2019 sera digitale ou ne sera pas…

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A l’IPI, on estime que si la gigitalisation est nécessaire, rien ne remplace la notion de services que tout agent immobilier doit développer pour se distinguer de la concurrence.
A l’IPI, on estime que si la gigitalisation est nécessaire, rien ne remplace la notion de services que tout agent immobilier doit développer pour se distinguer de la concurrence. - D.R.

Le 1er janvier, l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI) a entériné plusieurs changements de taille pour l’exercice de la profession d’agent immobilier en Belgique. Parmi ceux-ci, un pan important concerne la digitalisation, principalement celle axée sur le stage qui donne l’accès à la profession.

Jusqu’à présent, les outils informatiques mis à la disposition des stagiaires étaient insuffisants. C’est pourquoi l’Institut a développé un outil interne entré en fonction avec l’an neuf. Il permet notamment aux stagiaires de numériser tous les documents nécessaires à la fin de leur stage ou de bénéficier d’un agenda personnalisé où ils peuvent noter, au jour le jour s’ils le souhaitent, toutes les tâches qu’ils entreprennent pendant toute la durée de leur stage. Le nouvel outil permet également d’implémenter des fenêtres de rappel quand, par exemple, des documents n’ont pas été remis dans les temps.

Bref, l’IPI a décidé de passer à la vitesse supérieure dans un domaine qui deviendra complètement incontournable à l’avenir, s’il ne l’est déjà. « Nous avons également modernisé le test de compétences que le stagiaire passe avant de faire son stage, insiste Nicolas Watillon, le vice-président de l’IPI. Il est aujourd’hui devenu un réel test de connaissances qui doit lui permettre de savoir où il en est exactement et de connaître les points sur lesquels il doit insister pendant sa formation. Des tests informatiques sont désormais couplés au stage en lui-même et tout est rassemblé sur une seule et même plateforme. »

Mais qui dit digitalisation dit aussi nécessité – pour ne pas écrire obligation – pour les agences immobilières de proposer à leurs clients un bon site internet et une présence importante sur les réseaux sociaux, moyens de communication cruciaux auprès des jeunes notamment.

La thématique a d’ailleurs été abordée lors du dernier Congrès annuel de Federia à Spa, en octobre. Les agents immobiliers ont été avisés du fait qu’un Belge sur trois va une fois par mois sur un site immobilier. C’est énorme. Beaucoup ont encore en tête les propos tenus par Chrystelle Charlier, spécialiste en marketing pour l’immobilier. « L’immobilier fait rêver, dit-elle en substance. Sur vos réseaux sociaux et votre site, faites rêver vos visiteurs, offrez-leur du contenu divertissant, montrez ce que vous faites, laissez-les entrer dans le quotidien de votre équipe, donnez-leur la possibilité de vous connaître. Car le jour où ils auront décidé de vendre, louer ou acheter, ils se tourneront vers vous, leur ami… »

Mais de la théorie à la réalité, il y a un pas difficile à franchir, surtout pour les agents plus âgés. « Comme dans tous les métiers, l’immobilier est peuplé de gens qui ont pris le train en marche, d’autres qui tentent de monter dedans tant bien que mal et d’autres encore qui ne saisissent toujours pas la nécessité d’être présent sur les réseaux sociaux ou sur internet, constate Nicolas Watillon. Mais une chose est sûre, et j’insiste là-dessus : un site internet, aussi excellent soit-il, n’est qu’un bon moyen de communiquer. Mais il ne remplacera jamais les services que tout agent doit désormais proposer à ses clients. Avoir une parfaite connaissance de son métier, apporter une plus-value en termes d’évaluations des biens ou de renseignements et d’infractions urbanistiques, voilà ce qui sera toujours plus fondamental à l’avenir pour qu’un agent se distingue de la concurrence. »

Avec 10.356 agents immobiliers (au 31 octobre 2018) recensés par l’IPI, soit un agent pour 1.000 habitants, la Belgique affiche une proportion identique à celle enregistrée dans des pays où la profession n’est pas réglementée, comme la France ou les Pays-Bas. Le chiffre est d’ailleurs à la hausse depuis plusieurs années même si un certain tassement semble se dessiner pour le futur. Il oblige en tout cas les professionnels à se spécialiser pour se démarquer des « collègues » et faire la différence.

