«Malaisant» sacré nouveau mot de l’année par les lecteurs du «Soir»

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«Malaisant» sacré nouveau mot de l’année par les lecteurs du «Soir»

M alaisant », donc ! Au cours des derniers mois, l’adjectif a fleuri et s’est imposé comme un incontournable des conversations des moins de 20 ans. Est malaisant par exemple un événement auquel on assiste, un film, le regard d’une personne… Est malaisante une situation, une image, une émission de télévision. En choisissant ce terme à une très large majorité – 790 suffrages sur 2.256 – comme mot de l’année 2018, les lecteurs du Soir ont plébiscité cet essaimage dans la langue.

Pour Michel Francard, linguiste de l’UCL, chroniqueur dans ces colonnes et président du jury du nouveau mot de l’année, la fortune de malaisant tient à son caractère « aisément compréhensible et facile à retenir ». « En matière d’innovation lexicale, les jeunes jouent un rôle important, souligne Michel Francard. Le succès de malaisant l’illustre une nouvelle fois. De façon plus générale, je dirais que le terme a aussi l’avantage d’être bien en phase avec les temps que nous vivons, marqués par l’incertitude, la précarité, la violence. D’où le profond malaise que cela engendre dans notre société », ajoute-t-il.

Après le succès de « Brexit » en 2016, puis celui de « fake news » en 2017, le choix de malaisant tempère la domination des anglicismes dans les classements de fin d’année. Il est à noter à cet égard que le terme est d’abord apparu au Québec où il s’est implanté avec la signification qu’on lui connaît désormais de ce côté de l’Atlantique. A l’époque, plusieurs linguistes s’étaient interrogés sur cet usage neuf avant de conclure notamment qu’il était lié à une économie, à une ellipse dans le jargon : il est en effet plus rapide et plus direct d’employer malaisant que de parler de situations «  qui créent un malaise » ou qui « mettent mal à l’aise ». « La diffusion de malaisant de ce côté de l’Atlantique est presque un retour aux sources, explique pour sa part Michel Francard. A l’origine de cet adjectif, il y a le verbe malaiser qui signifie “incommoder, gêner, tourmenter”. Il était connu dans l’ancienne langue française et il a survécu jusqu’à l’époque moderne dans certaines régions de France. »

► Retrouvez plus d’informations sur la suite du classement ainsi que les mots de l’année à l’étranger sur le Soir+.

«Malaisant» sacré nouveau mot de l’année par les lecteurs du «Soir»: voici le top 10

«Malaisant» sacré nouveau mot de l’année par les lecteurs du «Soir»: voici le top 10

Le mot «malaisant» a été sacré nouveau mot de l’année par les lecteurs du «Soir». L’adjectif a fait la course en tête et s’impose finalement loin devant « infox » et « remontada ».

► Voici le nouveau mot de l’année!

Le classement final

1. Malaisant [adj.] Qui suscite un malaise. 790 votes.

2. Infox [n. f.] Information mensongère et délibérément biaisée, diffusée dans les réseaux sociaux, les médias, etc. 233 votes.

3. Remontada [n. f.] Action de rattraper son retard au score (au football, au basket-ball), dans une course de vitesse, dans des sondages, etc. 212 votes.

4. Disruption [n. f.] Stratégie qui mise sur la rupture avec les conventions qui régissent les marchés, les entreprises, les modes de décision politique, pour faire émerger des visions inédites et innovantes. 208 votes.

5. Cisgenre [adj.] Qualifie une personne dont l’identité de genre est en concordance avec le sexe biologique qui lui a été reconnu à sa naissance. 177 votes.

6. Agile [adj.] Qualifie une entreprise, une institution, une personnalité dotée d’une grande capacité d’adaptation et de réactivité. 175 votes.

7. Instagrammable [adj.] Qualifie un lieu (hôtel, restaurant, boutique, paysage, etc.) dont la photo est susceptible de devenir virale une fois postée sur le réseau social Instagram. 166 votes.

8. Collapsologie [n. f.] Étude systémique et multidisciplinaire de l’effondrement des civilisations industrielles et de ce qui en résulte. 153 votes.

9. Plogging [n. m.] Pratique du jogging qui combine la course à pied et le ramassage des déchets rencontrés. 74 votes.

10. Glottophobie [n. f.] Discrimination fondée sur des traits linguistiques (accent, prononciation, choix lexicaux, etc.). 68 votes.

Sur un total de 2.256 votes.

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