Une Américaine de 13 ans retrouvée trois mois après le meurtre de ses parents

© Reuters
© Reuters

Après près de trois mois de captivité, une Américaine de 13 ans a réussi à s’échapper et un homme de 21 ans, soupçonné de l’avoir enlevée et d’avoir tué ses parents, a été arrêté dans une zone rurale du nord des États-Unis, a annoncé la police vendredi.

Les enquêteurs pensent que Jake Thomas Patterson avait « planifié » l’enlèvement de Jayme Closs et qu’elle était sa « seule cible », a déclaré lors d’une conférence de presse le shérif de Barron, une petite ville de la région des Grands lacs.

« Nous croyons qu’il n’avait jamais été en contact avec la famille » avant le 15 octobre 2018, a ajouté Chris Fitzgerald.

Les parents abattus

Ce jour-là, James Closs, 56 ans, et sa femme Denise, 46 ans, un couple sans histoire, avaient été abattus dans leur maison de Barron, dont la porte avait été défoncée. Leur fille Jayme avait disparu.

La police et les habitants de l’État du Wisconsin, choqués par ce drame, s’étaient immédiatement lancés à sa recherche, mais leurs efforts étaient restés infructueux. Et l’espoir de la retrouver vivante s’était amenuisé au fil des jours.

Jeudi après-midi, l’adolescente a toutefois réussi à s’enfuir de la maison où elle était captive, située dans une zone boisée près de la bourgade de Gordon, à une centaine de kilomètres au nord de Barron.

« Un fantôme »

Sale, amaigrie, les cheveux emmêlés et chaussée de souliers trop grands, elle a demandé de l’aide à une femme qui promenait son chien. Celle-ci l’a reconnue et l’a emmenée chez des voisins, qui ont alerté la police.

« C’était comme voir un fantôme », a raconté à la presse locale Peter Kasinskas, chez qui elle a attendu une petite demi-heure l’arrivée des autorités.

« On aurait dit qu’elle n’avait pas pu prendre de bain ou se nettoyer », a-t-il ajouté en précisant que l’adolescente « probablement en état de choc » ne s’était pas montrée très bavarde.

Elle leur a tout de même donné le nom de son ravisseur présumé, la couleur et la marque de sa voiture. Elle a assuré qu’elle ne le connaissait pas avant la mort de ses parents. «  Ma femme était au téléphone avec la police, elle leur a donné » ces informations, a précisé M. Kasinskas.

« Un de mes hommes a croisé un véhicule qui correspondait à la description, l’a arrêté et a placé le suspect en détention », a précisé le shérif de la localité, Thomas Dalbec.

Le jeune homme, inconnu des services de police, était apparemment sans emploi.

Les enquêteurs pensent qu’il était allé chez les Closs dans l’intention d’enlever leur fille et l’accusent d’avoir ensuite « pris plusieurs mesures pour éviter d’être repéré ».

Il devrait être inculpé formellement la semaine prochaine.

Retour chez son oncle

Jayme Closs, qui a passé la nuit à l’hôpital, a été entendue vendredi midi par les enquêteurs, qui n’ont pas révélé si elle avait souffert d’abus pendant sa détention.

Elle devrait retrouver sa famille dans l’après-midi. «  Je vais l’embrasser, la serrer fort », a déclaré au journal Star Tribune de Minneapolis son grand-père Robert Naiberg.

« On pensait que ça finirait autrement, alors on est heureux qu’elle soit OK, même si on ne sait pas exactement dans quel état elle se trouve », a ajouté son oncle Jeff Closs sur la radio Kare-TV.

Un instinct de survie « incroyable »

Le double homicide des parents Closs, un couple apparemment paisible qui travaillait dans une société locale d’élevage de volailles, avait plongé dans la perplexité les autorités du Wisconsin.

En l’absence d’arme et de mobile évident, le mystère s’était épaissi avec la disparition durable de l’enfant, malgré des recherches menées jour et nuit et des battues rassemblant des milliers de bénévoles.

Les autorités avaient également offert une récompense de 50.000 dollars pour toute information susceptible d’aider à la localiser.

Ce « dossier était difficile » et c’est finalement «  Jayme qui nous a offert la solution », a noté un responsable du FBI, Justin Tolomeo.

«  L’instinct de survie qui anime cet enfant est incroyable », a ajouté le shérif Fitzgerald.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. RTS2R9OE

    Chez les Britanniques, le départ d’Harry et Meghan anime plus que le Brexit

  2. BELGIUM ROYALS PATERNITY TRIAL

    À avoir trop de pères, Delphine Boël n’en a eu aucun

  3. L’anglais est aujourd’hui l’une des... 24 langues officielles de l’UE. Avec, tout aussi officiellement, un seul et unique «
sponsor
», parmi les Vingt-Huit
: le Royaume-Uni. Et pourtant, la sortie du Royaume-Uni n’entraînera pas la disparition automatique de l’anglais de la tour de Babel européenne.

    Union européenne: Exit, la langue anglaise? Not at all! *

La chronique
  • Chez les Britanniques, le départ d’Harry et Meghan anime plus que le Brexit

    Par Marc Roche

    Il y a en ce moment au 10 Downing Street un homme épanoui. Boris Johnson arbore l’air réjoui et apaisé de celui à qui Dame Fortune rend enfin belle et bonne justice après lui avoir fait si longtemps antichambre. Le Premier ministre irradie littéralement de plaisir. On le comprend. Lui qui a toujours abhorré la construction européenne se retrouve au centre de la fête du départ officiel de l’Union européenne prévu pour le 31 janvier.

    Mais quelle fête au juste ? A part une toute nouvelle pièce de monnaie de 50 pence commémorant l’événement, le largage des amarres passe inaperçu. La reprise de la course solitaire au grand large succédant à plus de quatre décennies d’arrimage au Vieux continent ne donne lieu à aucune célébration populaire. Ni feu d’artifice, ni street parties. Le début d’une ère nouvelle est marqué dans l’indifférence générale des sujets de Sa Majesté.

    Un...

    Lire la suite

  • Par Béatrice Delvaux Editorialiste en chef

    Delphine Boël reconnue par Albert II: ainsi soit-elle!

    Delphine Boël est la fille du roi Albert II. La belle affaire ! Il n’y avait plus que le roi pour le nier. Contre l’évidence – son comportement passé envers cette petite fille, sa propre connaissance des liens qui l’unissaient à elle – et contre toute sagesse. Mais surtout contre tout respect pour son enfant. Et c’est là toute la disgrâce de cette histoire.

    Aujourd’hui, Albert II déclare dans un communiqué qu’il veut mettre un terme « dans l’honneur et la dignité » à cette « ...

    Lire la suite