Immobilier: première hausse réelle du prix des maisons en cinq ans

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A Bruxelles, le prix moyen d’une maison franchit un seuil en atteignant pour la première fois 452.721
euros, ce qui est de 79,9
% plus élevé que la moyenne nationale.
A Bruxelles, le prix moyen d’une maison franchit un seuil en atteignant pour la première fois 452.721 euros, ce qui est de 79,9 % plus élevé que la moyenne nationale. - Mathieu Golinvaux.

L a demande reste élevée », se félicite la Fédération du notariat, qui dispose des données les plus récentes sur le marché résidentiel belge. L’année dernière confirme ainsi une activité immobilière croissante, même après les records de 2016 et 2017.

Le prix moyen d’une maison s’élevait à 251.584 euros en 2018, une augmentation de 11.200 euros ou 4,7 % par rapport à l’année précédente. Et si les prix des maisons ont décrit une croissance continue depuis cinq ans, l’inflation avait jusqu’ici tendance à la compenser et la plus-value réelle demeurait assez limitée. Saut qu’avec la forte activité et les 2,2 % d’inflation en 2018, les prix des maisons ont connu leur première hausse significative (+2,5 %).

Cette évolution positive des prix des maisons à l’échelle nationale se retrouve en fait dans chacune des Régions. Bruxelles-Capitale, qui possède le marché du logement le plus petit et dont les prix moyens des maisons sont les plus élevés, enregistre une hausse du prix moyen d’un peu plus de 5 %. Le montant y franchit ainsi un seuil en atteignant pour la première fois 452.721 euros, ce qui est de 79,9 % plus élevé que la moyenne nationale.

En Flandre, on payait également plus cher en moyenne l’an passé pour une maison, 277.304 euros (+3,8 %). À noter que, pour la première fois, le prix moyen a évolué au-dessus des 320.000 euros en Brabant flamand, la province flamande la plus chère.

A contrario, la Wallonie a exhibé un prix moyen de 189.257 euros en 2018 (+3,7 %), un montant généralement plus faible que celui pour le reste du pays.

À l’exception de celles de la province du Luxembourg, les maisons ont vu leur prix moyen gonfler sur l’ensemble du territoire wallon, de 2,5 % dans le Brabant à 6,2 % dans le Hainaut. Il convient de rappeler que les maisons sont en moyenne les plus coûteuses dans le Brabant wallon, où le prix moyen s’élève pour la première fois à 323.304 euros.

« Le Brabant wallon est en outre la seule province wallonne où le prix moyen est plus élevé que le prix moyen national, de 28,5 % », indique le baromètre des notaires 2018.

Les appartements plus chers, surtout en province de Liège

Par François Remy

Autre particularité de cette année 2018, c’est aussi la première fois en cinq ans que le prix moyen annuel d’un appartement est supérieur à 220.000euros (220.095), après une progression de 1,8% ou 4.000euros par rapport à 2017.

Similairement au marché des maisons, les appartements ont enregistré une hausse des prix moyens dans les trois Régions du pays. La Région bruxelloise se distingue avec 2,4% de croissance de cette moyenne (240.250euros), suivie de la Région flamande (+1,6% à 224.331euros) et de la Région wallonne, relativement stable (+0,5% à 174.410euros).

Fait notable, le prix moyen d’un appartement en Wallonie est inférieur de 20,8% par rapport au niveau national. Les prix moyens des appartements ont connu sur l’année 2018 une augmentation surtout en provinces de Liège et de Hainaut, de respectivement 4,9% et 2,8%. Mais les prix moyens en Brabant wallon et en province de Luxembourg ont, quant à eux, diminué de respectivement 2,0% et 5,7%, rompant avec une tendance haussière de trois ou quatre années consécutives. La diminution du prix moyen d’un appartement en Brabant wallon s’est par ailleurs concentrée sur les communes de Waterloo, Nivelles, Tubize, Braine-l’Alleud et Wavre. Cela étant dit, sur 2018, le prix moyen d’un appartement en Brabant wallon est bien supérieur (+35,0%) au prix moyen en Région wallonne. A l’échelle du pays, en moyenne, un appartement coûte le plus cher en Flandre occidentale et est le meilleur marché en Hainaut. Et la province présentant l’augmentation la plus élevée par rapport à 2017 est la province de Liège. «La province de Liège enregistre, avec une croissance de 12%, l’évolution la plus forte en comparaison à 2014. Le prix y augmente en moyenne de presque 20.000euros», précise le baromètre.