D’autant que la digitalisation possède son revers de la médaille. « Elle poussera toujours davantage celui qui recherche un appartement ou une maison à se passer d’un agent immobilier et à travailler seul, argumente ainsi le vice-président. L’ubérisation guette la profession d’agent immobilier même si c’est un leurre de croire qu’on peut tout faire tout seul. Mais au Québec, on voit par exemple que 30 % du marché immobilier passe par une société de services (NDLR : qui appartient à un groupe de presse), laquelle dispense aux clients des informations en matière de communication, de vente, de rédaction d’un compromis et bien d’autres choses encore. Le client préfère passer par elle plutôt que par un agent immobilier. Attention donc… »

Pour le reste, 2018 a été, pour l’IPI, une année pétillante et plutôt positive à bien des égards. Parmi les bons points à relever, on pointera l’assurance RC professionnelle obligatoire désormais couplée à la cotisation des membres. En payant sa cotisation annuelle, l’agent immobilier s’acquitte automatiquement de son assurance, sans quoi l’agréation n’est pas délivrée. « Même si certains avaient parfois un meilleur tarif auprès de leur courtier, cette mesure a été globalement bien perçue par la profession », conclut Nicolas Watillon.

Agents illégaux: la lutte continue

Par Nina Closson

Il est actuellement impossible de connaître le nombre exact d’agents immobiliers illégaux en Belgique. D’autant que certains emploient toutes les ruses pour poursuivre leur activité illégalement malgré une traque facilitée par les nouvelles technologies.

A l’IPI, la prévention passe d’abord par l’information auprès du grand public. Pour Nicolas Watillon, « le consommateur doit savoir que le métier d’agent immobilier est un métier protégé tenu par des obligations professionnelles, un cadre juridique, une assurance professionnelle et donc par une sécurisation de son intervention. Il existe également l’obligation de formation continue tout juste renforcée avec le nouveau code de déontologie entré en vigueur le 1er janvier où le nombre d’heures de formation a été revu à la hausse ».

La liste des agents immobiliers agréés est disponible sur le site de l’IPI via un moteur de recherche dont l’usage est simple. S’il est aussi important de lutter contre ces illégaux, c’est principalement pour protéger le consommateur. « Si celui-ci passe par quelqu’un qui n’est pas agréé, il n’a aucune garantie et n’est pas assuré en cas de manquement professionnel, expose le vice-président de l’IPI. Alors que si un agent immobilier commet une faute, le consommateur est protégé et peut bénéficier d’une couverture financière en cas de manquement. On parle parfois d’immobilier en centaines de milliers d’euros. »

Des chiffres stables

Entre 500 et 600 dossiers ont été ouverts en 2018. Un nombre resté stable ces dernières années. Lorsqu’un faux agent immobilier est identifié par l’IPI, plusieurs alternatives se proposent à lui. « Une grande partie des manquements sont solutionnés par des personnes qui se mettent en ordre en suivant les formations et en s’inscrivant comme stagiaire. Une autre met un terme à son activité et une minorité des dossiers termine devant les tribunaux pour aboutir vers des condamnations d’ordre souvent financier mais qui peuvent aller jusqu’au pénal », précise Nicolas Watillon.

La traque aux faux agents immobiliers existe depuis la création de l’IPI en 1995 bien que la profession d’agent immobilier, elle, bénéficie d’une reconnaissance depuis 1993. Pour lutter contre ces faux agents, l’IPI dirige un service de dépistage constitué de détectives privés de terrain chargés de constater un éventuel exercice illégal de la profession. Ces enquêtes se basent sur des plaintes ou se font spontanément via l’envoi de détectives privés dans des salons ou autres lieux d’exposition.

Il arrive également que des privés, après avoir été contactés par un soi-disant agent immobilier, s’interrogent sur le fait qu’il soit ou non agréé. Le signal d’alarme peut aussi être émis par des confrères. Une traque qui n’en finit pas…

 
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