Les chefs-d’œuvre du passé continuent de passionner

Cette vue panoramique de Haarlem par Jacob Van Ruysdael a été acquise contre 2.650.000 livres.
Cette vue panoramique de Haarlem par Jacob Van Ruysdael a été acquise contre 2.650.000 livres. - DR

L’on connaît le manque d’intérêt, voire l’aversion, de nombre de nos contemporains pour l’art ancien. Un phénomène qui n’est hélas pas nouveau et qui ne risque pas de s’inverser, mais qui fort heureusement n’atteint pas les hautes sphères du marché de l’art. Les ventes londoniennes de ce début du mois de décembre l’ont encore démontré et c’était l’effervescence qui régnait dans la capitale britannique ces 5 et 6 décembre derniers. De quoi conclure que les pièces rares séduisent toujours les collectionneurs et que les œuvres des écoles du Nord (Pays-Bas du Nord et du Sud – nos régions ! – et Allemagne) continuent à être recherchées.

New Bond Street

Ce « jeune homme figurant le Christ » par Rembrandt, estimé entre 6 et 8 millions de livres sterling, changea de mains contre un peu moins de 9,5 millions de livres.
Ce « jeune homme figurant le Christ » par Rembrandt, estimé entre 6 et 8 millions de livres sterling, changea de mains contre un peu moins de 9,5 millions de livres. - DR

Chez Sotheby’s, le meilleur prix de la soirée va à une esquisse, une huile sur panneau peinte par Rembrandt. De petites dimensions, environ 25,5 par 20 cm, elle représente la tête et les mains jointes d’un jeune homme figurant le Christ. Estimée entre 6 et 8 millions de livres sterling, elle changea de mains contre un peu moins de 9,5 millions de livres et elle contribue à elle seule à presque un tiers du produit total de la vente qui dépasse de peu les 30,2 millions de livres. Elle appartenait à la même famille depuis 1956 et était sans conteste l’événement de cette semaine de vente.

Il faut bien entendu descendre de quelques millions pour rejoindre le deuxième meilleur résultat de la vente, qui va à une magnifique vue panoramique de Haarlem depuis la campagne environnante captée par les pinceaux de Jacob Van Ruysdael au troisième quart du XVIIe siècle. Deux tiers de la composition sont consacrés à un ciel encombré de nuages. Estimée entre 1,5 et 2 millions de livres cette toile a été acquise contre 2.650.000 livres.

Ecole du Nord toujours avec ce portrait du futur Charles II, alors prince de Galles, par Antoon Van Dijck qui trouva un nouveau propriétaire pour 30.000 livres de moins. Le portrait de sa cadette d’un an seulement, Mary, princesse royale, qui deviendra par mariage princesse d’Orange et sera l’infortunée mère du successeur de ses frères, William III, était également proposé.

King Street

Ce portrait du futur Charles II, alors prince de Galles, par Antoon Van Dijck trouva preneur contre 2.620.000 livres.
Ce portrait du futur Charles II, alors prince de Galles, par Antoon Van Dijck trouva preneur contre 2.620.000 livres. - DR

Si ce portrait par Sotheby’s était considéré comme partiellement une œuvre de l’atelier de Van Dijck, ce qui lui valut un prix final de 790.000 livres proche de son estimation haute, un autre portrait de la même altesse royale, considéré celui-là comme autographe, faisait la couverture du catalogue de Christie’s. Il fut acquis contre un peu moins de 5,9 millions de livres, conformément à son estimation basse.

Quant au meilleur prix de la soirée, il alla à une grande toile représentant les proverbes flamands, un tableau dû aux pinceaux de Pieter Bruegel le Jeune. Les œuvres de ce dernier étant principalement appréciées sur panneau, l’estimation était prudente et courait entre 3,5 et 5,5 millions de livres. Un amateur la paya un peu plus de 6,3 millions, contribuant ainsi à un produit de total de vente de 20.851.750 livres.

Cela étant, c’est une peinture anglaise qui créa la surprise. En effet, le portrait de Lady Selina Meade par Sir Thomas Lawrence, un cadeau de ce dernier au frère du modèle qui demeura dans la famille jusqu’à la vente de décembre, atteignit près de 2,3 millions de livres, soit presque le double de son estimation haute. Et dire que l’on considère les portraits comme difficiles à vendre ! Mais il faut être de bon compte, Lady Selina était bien de sa personne. Quant aux deux portraits de Van Dijck, ils représentaient des figures historiques et étaient peints avec tout le talent que l’on reconnaît au maître…

Le 5 décembre 2018, une livre valait 1,12 euro.

 
 
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