La N-VA dévoile ses exigences, Charles Michel ne se «laisse pas intimider»

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La N-VA a fait connaître, ce lundi, ses exigences pour apporter son soutien au gouvernement qui subsiste sans elle. Elle d’abord demande que le budget soit voté. Ce budget a fait l’objet d’un accord cet été, au sein de la suédoise, et il est très important qu’il soit exécuté, notamment pour répondre aux obligations budgétaires de la Belgique vis-à-vis de l’Europe.

La N-VA demande aussi que le Jobs deal, qui doit permettre de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre soit mis en œuvre. La N-VA pose aussi des exigences en ce qui concerne le pacte migratoire. Le parti ne demanderait plus que la Belgique s’abstienne (le « oui » définitif de la Belgique doit être émis mercredi à New York), mais le parti aurait d’autres exigences du point de vue de la migration, exigences non détaillées à ce stade. Dans les interviews de ce week-end, les ténors de la N-VA avaient indiqué qu’ils exigeaient que la politique mise en œuvre au sein du fédéral ne soit pas remise en cause.

Des demandes en matière de réforme de l’Etat

Enfin, et c’est sans doute le point de plus délicat, la N-VA émet des demandes en matière de réforme de l’Etat. Car pour qu’une réforme de l’Etat soit entreprise sous la prochaine législature, il faut que les articles à réviser soient désignés avant la dissolution des chambres. Sans cette liste, il n’y a pas de réforme de l’Etat.

Charles Michel a déjà réagi à ces exigences. « Je ne me laisserai pas intimider par le chantage de la N-VA à propos du vote du budget », a affirmé lundi le Premier ministre Charles Michel, sous-entendant que le parti conditionne son approbation du budget à ses autres exigences. « Le budget a été approuvé en commission et soutenu par le ministre des Finances » en fonction au moment des discussions – le N-VA Johan Van Overtveldt –, a-t-il rappelé, ajoutant « qu’aucun euro n’a changé » par rapport au projet. « La N-VA conditionne son vote soit à l’acceptation d’élections anticipées et donc a une longue période d’immobilisme, soit à la fuite en avant confédérale. Dans les deux cas ses conditions sont inacceptables », a encore affirmé le Premier ministre.

Le Premier ministre sera interpellé ce mardi à la Chambre. Une motion de méfiance pourrait être déposée contre son gouvernement.

Crise gouvernementale: les libéraux ne croient plus guère au soutien de la N-VA sur le budget

Par Martine Dubuisson

©Belga
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Durant le week-end, le Premier ministre a poursuivi ses contacts informels pour tenter d’obtenir des soutiens extérieurs à son gouvernement minoritaire « orange bleue ». Des contacts avec la N-VA essentiellement, dont Charles Michel espérait qu’elle soutienne le budget 2019 (qui doit être voté jeudi en séance plénière du parlement), puisque les nationalistes flamands l’ont déjà approuvé en gouvernement suédois et en commission.

Las pour lui, au terme de ces contacts, les libéraux ne croient manifestement plus que le parti de Bart De Wever approuvera le budget 2019. C’est ce qui ressort du bureau de parti tenu ce lundi matin. Les nationalistes posent en effet trop de conditions à leur soutien gouvernemental, notamment un soutien institutionnel : ils veulent ouvrir à révision le ou les articles de la constitution qui permettraient une nouvelle réforme de l’Etat sous la prochaine la législature. « Et cela, nous affirme un bleu, nous ne l’accepterons pas. » Et d’ajouter : « Notre sentiment est donc que la N-VA ne votera pas le budget. Elle s’engouffre désormais dans la brèche institutionnelle pour refaire du communautaire. Mais on ne va pas céder là-dessus. »

Or, c’était sur le budget que le MR espérait le plus obtenir l’appui de la N-VA. Jeudi est en effet considéré comme une journée cruciale. Ensuite, l’idée était de rechercher des soutiens chez les verts ou les humanistes sur d’autres dossiers, climatique notamment.

À présent, et sous réserve d’ultime rebondissement, ce sont donc les scénarios des affaires courantes ou des élections anticipées (prônées par la N-VA) qui semblent tenir la corde.

 
 
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