Amsterdam demeure un centr e actif du marché de l’art

Il va y avoir dix ans que la crise financière aura eu raison des ventes amstellodamoises. En effet, des dizaines de personnes furent remerciées ou déplacées et Sotheby’s ferma purement et simplement son siège hollandais. Quant à Christie’s, la purge fut presque aussi douloureuse, mais subsiste encore deux fois par an une vente d’art du XXe siècle. Non plus dans les locaux habituels, vendus, mais dans un espace loué pour l’occasion.

Middle market

La place d’Amsterdam était jadis pour les deux auctioneers le lieu de ventes pour l’Europe du Nord, soit principalement l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, de ce que l’on qualifie de « middle market », soit le marché de ce qui n’est pas indigne, mais pas digne non plus de Londres et encore moins de New York.

Si les départements correspondant aux arts décoratifs dont la clientèle a disparu, comme les porcelaines par exemple, étaient déjà passés à la trappe depuis longtemps, 2009 a consacré la nouvelle politique des grandes maisons internationales : priorité au haut de gamme que l’on s’arrache plus facilement que le moyen de gamme.

Cela étant, même sans atteindre des prix astronomiques, les œuvres d’art modernes et contemporaines attirent le chaland. Dès lors, pourquoi ne pas maintenir deux ventes par an pour capter des œuvres dont le prix oscille grosso modo entre 10.000 et 300.000 euros, même s’il y a bien entendu des exceptions ?

CoBrA

Cette « Tête bleue » de Karel Appel fut acquise contre 307.500 euros.
Cette « Tête bleue » de Karel Appel fut acquise contre 307.500 euros. - Christie’s

Depuis toujours, la place d’Amsterdam a été très active dans le négoce des œuvres du mouvement CoBrA, qui cette année fêtait le septantième anniversaire de sa création officielle. Une section de la vente lui était donc consacrée et c’est pour les artistes de ce groupe fondé en 1948 que les meilleurs prix furent atteints. Ainsi, le prix le plus élevé de la vente, soit 391.500 euros, va à un tableau peint entre 1950 et 1952 par Asger Jorn. Carré et mesurant 122 cm de côté, il avait préalablement été estimé entre 200.000 et 300.000 euros. À noter qu’une grande toile de Georg Baselitz peinte en 2007 réalisa la même performance. Mais revenons aux artistes CoBrA avec également un ex æquo à 307.500 euros pour deux œuvres prisées de façon égale, entre 250.000 et 350.000 euros, par ailleurs toutes deux dues aux pinceaux de Karel Appel. La première, intitulée La fleur et les oiseaux représente magnifiquement l’art de l’artiste, tout comme la seconde. Néanmoins, entre 1951, la date de la première, et 1953, celle de la seconde, intitulée tout simplement Tête bleue, l’on voit déjà poindre une évolution vers plus de matière. La période « historique » de CoBrA est déjà terminée depuis un an.

Belgique

Intitulée « Plus », cette acrylique sur papier marouflée sur toile par Pierre Alechinsky s’échangea contre 87.500 euros.
Intitulée « Plus », cette acrylique sur papier marouflée sur toile par Pierre Alechinsky s’échangea contre 87.500 euros. - Christie’s

Peu d’œuvres d’artistes belges étaient incluses dans la vente, si ce n’est bien entendu des créations de Pierre Alechinsky mises à l’honneur dans la section CoBrA. Cinq de ses œuvres étaient proposées et l’on offrit 87.500 euros pour deux d’entre elles, le prix le plus élevé atteint par le maître dans cette vente. L’une des deux était intitulée Plus, une acrylique sur papier marouflée sur toile estimée préalablement 60.000 à 80.000 euros. Pour le reste, des œuvres de Luc Tuymans et de David Claerbout ne trouvèrent pas amateur. Panamarenko, Marcel Broodthaers et Roger Raveel eurent par contre plus de chance.

 
 
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