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Oui, l’adoption du Pacte migratoire de l’ONU valait bien une crise

Migration : on a voté, parlons-en !

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Hier soir à Bruxelles, tout le monde semblait soudain s’en moquer comme de colin-tampon. Et pourtant... Imaginez la scène. L’hémicycle des Nations unies à New York, mercredi soir, au moment du vote du « Global Compact for Migration », avec la Belgique dans le groupuscule des cinq pays qui votent « non ». Ou, si on en croit les secrets d’alcôve politiques version N-VA, dans le groupe des 12 pays qui se sont abstenus. Ou, version lâche, « oubliant » comme 24 autres d’appuyer sur le bouton…

Mais non, rien de tout cela. Cette honte nous a été épargnée : notre pays figurait hier dans le camp des 152 « oui » au pacte migratoire. Et qu’on arrête de faire croire qu’il s’agit de 152 dangereux naïfs ou de criminels partisans des frontières ouvertes, autorisant une « invasion ». Cette vision du pacte toujours aujourd’hui déversée par les partis d’extrême droite et les populistes, le Vlaams Belang et la N-VA en Belgique, relève de la propagande mensongère et, plus grave, torpille l’un des mécanismes qui permet non pas de faire exploser la migration, mais de la réguler. Le pacte est un outil pour gérer les flux, pas un laissez-passer.

Et donc, oui, l’adoption de ce pacte, qui ne suscitait hier chez nous qu’un grand silence, valait bien une crise. Le seul regret aujourd’hui est que le débat public belge sur ce texte ait eu lieu en fin de course, plombé, perverti et dénaturé par la guerre de communication menée contre lui depuis le camp nationaliste.

Rappelons donc : la véritable vertu de ce pacte, au contenu pour le reste assez vide, est d’acter 1) que la migration est de fait un problème qui se pose au monde et 2) qu’il se résout, mais en coopération, et jamais seul.

Quoi ? Les flux migratoires, cela se gère ? Oui, et pas en dressant des murs. Deux exemples récents sont venus le montrer. En Allemagne, c’est le patronat qui vient de saluer le « wir schaffen das » auquel il ne croyait pas : il loue l’adaptation de la main-d’œuvre « réfugiée » et demande un assouplissement des procédures d’accueil. En Hongrie, où le manque de main-d’œuvre est également criant, on résout le problème par l’absurde en faisant voter une loi qui prévoit un quota d’heures de travail « gratis » pour la population « d’origine », histoire de ne pas recourir à l’apport d’étrangers. Les experts n’ont cessé de le répéter depuis des mois : le monde occidental a besoin des migrants pour combler son déficit démographique. D’où la nécessité d’une politique migratoire ordonnée et coordonnée.

Osons ce débat ouvert, sans tabou, adulte avant les élections : la migration est un sujet qui mérite des arguments, des confrontations. Le monde politique ne doit pas ignorer les questions légitimes des citoyens ou plaquer des solutions morales, politiquement correctes ou caricaturales. La Belgique francophone est d’ailleurs le lieu parfait pour s’y risquer : notre espace public ne sera pas directement pollué en campagne par les outrances des extrêmes et des nationalistes. C’est une occasion rêvée de montrer que le politique traite les citoyens avec respect, comme des adultes responsables, qu’ils sont : ne la ratons pas.

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22 Commentaires

  • Posté par Raurif Michel, vendredi 21 décembre 2018, 17:40

    Non, madame Delvaux le pacte sur l’immigration ne vaut pas une crise gouvernementale. Il aurait été de loin préférable, que la Belgique refuse de signer ce pacte. Je ne vous ferai pas l’insulte de vous demander ce qui signifie « non contraignant ». Les immigrés, madame n’apportent que deux choses, dont le pays se passerait volontiers à savoir les dépenses inutiles et de la délinquance, regardez nos prisons. Vous en faite une huitième merveille du monde, tragique erreur. Que vous enchantiez le patronat allemand pour la soi- disant grande vue de la chancelière en matière immigration, attendez le ressac ! A la fin des années soixante, lorsque les syndicats belges ont attiré l’attention du gouvernement sur la présence de tous ses travailleurs immigrés, le Patronat d’une seule voix : NON, voici une main d’œuvre très bons marché, exploitons là et gardons là précieusement !! On a vu ce qu’il est advenu !!! Ceci écrit, j’habite dans une rue où tous mes voisins sont des immigrés des années soixante, ce sont des gens très bien et je suis d’être leur voisin !

