Tournai: nouvelle pétition pour le Pont des Trous

L’avenir du Pont des Trous suscite toujours l’inquiétude à Tournai.
L’avenir du Pont des Trous suscite toujours l’inquiétude à Tournai. - Coralie Cardon

Ils ne lâchent rien. Ce lundi, les opposants au projet actuel de transformation du Pont des Trous, ont entamé de nouvelles démarches pour tenter de freiner un maximum le projet si ce n’est d’y mettre fin. Les citoyens membres des associations Archeologia.be, Les Amis de la Citadelle, Pasquier-Grenier et Les Amis de la Cathédrale de Tournai ont lancé une pétition sur le net intitulée : « Sauver le Pont des Trous, c’est sauver le patrimoine mondial de Tournai ! ». Car depuis le début, les opposants estiment que la transformation contemporaine du Pont des Trous telle qu’elle est dessinée non seulement balafre beaucoup trop la porte d’eau médiévale mais aussi fait peser un risque sur le classement Unesco de la cathédrale de Tournai et du Beffroi situés dans un périmètre proche.

« Alors même qu’à l’origine, la problématique concernait essentiellement le Pont des Trous et le respect dû à son identité, c’est aujourd’hui la question du maintien du Label UNESCO des deux autres édifices emblématiques de la Ville de Tournai qui est en train de se poser, explique Pierre-Emmanuel Lenfant, porte-parole des opposants. En effet, malgré une mise en garde suivie d’une mise en demeure, le Gouvernement wallon n’a pas estimé opportun de donner suite aux recommandations formulées par l’ICOMOS International dans le cadre de l’Alerte Patrimoine déposée par nos soins. Or, cette absence de suivi pourrait avoir pour conséquence – si les aménagements des quais et la nouvelle configuration du Pont des Trous venaient à se réaliser – de voir la Ville de Tournai perdre le titre de « Patrimoine mondial » attribué à son Beffroi et à sa Cathédrale Notre-Dame. »

Pour les opposants, le Gouvernement wallon – qui a la main dans ce dossier – ne prend pas suffisamment la menace au sérieux. « Du point de vue de l’ICOMOS International, plusieurs fautes ont été commises par l’autorité wallonne et vu l’absence de suivi des recommandations formulées, l’institution internationale indépendante n’a eu d’autre choix que de saisir officiellement le Comité du Patrimoine mondial afin de l’informer des menaces auxquelles sont confrontés deux éléments exceptionnels classés au titre du Patrimoine mondial. »

Les opposants lancent donc une pétition destinée à faire réagir le politique, y compris le pouvoir communal. « Nous exigeons que la majorité actuelle PS-Ecolo à la tête de la Ville de Tournai respecte l’engagement pris lors de la campagne électorale en se donnant les moyens de mettre en œuvre le moratoire souhaité par l’ICOMOS International. En outre, nous souhaitons que le Gouvernement wallon fasse preuve de la diligence attendue en suspendant immédiatement les travaux en cours. Nous exigeons par conséquent que le Gouvernement wallon informe officiellement l’UNESCO et mène l’étude d’impact attendue en offrant toutes les garanties d’indépendance nécessaires pour apaiser le débat. »

La pétition a connu un démarrage sur les chapeaux de roue : lundi, elle avait déjà recueilli plus de 1400 signatures en quelques heures.

 
 
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