Didier Reynders candidat au Conseil de l’Europe: «C’est une opportunité»

Didier Reynders candidat au Conseil de l’Europe: «C’est une opportunité»

Le ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et – depuis un mois – de la Défense, Didier Reynders (MR), s’est déclaré candidat comme secrétaire général du Conseil de l’Europe, une fonction qui sera vacante le 1er octobre prochain, a-t-il indiqué lundi à l’agence Belga, confirmant une information de la VRT.

« La procédure est en cours, je me suis décidé. C’est fait, c’est en ordre », a-t-il affirmé, tout en prévenant que cette candidature serait examinée par les 47 membres du Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg, en vue d’une décision en juin prochain.

« C’est une opportunité qui peut se présenter », a ajouté le chef de file du MR bruxellois. « Cela dépendra des élections », a-t-il poursuivi en faisant référence aux scrutins législatifs, régionaux et européens du 26 mai prochain.

Le second mandat de l’actuel secrétaire général, l’ancien Premier ministre norvégien Thorbjørn Jagland, expire fin septembre.

Selon la VRT, M. Reynders a introduit sa candidature – pour laquelle la date limite est le 10 janvier, soit jeudi – la semaine dernière. Deux candidats seraient en lice pour présider aux destinées de la plus ancienne organisation continentale de défense des droits humains et de la démocratie, fondée le 5 mai 1949 par le traité de Londres.

Crises

Le chef de la diplomatie belge a indiqué avoir été approché par plusieurs de ses collègues du Conseil de l’Europe. Il a aussi rappelé avoir beaucoup travaillé au cours des trois dernières années pour la mise sur pied – tant au sein de l’Union européenne qu’au sein de «  l’Europe des 47 » – d’un système d’analyse de l’Etat de droit.

Il a suggéré en février 2016 d’instaurer, au sein de l’UE, une revue annuelle de la situation de l’Etat de droit et des libertés individuelles dans les Etats membres – à l’image de ce qui se fait pour mesures les performances économiques et budgétaires des Etats-membres –, pour contrer toute dérive par rapport aux valeurs de l’UE.

Quant au Conseil de l’Europe, il fait en effet face à une triple crise, selon une expression utilisée par M. Reynders lui-même en mai dernier. Une crise à la fois « éthique », avec l’affaire de corruption qui ternit son Assemblée parlementaire (APCE), « politique, avec la permanence de conflits non résolus et l’avènement de nouveaux foyers de tensions géopolitiques », mais aussi « financière », avec le non-paiement de sa contribution par la Russie, sanctionnée pour l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mai 2014 et le conflit dans le Donbass, et la réduction abrupte de la sienne par la Turquie.

Certains Etats en particulier l’Azerbaïdjan, refusent en outre d’appliquer des décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

M. Reynders avait évoqué la création d’un « groupe de ministres » pour trouver des solutions.

La Belgique avait assuré de novembre 2014 à mai 2015 la présidence tournante du Comité des ministres du Conseil.

 
 
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