affaibli son "partenaire" (dans lequel une bonne partie de l'électorat libéral social ne retrouve plus) et renforce son meilleur ennemi, le PS (et la gauche francophone en général). Ainsi, la NVA démontre que la Belgique est ingouvernable même avec les libéraux francophones, et d'éxiger dans la foulée le confédéralisme. Et le PS (&Co : PTB et Ecolo) pourrait bien être client, car cela lui permettrait de revenir au pouvoir en force aux régions (à défaut du fédéral) ET de mettre sur le dos des libéraux et de la NVA la fin innéluctable de la Belgique, qu'ils ne veulent pas (ouvertement) mais qui les arrangerait bien (en privé). Et de fait, si ce scenario se confirme, le MR aura bel et bien été complice de la NVA dans ses visées confédéralistes, prélude à l'indépendance de la Flandre. Alors, on espère que la complicité était bien involontaire, n'est-ce pas? C'est en cela que je dis que le MR s'est fait berné par la NVA dans sa promesse d'une législature sans communautaire (qu'elle ne tient pas jusqau'au boût). Mais on peut aussi bien craindre que le MR connaissait dès le départ le plan machiavélique de la NVA et y a adhéré en toute connaissance de cause dans l'idée d'une et peut-être même deux législatures sans le PS dans les pattes. Alors naïveté ou opportunisme court-termiste, lequel est pire? Reste que si tous les partis flamands hors NVA et Belang déclarent d'ici les prochaines élections qu'ils ne veulent pas le confédéralisme (voire demandent une refédéralisation de certaines compétences), la NVA l'a dans l'os, parce que même avec le Belang, il ne pourront pas faire de majorité, ni au fédéral, ni à la Région VL. C'est un espoir ténu, mais bon... Reste qu'on échappera pas au retour du PS, dans tous les cas de figure.

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