Martinuzzi (re)devient le coach de Nikiforov

@ADH SPORTFOTOGRAFIE
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C’est dans la logique des événements. Il fallait juste laisser le temps au temps, c’est-à-dire encadrer et définir les activités programmées et signer les contrats.

Licencié par l’aile francophone de judo (FFBJ) le 19 octobre dernier, Damiano Martinuzzi (38 ans) est, depuis cette semaine, le coach personnel de Toma Nikiforov, notre champion d’Europe -100 kg, passé sous pavillon néerlandophone au moment des réveillons de fin d’année.

« Le contrat que je viens de signer va jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Il inclut la préparation technique et physique de Toma et le coaching sur la chaise » précise Damiano… qui n’avait jamais vraiment lâché Toma, empêtré dans une longue et douloureuse rééducation physique et psychologique depuis son opération en août dernier suite à une rupture du ligament croisé du genou droit.

« Toma voyait le kiné tous les jours et on faisait un programme physique adapté avec notamment de la boxe. Toma n’a jamais été autant présent à l’armée puisqu’on avait deux séances par jour à l’Ecole Royale Militaire où l’on bénéficiait des installations de l’armée pour faire de la natation, de l’escalade, de la muscu et un tout petit peu de judo. Pour le travail spécifique, il traversait la rue pour aller au dojo du Crossing Schaerbeek, son club. »

Pour la première fois, Damiano revient librement sur son départ précipité du staff des coaches francophones : « C’était le 18 octobre, je conduisais le minibus des athlètes francophones au retour d’un stage à Papendaal, aux Pays-Bas. La première chose que j’ai faite ? Prendre le premier parking et passer le volant à Fredo (NDLR : Georgery) puisque je ne faisais plus partie du personnel francophone. C’est à l’arrivée, sur le parking de Louvain-la-Neuve, que j’ai annoncé la décision au groupe. Ma petite personne n’avait alors pas d’importance, je leur ai dit ‘Pensez d’abord à vous. Votre carrière ne dépend que de vous’. Ce n’est jamais qu’un problème interne… »

Une mise à la porte que le coach hennuyer n’a toujours pas digérée : « Je n’accepte pas ce licenciement. Le motif invoqué ‘rupture de confiance’ ne veut rien dire. Aujourd’hui, financièrement, c’est réglé puisque comme tout salarié j’avais droit à une indemnité de départ. Pour le dommage moral, la porte reste ouverte à tous les recours. Mais on ne va pas faire les débats sur la place publique. Je ne suis pas là pour faire la guerre… »

Cette semaine, Damiano a donc été intégré au staff néerlandophone présent au stage autrichien de Mittersil avec… les francophones : « Tout le monde se dit bonjour et travaille en parfaite harmonie. C’est quand même grâce à la complexité politique de notre pays si je suis toujours sur un tatami à ‘entraîner un athlète belge. Si Toma ne me l’avait pas demandé, je serai sans doute parti à l’étranger même si mon cœur est belge… »

Car dans le milieu de judo, on ne parle pas de licenciement à la Laurent Blanc au PSG ou José Mourinho à Manchester United avec un chèque au-delà des… 20 millions d’euros !

Les premiers contacts avec Koen Sleeckx, le D.T. néerlandophone, ont été, disons, « normaux » sans exigence ou contrainte particulière : « La priorité à la V.J.F., c’est de vraiment mettre l’athlète au centre de toutes les attentions… »

Les trois premiers jours de stage ont confirmé que Toma était bien en avance sur son programme de réadaptation au judo de haut niveau : « Le 4 janvier, il est allé passer une visite de contrôle chez le Dr Declercq qui lui a donné le feu vert… à condition de le surveiller. Donc, ici, Toma travaille beaucoup au sol, avec des moins 81 kilos et évite certaines attaques. Il se frotte plutôt à des judokas qui ont un profil classique. Il doit d’abord refaire toutes ses gammes. Vaincre la peur de la rechute est un premier cap. On est à l’écoute de son corps et de son ressenti tous les jours. Un énorme travail avec le kiné. Disons que sa rentrée au Grand Chelem de Düsseldorf le 24 février reste bien à l‘agenda… »

Un soulagement finalement ? « Ma vie est plus sereine sans doute. Surtout pour ma femme et mes filles. Mais je reste un judoka. Quand on met à terre, je me relève et je repars vers l’avant… »

 
 
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