Procès du Musée juif : Nemmouche gardera encore le silence mercredi

©Belga/Igor Preys
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La cour d’assises de Bruxelles a donné la parole à Mehdi Nemmouche, mardi après-midi, mais ce dernier n’a pas voulu s’exprimer, mécontent du refus de la cour d’entendre les témoins que ses avocats avaient sollicités. Nacer Bendrer, quant à lui, a répondu aux questions de la cour. Il a confirmé sa dernière version, soit que Mehdi Nemmouche lui a bien demandé une kalachnikov en avril 2014, mais ne lui a jamais fourni une telle arme. Les deux hommes sont accusés devant la cour d’assises de Bruxelles pour avoir été auteurs ou co-auteurs de l’attentat au Musée de juif de Belgique le 24 mai 2014.

Mehdi Nemmouche gardera encore le silence mercredi devant la cour d’assises de Bruxelles, a-t-il indiqué mardi juste avant la suspension de l’audience à 17h10. L’interrogatoire de Nacer Bendrer se poursuivra mercredi matin. Les images de vidéo-surveillance du Musée juif le jour de la tuerie seront ensuite visionnées, à la demande de la défense de Mehdi Nemmouche.

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Mehdi Nemmouche avait refusé de répondre aux questions de la police durant l’enquête, affirmant qu’il réservait ses explications pour son procès en cour d’assises, face à un jury populaire. Mais lorsque l’occacion de s’exprimer lui a été donnée par la présidente de la cour d’assises de Bruxelles mardi après-midi, il ne l’a pas saisie.

«Etant donné que toutes les personnes qui auraient pu apporter une version aux antipodes de celle de l’accusation ne seront pas entendues, je ne répondrai pas aux questions», a-t-il déclaré, faisant référence au refus de la cour d’entendre les témoins que ses avocats avaient sollicités.

Bendrer nie

La cour a donc directement entamé l’interrogatoire du second accusé, Nacer Bendrer. Ce dernier a maintenu sa dernière version des faits. Il reconnaît s’être rendu à Bruxelles le 10 avril 2014 et y avoir retrouvé Mehdi Nemmouche, avec qui il avait été incarcéré en 2010, dans l’aile C de la prison de Salon-de-Provence, près de Marseille.

Nacer Bendrer a déclaré que Mehdi Nemmouche lui avait alors demandé de lui trouver une kalachnikov, sans lui dire pour quelle raison. Il lui avait répondu: «je vais voir ça». Mais il ne lui avait finalement jamais fourni d’arme, a-t-il dit.

Nacer Bendrer a également nié avoir déjà fait du trafic d’armes à feu.

Avant l’interrogatoire, les avocats de Mehdi Nemmouche ont lu leur acte de défense. Selon eux, leur client n’est pas l’auteur des tirs au Musée juif de Belgique. Il se serait retrouvé par hasard en possession du sac contenant les armes de l’attaque, abandonné par le véritable auteur.

Pour avancer leur thèse, les avocats ont rappelé que l’ADN de leur client n’avait pas été relevé sur la poignée de la porte du musée. Or, les images des caméras de vidéo-surveillance montrent que l’auteur a touché à plusieurs reprises cette poignée et qu’il ne portait pas de gants. Son ADN aurait donc dû nécessairement être décelé à cet endroit, d’après eux.

Ils ont également évoqué le fait que ni l’ADN ni les empreintes de Mehdi Nemmouche n’avaient été retrouvés sur le revolver.

Ils ont aussi rappelé que Mehdi Nemmouche n’avait opposé aucune résistance lors de son arrestation, ce qui ne correspond pas au profil du tueur professionnel qui semble avoir agi au Musée juif.

Quatre morts

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français âgés de 33 et 30 ans, sont accusés devant la cour d’assises de Bruxelles d’être auteurs ou co-auteurs de l’attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles.

L’attentat avait coûté la vie à quatre personnes: Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.

Mehdi Nemmouche avait été arrêté six jours après les faits, le 30 mai 2014, à la gare routière de Marseille. Il était en possession de munitions et d’armes, une kalachnikov et un revolver, qui ont servi lors de l’attaque au Musée juif.

Selon l’enquête, il est celui qui a fait feu sur les quatre victimes à l’intérieur du Musée juif, l’homme visible sur les images de caméras de vidéo-surveillance dans et autour du musée lors de l’attaque, et qui ont fait l’objet d’un avis de recherche largement diffusé.

Mehdi Nemmouche ne conteste pas être impliqué dans l’attentat pour avoir eu en sa possession les armes qui ont servi aux faits, mais il nie être le tireur.

Quant à Nacer Bendrer, un ancien co-détenu de Mehdi Nemmouche, il avait été arrêté le 9 décembre 2014 à Marseille, en possession d’armes similaires à celles utilisées lors de l’attaque au Musée juif. Il est soupçonné d’avoir fourni les armes du crime à Mehdi Nemmouche.

La cour d’assises de Bruxelles poursuivra son interrogatoire de Nacer Bendrer mercredi matin, avant de laisser les jurés, les avocats et les procureurs poser leurs éventuelles questions à celui-ci.

 
 
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