«Faut pas se foutre de notre gueule»: une campagne appelle à «réveiller» les ministres du climat

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De drôles d’affiches sont apparues cette nuit à Bruxelles, Liège, Namur, Gand et Anvers. Près de 2.000 affiches du genre ont été collées sur des panneaux publicitaires Decaux et ClearChannel dans sept villes du pays. Ces affiches prennent à rebrousse-poil les discours renvoyant les manifestants pour le climat à leurs propres responsabilités. Rappelant que « l’éclairage d’un panneau publicitaire équivaut à la consommation de trois ménages », le message poursuit : « On veut bien éteindre la lumière, mais il ne faut pas se foutre de notre gueule ». Et enchaîne en invitant le passant à participer à une action visant à « réveiller » les quatre ministres du climat, par mail, par SMS, par tweet ou même de vive voix.

« Nous nous sommes procuré les coordonnées professionnelles des quatre ministres », explique un des organisateurs de l’action. En scannant un QR code, on accède directement au site de l’action où l’on peut envoyer le message exigeant « une réponse politique et structurelle à la question climatique ».

« Ni les actes individuels ni les politiques isolées ne suffiront à enrayer le réchauffement climatique. Il nous faut un plan global orienté vers les objectifs de justice climatique et de justice sociale », poursuivent les protestataires.

Cette stratégie de renvoyer la patate chaude aux manifestants est une manière évidente d’éviter le débat, explique un des militants. « Le mouvement climatique pose des questions sur les piliers de notre modèle économique et social. Notamment la légitimité de l’indicateur immuable qu’est la croissance. Il est clair que les partis libéraux et les grandes entreprises n’apprécient pas. Remettre en question la légitimité de la croissance, ça leur fait peur. Renvoyer la balle à l’individu est une façon de se dédouaner, d’éluder sa responsabilité et de ne pas se poser les vraies questions que sont la croissance, le productivisme, les inégalités et la redistribution des richesses ».

Les activistes du mouvement Act for climate Justice avaient annoncé des actions plus radicales de désobéissance civile, nous y voilà. Les destinataires n’apprécieront sans doute pas l’avalanche de mails ou de SMS qui s’annonce. « Consolation », le site de l’action demande en tout cas à ses adeptes de « rester courtois dans [les] messages ».

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