  • Posté par Albrecht De Schrijver, vendredi 21 décembre 2018, 9:42

    NON Un refus était justifiée, à la rigueur une abstention, compromis entre les pours et les contres. Parce que, à coté du but louable, ce pacte risque de nous coûter fort cher. Les 23 objectifs commecent par "we commit" (nous nous engageons); ces engagements sont détailles dans 200 buts qui répètent "we elaborate and implement" (=nous élaborons et établissons..." Avec 113 fois le mot "droit" (pour les émigrants) et 7 fois seulelent le mot "obligation". La grande majorité des engagements concerne les pays d' arrivée et une minorité seulelent les pays de départ. Quelques exemples : -"formmer les prestataires de sioins de santé pour qu' ils fassent cas des spécificités cukturelles.." Donc des cours. Et l' acceptatioin de nombre de cultures fort différentes dont certaines sont contraires à la notre, vois même inacceptables. - "organiseer des formations spécialisées..à l' intention des premiers intervenants..". Encore des cours pour les polliciers. - "renforcer les capacités consulaires..." Donc plus de personnel dans les consulats Etc.. Le pacte n' est pas obligatoire ? Non, pas avec la force d' une loi. Mais les engagements risquent de tourner en obligatiions. Le prof. Stéphane Beaulac (Univ.Montréal) et d' autres légistes : "y adhérer n' est juridiquement pas sans conséquences; un juge pourrait bien interpréter le droit interne.." Il y a incontestablement un très grand risque d' un coût élevé. En soutien de Mme Dekvaux : " ce pacte mérite un débat public, sans tabou...mais sur le texte. Osons-nous peser le pour et le contre ?

  • Posté par Albrecht De Schrijver, vendredi 21 décembre 2018, 9:30

    NON Un refus était justifiée, à la rigueur une abstention, compromis entre les pours et les contres. Parce que, à coté du but louable, ce pacte risque de nous coûter fort cher. Les 23 objectifs commecent par "we commit" (nous nous engageons); ces engagements sont détailles dans 200 buts qui répètent "we elaborate and implement" (=nous élaborons et établissons..." Avec 113 fois le mot "droit" (pour les émigrants) et 7 fois seulelent le mot "obligation". La grande majorité des engagements concerne les pays d' arrivée et une minorité seulelent les pays de départ. Quelques exemples : -"formmer les prestataires de sioins de santé pour qu' ils fassent cas des spécificités cukturelles.." Donc des cours. Et l' acceptatioin de nombre de cultures fort différentes dont certaines sont contraires à la notre, vois même inacceptables. - "organiseer des formations spécialisées..à l' intention des premiers intervenants..". Encore des cours pour les polliciers. - "renforcer les capacités consulaires..." Donc plus de personnel dans les consulats Etc.. Le pacte n' est pas obligatoire ? Non, pas avec la force d' une loi. Mais les engagements risquent de tourner en obligatiions. Le prof. Stéphane Beaulac (Univ.Montréal) et d' autres légistes : "y adhérer n' est juridiquement pas sans conséquences; un juge pourrait bien interpréter le droit interne.." Il y a incontestablement un très grand risque d' un coût élevé. En soutien de Mme Dekvaux : " ce pacte mérite un débat public, sans tabou...mais sur le texte. Osons-nous peser le pour et le contre ?

  • Posté par Albrecht De Schrijver, vendredi 21 décembre 2018, 9:05

    NON, il fallait un refus, à la rigueur une abstention, compromis entre les pours et les contres. Oui, le but de ce pacte était fort positif. Mais il est aussi plein de risques. Chacun des 23 objectifs commence par "we commit" =(nous nous engageons...); ils précisent régulièrement "we elaborate and implement" (=nous élaborons et établissons) un total de 200 buts. Dans lesquels le mot "droits" (pour les émigrants) figure 113 fois, et le mot "obligation" 7 fois seulement. La grande majorité des engagements concerne les pays de destination, une minorité les pays de départ. Quelques exemples des 200 engagements : -renforcer les capacités consulaires afin d' identifier, de protéger et d' assister..." (=plus de personnel dans tous nos consulats ?) -"...organiser des formations spécialisées...à l' intention des premiers intervenants..." (donc un cours pour tous les policiers...) -"former les prestataires de soins de santé pour qu' ils fassent cas des spécificités culturelles...". Donc encore des cours. Et accepter nombre de cultures différentes y compris celles qui sont contradictoires à la notre, voir même inacceptables. Ce pacte n' est pas obligatoire ? Non, pas avec la force d' une loi. Mais les engagements peuvent tourner en obligations. Suivant le prof.Stéphane Beaulac (univ. Montréal) et d' autres légistes : "y adhérer n' est juridiquement pas sans conséquences : un juge pourrait bien interpréter le droit interne.." Bref, en soutien de Mme Delvaux : ce pacte mérite un débat public, sans tabou, avec des arguments...mais sur le texte ! :OSONS-NOUS peser le pour et le contre ?

  • Posté par Theys Jos, jeudi 20 décembre 2018, 22:39

    à Van Obberghen Paul. Félicitations d'avoir lu le texte. En effet le pacte n'est pas contraignants comme "ceci n'est pas une pipe". Si vous aviez écouté les 6 "experts" au parlement vous sauriez que les juges peuvent s'appuyer sur ces textes. J'ai ouvert les yeux quand j'ai vu les images des centaines de jeuns africains franchir les clotures autour de Cueta (Espagne). Ce pays n'a pas pu renvoyer ces intrus car il fallait prouver que leur pays natal était secure. Hors, personne n'avais des papiers. La preuve n'as donc pas pu être livré. Ces migrants enrichissent maintenant l'Espagne. Bientot ils font venir leurs familles et ils auront droit à toutes les bonnes choses auquelles l'Espagne c'est engagé en votant le pacte.

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