Crise gouvernementale: le roi Philippe tient la démission de Charles Michel en suspens

Le Roi consultera mercredi les présidents de parti après avoir annoncé mardi soir qu’il tenait en suspens la démission du gouvernement fédéral. Il tâchera en principe d’éclaircir la situation politique d’ici jeudi, quand aura lieu une nouvelle séance plénière de la Chambre.

Une question doit être résolue: des élections fédérales anticipées seront-elles convoquées ou le gouvernement se maintiendra-t-il, en principe sous la forme des affaires courantes moyennant des initiatives parlementaires, d’ici le 26 mai, date prévue des élections fédérales, régionales et européennes?

Interpellé à la Chambre mardi à la suite de la démission de la N-VA, le Premier ministre, Charles Michel a tenté d’ouvrir une voie étroite entre la constitution d’une nouvelle majorité, illusoire à 6 mois des élections, et des élections anticipées en février. Il a proposé au parlement une «feuille de route» reposant sur trois champs d’action: pouvoir d’achat, sécurité, climat. Sur le premier thème, il s’est dit ouvert sur toute une série de sujets: taxation de l’énergie (à propos de laquelle il n’a pas exclu une baisse de la TVA), fins de carrière, marché de l’emploi, réforme des pensions, utilisation de l’ensemble de l’enveloppe bien-être, sans oublier la concertation sociale.

Vers des élections anticipées  ?

Après la rupture avec la N-VA, l’appel visait clairement les partis du centre et de la gauche. Ceux-ci ont renâclé. L’engagement leur a paru trop vague, limité à l’énumération de quelques sujets. Et un tweet de la présidente de l’Open Vld, l’un des trois partis de la coalition orange-bleu, a un peu plus miné la confiance de l’opposition: Gwendolyn Rutten y disait l’attachement de son parti à achever le travail de l’ex-majorité suédoise sur le budget et le jobsdeal.

A 19h30, à la reprise de la séance plénière de la Chambre, les socialistes, rejoints par les écologistes, s’apprêtaient à déposer une motion de méfiance qui laissait au gouvernement 48 heures pour préciser ses intentions. Ils n’en ont pas eu le temps. M. Michel a demandé à prendre la parole et a annoncé qu’il se rendait de ce pas chez le Roi pour présenter sa démission. Un cas qui ne s’était plus présenté depuis 40 ans et la démission de Leo Tindemans après le Pacte d’Egmont.

Depuis le 8 décembre et le départ des ministres N-VA, le gouvernement fédéral ne tenait plus qu’à un fil. Il aura toutefois fallu attendre dix jours pour que la démission soit présentée au Roi et que ne commence la liturgie habituelle de la crise, avec la consultation des présidents de parti.

L’organisation d’élections anticipées paraît peu probable. La majorité des partis politiques se montrent jusqu’à présent très frileux, à l’exception notable de la N-VA qui dit ne pas les craindre. Sont-elles pour autant exclues? Tout le monde est désormais passé en «mode électoral», confiait-on mardi soir dans un cabinet ministériel.

>Crise gouvernementale: Charles Michel annonce sa démission à la Chambre

>Charles Michel n’a pas convaincu : les réactions des politiques

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