 

Quelque 50.000 euros pour une chambre en plus

Par François Remy

« Le supplément de prix pour une chambre supplémentaire augmente considérablement », souligne la Fédération du notariat belge.

Pour 2018, un appartement à deux chambres coûte en Belgique en moyenne 50.000 euros (29,4 %) en plus qu’un appartement à une chambre. De même, un appartement à trois chambres coûte en moyenne 74.000 euros (33,4 %) de plus qu’un à deux chambres. Il convient d’observer que ce surplus est nettement plus élevé à Bruxelles que dans les autres Régions : en moyenne, 98.662 euros (41,7 %) de plus sont nécessaires pour y obtenir un appartement avec trois chambres.

« En Wallonie, le prix d’un appartement deux chambres permet d’obtenir un appartement une chambre à Bruxelles et en Flandre. Tandis qu’un appartement trois chambres a, plus ou moins, la même valeur qu’un appartement deux chambres dans les autres Régions », précise l’analyse 2018.

Épinglons au passage le cas de la province de Namur qui, hors Flandre occidentale (suite à l’effet de la côte belge), présente 44,4 % de surplus à payer entre une chambre et deux chambres. C’est le surplus le plus élevé sur les provinces belges alors que celui à fournir entre deux chambres et trois chambres y est dans les plus faibles (+17,0 %).

Qui sont les acquéreurs et les vendeurs?

Le baromètre des notaires 2018 brosse pour la première fois le profil des acquéreurs et des vendeurs en Belgique.

Il en ressort, du côté des acquéreurs, une répartition asymétrique en fonction de l’âge, avec un pic entre 25 et 40 ans. Du côté des vendeurs, les proportions sont mieux réparties, avec toutefois une surabondance entre 55 et 60 ans.

« Ce sont donc surtout les jeunes qui achètent et qui mènent le marché immobilier. Plus de 40 % des acquéreurs étaient âgés de 35 ans ou moins au moment de l’acquisition. Un acquéreur sur dix est âgé de 60 ans ou plus », détaille le rapport annuel.

À l’inverse, quatre vendeurs sur dix ont plus de 60 ans et la moitié des vendeurs a entre 36 et 60 ans. Mais notons que 11,1 % des vendeurs affichent moins de 36 ans.

Davantage de transactions, sauf à Bruxelles

En 2018, les transactions immobilières se sont surtout déroulées aux mois d’octobre et de novembre. Ces deux mois concentrent à eux seuls un cinquième de toutes les opérations.

Le nombre de transactions immobilières a progressé de 1,6 % sur l’année complète. En Flandre, le volume est resté stable (+0,1 %) tandis qu’en Wallonie, la progression a été de 5,5 %.

« Au dernier trimestre 2018, nous avons constaté un nombre record de transaction en Wallonie », fait remarquer le notaire Renaud Grégoire, porte-parole de la Fédération du notariat. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette augmentation : le début d’année avait été plus mesuré dans l’activité immobilière et il y a un effet de rattrapage. « Les incertitudes liées aux marchés financiers expliquent aussi ce mouvement, et enfin les taux d’intérêt qui restent très faibles participent à l’activité immobilière », ajoute-t-il.

Bruxelles sort, elle, négativement du lot cette fois puisque la Région a subi une diminution du volume immobilier : -2,4 %. C’est la seule Région à noter une évolution négative sur cette période.

Au niveau provincial, Anvers affiche le volume immobilier le plus élevé du pays, avec 16 % de toutes les transactions. À l’opposé, la plus petite province du pays, le Brabant wallon, a attiré 3,3 % des volumes.

Toutefois, chaque province wallonne participe à l’augmentation régionale, avec les plus importantes hausses du nombre de transactions immobilières en provinces de Namur (+9,0 %), de Liège (+6,1 %) et du Hainaut (+5,8 %).

 
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